Équipe de France

Rémi Lamerat, affûté comme jamais

Pour sa première année complète au haut niveau, en 2013-14, le centre de Castres Rémi Lamerat a montré toute l’étendue de son talent. Ses performances ont été récompensées par une convocation dans le groupe France pour la tournée en Australie. Rencontre avec un joueur qui a su se cons­truire dans l’adversité.

Il n’a que 25 ans. Et pourtant, le Castrais Rémi Lamerat a déjà vécu plusieurs vies. Celle d’espoir du rugby tricolore, d’abord. Accablé par les blessures, il est revenu encore plus fort, au point de frapper à la porte du groupe France à un an du Mondial. Les Bleus, Rémi connaît parfaitement pour être passé par toutes les sélections de jeunes, des U16 aux U20 avec lesquels il avait disputé le Mondial 2009 au Japon. Le jeune trois-quarts centre porte alors les couleurs du Stade Toulousain et on le présente comme l’un des grands espoirs du rugby hexagonal. C’est cette année-là que le club le plus titré de France lui fait signer son premier contrat professionnel. Lamérat a 19 ans et son potentiel est énorme. Après son premier match pro, Michel Marfaing, directeur du centre de formation, affirme qu’il « est déjà assez excep­tionnel ».

Rolland (manager Castres) : « Les blessures l’ont aguerri »
On prédit un avenir brillant à Rémi au contact de Yannick Jauzion, Florian Fritz, Clément Poitrenaud ou Yann David. Mais il se retrouve barré par des coéquipiers rompus aux joutes du Top 14. Souvent blessé, le natif de Sainte-Foy-la-Grande, où il a été formé, est limité à 8 petits matches en 2009-10. Ça ne s’arrange pas la saison suivante. Lamerat dispute 7 rencontres avant de connaître un terrible coup d’arrêt face à Brive : une rupture des ligaments croisés du genou droit. Il est arrêté six mois. Cela ne l’empêche pas de rejoindre le Castres Olympique à l’intersaison 2011.
Le sort s’acharne sur le puissant trois-quarts centre (1,84 m, 105 kg) puisque les ligaments le lâchent à nouveau dès son deu­xième match pour le C.O. On s’inquiète pour l’avenir d’un joueur ultra-doué mais qui semble trop fragile. Le voilà lancé dans une nouvelle phase de rééducation, longue et psychologiquement diffi­cile. Loin des terrains, Rémi continue à y croire. Il travaille dur pour revenir mais on ne se remet pas facilement d’une telle blessure. S’il signe quelques belles apparitions, il est rarement titulaire. Lamerat ne fait pas partie du groupe qui dispute les phases finales et décroche le bouclier de Brennus 2013. « Ces blessures l’ont aguerri », affirme Matthias Rolland. Le manager de Castres n’hésite pas à faire confiance à Rémi avec les nouveaux entraîneurs, David Darricarrère et Serge Milhas. « Cela lui a donné une meilleure appréciation de ce qu’il fallait faire, quand on a ses qualités naturelles, pour être un rugbyman profes­sionnel au top », ajoute Rolland.
Lamerat est aujourd’hui un titulaire indiscutable. Il a disputé une trentaine de rencontres au centre de l’attaque castraise en 2013-14 et retrou­vé toute sa puissance, en phase offensive comme sur les plaquages. Véritable perce-muraille doté d’une excellente technique individuelle, Rémi est aussi un redoutable défenseur, très dur au contact. Des qualités que Philippe Rougé-Thomas, ancien entraîneur des arrières toulousains, connaît bien. « C’est un garçon complet. Il a été souvent blessé mais on savait qu’il pouvait briller au plus haut niveau. Physiquement, techniquement, il a la panoplie complète. »

En quête d’endurance et d’explosivité
A Toulouse, la concurrence et les pépins ne lui avaient pas permis de s’exprimer pleinement. Dans le Tarn, Rémi Lamerat a trouvé l’environnement idéal pour s’épanouir et s’exprimer en confiance. « Elle vient forcément en jouant, explique l’intéressé. J’apprécie la tournure des évènements mais je ne m’enflamme pas. » Rémi sait que tout peut changer très rapidement. Il sait aussi qu’il peut encore progresser. « Mes points faibles sont l’endurance et l’explosi­vité. Je m’applique à corriger les déséquilibres provoqués par les deux opérations, même si j’ai la chance d’avoir retrouvé mon potentiel physique. »
Ses efforts ont été récompensés par une présence dans le groupe France à l’occasion du Tournoi des VI Nations 2014. Il a convaincu le sélectionneur national de lui donner sa chance pour la tournée en Australie. « C’est un garçon très puissant et rapide, capable de jouer dans la défense et de faire des passes après contact, s’enthousiasme Philippe Saint-André. Il nous a bien plu durant le VI Nations. Et quand on voit les performances qu’il réalise depuis avec Castres… »
Au fil des semaines, Lamerat est devenu incontournable dans la ligne arrière tarnaise. « Il a énormément bossé pour se renforcer physiquement. Il est maintenant capable d’enchaîner les matches, soulignait David Darricarrère. Il a des qualités hors normes et tout l’avenir devant lui. Nous croyons beaucoup en Rémi ! » Matthias Rolland ajoutait que « s’il ne fait pas encore partie des cadres, il compte parmi les gens importants au club ». Le Castrais a également mué en joueur décisif comme le prouve son essai plein de rage lors du match de barrage face à Clermont (22-16 en Auvergne). A lui de prouver qu’il peut aussi le devenir au niveau international.

Paul PERIE / UNIVERS DU RUGBY

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