Équipe de France

République tchèque : Les bonnes habitudes (1)

Sans faire de bruit, les Tchèques vont disputer, en France, leur sixième phase finale consécutive. Ça commence à faire.

Evidemment, l’absence des Pays-Bas à l’Euro a largement alimenté les gazettes en papier, les fourberies digitales et les chroniques de bord de zinc, au début de l’automne. Quatrièmes de leur groupe préliminaire : c’est vrai que ça la fiche toujours mal quand on sort d’une demi-finale de Coupe du monde. Mais en pointant les flashes sur les manques des Bataves, on a oublié les autres. Enfin, quelques autres.
Pas les Turcs, qui ont patienté de longues minutes sur la pelouse, les yeux rivés sur les écrans et les oreilles bien tendues, pour apprendre leur présence aux barrages. Une joie qui a très vite inondé les réseaux sociaux. Pas l’Islande, non plus, pour laquelle une première participation à l’Euro constitue un exploit inédit. Mais la République Tchèque, quelqu’un a-t-il simplement prononcé son nom avant le tirage au sort ?
Sans faire de bruit (une question d’habitude), les disciples de Pavel Nedved, Milan Baros et Jan Koller, demi-finalistes en 2004, ont accroché sans trembler la 1ère place de ce groupe très dense et homogène, ce ne sont pas les Oranje qui diront le contraire. Le mérite en revient essentiellement à Pavel Vrba, qui a pris ses fonctions à l’été 2014 et qui a su relancer une machine et des joueurs qui venaient de regarder la Coupe du monde loin du Brésil mais tout près de chez eux : devant la télé.
Et c’est en tissant les liens, en resserrant les passerelles entre les tauliers du groupe et les valeurs sûres du championnat tchèque que Vrba a réussi son plan. La sauce a pris et la sauce a du goût. Avec l’inamovible Petr Cech dans les buts, quelques vieux briscards aux quatre coins du terrain (Jaroslav Plasil, Tomas Rosicky, David Limbersky) et de nouvelles pousses qui ne se cachent pas (Pavel Kaderabek, Vladimir Darida), ils arrivent sans peur et sans reproches.
Ils ont même le droit de bomber le torse : depuis leur indépendance, il y a vingt ans, ils n’ont pas manqué une seule fois le grand rendez-vous de l’Euro. Ils font partie de ceux qui l’ont déjà gagné (en 1976) et ont même la propriété intellectuelle d’un geste technique (Antonin Panenka, en finale 1976 justement). Franchement, ils auraient le droit de faire un peu plus de bruit.

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