Étranger

Rétro Euro 2012 : La revanche des mauvais garçons

Demi-finales, Allemagne 1-2 Italie. Mario Balotelli, auteur de son premier doublé en sélection, et Antonio Cassano, passeur décisif sur l’ouverture du score, ont mis la défense allemande au supplice et envoyé l’Italie au paradis de la finale. Sacrée bascule pour les deux enfants terribles du foot italien.

D’abord, il y a « Super Mario ». La crête du coq en guise de raie au milieu, symbole ultime du fou furieux ou désir de ne plus franchir la ligne jaune. On ne sait pas puisqu’on ne sait jamais avec l’énergumène, capable de tout et de rien, du meilleur comme du pire, tellement capable qu’on a l’impression de le connaître depuis des lustres alors qu’il n’a que 22 ans. Mais là, on s’en fout. Là, c’est la demi-finale de l’Euro 2012 et c’est « Super Mario » avec un grand S. Capable seulement du meilleur. Raillé par certains depuis le début de la compétition pour sa foule d’occasions manquées, il fut quand même l’auteur de l’un des plus beaux buts, un ciseau retourné contre l’Irlande.
Mais tout ça, c’était avant. Avant de mettre tout le monde d’accord avec son premier doublé réussi sous le maillot de la Nazionale. Il est celui qui frappe le plus au but du tournoi derrière Cristiano Ronaldo (24 tirs pour Mario, dont 14 cadrés, contre 35 à « CR7 » et 15 qui ont accroché le cadre). Il se hisse en tête du classement des buteurs, avec 3 réalisations, à égalité avec Mario Gomez, Ronaldo, Mario Madzukic et Alan Dzagoev. Mais lui a encore un match à jouer. Il va trouer les filets et le ciel de Varsovie sur une frappe surpuissante, aux dimensions du bonhomme, celles très vite exhibées face aux caméras, maillot ôté et muscles saillants, carton jaune à la clé. « Sur mon second but, j’hérite d’une passe fantastique de Riccardo Montolivo. Après, je frappe, je plante. J’ai toujours eu cette agressivité, ce désir de marquer. Peut-être que je manquais un peu de réussite », commentera-t-il.
Mais pas de confiance en lui. Sa réussite est aussi une récompense pour Cesare Prandelli. Le sélectionneur transalpin lui a toujours accordé sa confiance. Il lui offrit sa première cape lors de son tout premier match de sélectionneur, en août 2010 (contre la Côte-d’Ivoire, défaite de la Squadra 1-0). Mario avait refusé la sélection ghanéenne qui lui faisait les yeux doux en vue de la Coupe du monde 2010. Ce n’est pas qu’il ne change jamais d’avis mais quand il a quelque chose en tête, il n’est pas du genre à ne pas assumer. Quand il dit « Non » au Ghana, c’est « Non ».

L’Italie en rêvait, Mario et « Fanantonio » l’ont fait
Depuis ? Il n’était pas un titulaire en puissance, barré par le tandem Antonio Cassano-Giuseppe Rossi, mais il figurait toujours dans le groupe, entrait en jeu et touchait du doigt le niveau international. Et puis, v’lan, le tandem d’attaque construit par Prandelli vola en éclats à l’automne 2011. Rossi se déchire les croisés et dit « Ciao » à l’Euro. Mario, qui fait ses petites bricoles du côté des milliardaires de City, hérite du poste. Et subit les foudres des critiques. Sauf celles de son coach qui prend une double ration de plaisir. « Mario a été excellent, comme toute l’équipe. Il s’est toujours montré disponible et nous a aidés à bien remonter le ballon. Dans son match, très concentré, suivant les consignes à la perfection. Antonio (Cassano) a décroché pour tenter des une-deux, ce qui lui a libéré des espaces en pointe. »
L’Italie en rêvait, Mario et « Fanantonio » l’ont fait. La revanche des petits diables est complète. Au rayon des enfants terribles, Antonio Cassano n’est pas mal non plus avec des fâcheries avec à peu près tous les coaches qu’il a connus au cours de sa carrière et en particulier Fabio Capello, qui eut le privilège de l’entraîner deux fois, à l’AS Rome et au Real Madrid. Lors de la saison 2004-05, Capello fut obligé de le mettre à l’écart, ne pouvant laisser passer ses injures et son manque de respect. Il le retrouva au Real Madrid mais là, c’est l’institution qui eut quelques problèmes avec lui. Notamment en raison de son embonpoint. Car Cassano, qui n’a jamais eu une hygiène alimentaire digne d’un footballeur professionnel, a vraiment apprécié la vie à l’heure espagnole. Ça aussi, c’était avant. Avant son malaise cardiaque (près de 40 heures inconscient) et la découverte de sa malformation au cœur. « J’ai eu peur de mourir. »
Puis ce fut le retour à la vie. « On m’a dit que je n’ai plus rien compris pendant 36 heures ? Mais ça fait 30 ans que je ne comprends rien ! » Sauf au cœur des défenses adverses. Contre l’Allemagne, « Fanfan » le miraculé a sorti la partition des grands soirs : décrochages incessants, prise de position dans les intervalles et surtout offrande au goût de caviar pour « Super Mario » sur le premier but, après s’être amusé avec Mats Hummels côté gauche. Là encore, une délicieuse récompense pour Prandelli. « Le sélectionneur a été une personne fondamentale dans mon retour, commente Antonio, il a toujours dit qu’il m’attendrait jusqu’au dernier moment. Mes pieds sont toujours les mêmes, mon seul problème concernait ma forme physique. Si je m’aperçois que je ne suis pas bien dans trois mois ou un an, je retournerai chez moi. »

Un chiffre : 14
Le nombre de corners obtenus par les Allemands contre… 0 pour les Italiens.

Une décla
« C’est probablement l’un des jours les plus difficiles de ma carrière mais l’obstacle constitué par l’Italie était incontournable aujourd’hui. » (Miroslav Klose)

Une info
Mario Balotelli est le second joueur italien à réussir un doublé en phase finale d’un championnat d’Europe. Le premier était Pierluigi Casiraghi, contre la Russie en 1996.


Germany 1-2 Italy (Euro 2012 - Semi Final... par Goalplace

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