Étranger

Rétro Coupe du monde 2014 : Ron Vlaar, le héros malheureux

Meilleur joueur de la demi-finale Argentine-Pays-Bas côté néerlandais, le défenseur d’Aston Villa Ron Vlaar a manqué un tir au but qu’il n’aurait pas dû tirer. La guigne.

Il est grand, il a le crâne rasé et il n’inspire pas tout de suite la caresse. Ron Vlaar, ancien du PSV Eindhoven promu chef de défense à Aston Villa il y a trois ans, était arrivé au Brésil avec une étiquette jamais agréable à porter, encore plus sur le front. Aux Pays-Bas, dans l’équipe des trois fantastiques Arjen Robben, Robin Van Persie et Wesley Sneijder, le point faible était tout trouvé. Et le point faible se situait en défense. Alors, son chef, pensez… Pourtant, c’est en s’appuyant sur une arrière-garde très solide que les Orange ont tracé leur route jusqu’aux demi-finales du Mondial 2014.
Quatre buts encaissés en six matches. Seulement. Aucun en quarts de finale ni en demi-finales, où le suspense a prolongé la soirée au-delà des 120 minutes de jeu. Pour cette demi-finale à Sao Paulo, l’armada offensive argentine était privée d’Angel Di Maria, blessé. Mais elle avançait quand même avec quelques arguments : Ezequiel Lavezzi, Gonzalo Higuain et bien sûr Lionel Messi. Pas suffisant pour faire perdre son sang-froid à Ron Vlaar qui a signé, dans cette purge footballistique qui fut aussi un vrai combat tactique et physique, une prestation remarquable.

Impossible de rééditer le coup du Costa Rica
À 29 ans, c’était le soir de la confirmation pour un garçon méconnu, loin du gratin des défenseurs européens à son arrivée au Brésil. Il en est reparti avec un autre statut mais aussi sur une cruelle désillusion. La demi-finale des Pays-Bas, dont il fut le meilleur joueur pendant 120 minutes, s’est terminée de la pire des manières pour Ron. Héros malheureux.
Quatre jours après le coup de poker gagnant de Louis Van Gaal (entrée du gardien remplaçant Tim Krul en remplacement de Jasper Cillessen pour la séance de tirs au but contre le Costa Rica en quarts de finale), tout va de travers contre l’Albiceleste. Le sélectionneur néerlandais a effectué ses trois changements « parce que Robin Van Persie était épuisé ». Il ne peut plus rééditer le coup du changement de gardien pour la nouvelle séance qui se profile. Reste à établir la liste des tireurs. « J’ai demandé à deux joueurs de shooter en premier mais ils ont refusé tous les deux. Là, je suis arrivé à Vlaar. Selon moi, c’était le meilleur joueur sur la pelouse. Il devait être en pleine confiance. »
Ron y est allé. Il a frappé. Et le monde s’est écroulé. « Cela montre que ce n’est pas facile de mettre un tir au but », concluait Van Gaal. Voilà comment le meilleur joueur néerlandais de la rencontre est devenu, à cause d’une frappe repoussée par Sergio Romero, le responsable de l’élimination batave (0-0, 4-2 aux tirs au but). Coupable idéal. Il n’était pas seul dans sa souffrance puisque Wesley Sneijder a aussi manqué le sien. Mais la sentence était terrible pour Ron qui, au départ, ne devait pas tirer.

Profil
■ Né le 16 février 1985 à Hensbroek (P.-B.)
■ 29 ans
■ 1,89 m, 80 kg
■ Club : Aston Villa (ANG)
■ 31 sélections, 1 but
■ Première sélection : le 8 octobre 2005, République Tchèque-Pays-Bas 0-2

Sa Coupe du monde 2014
■ 6 matches
■ 600 minutes jouées
■ 17 interceptions
■ 76,7% de duels gagnés
■ 88,9% de duels aériens gagnés

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