Équipe de France

Real Madrid-Naples, gare au piège

Aller le 15 février, retour le 7 mars. Et si le Real de « Zizou » devenait la première formation à conserver son titre depuis l’instauration de la Ligue des champions ? Avant d’y songer, il faudra éliminer Naples. Tout sauf une sinécure.

Invincibles. C’est peut-être comme ça qu’il faut les appeler maintenant. Au Real Madrid, les Galactiques de Zinédine Zidane n’en finissent plus de triompher. Ils ont placé la barre très haut en arrachant un nul à la dernière minute, en Coupe du Roi, sur la pelouse de Séville, par la grâce d’un dernier slalom de Karim Benzema, poussant leur série d’invincibilité à 40 matches. Une égalisation comme un symbole de ce refus permanent de la défaite. Quarante matches sans défaite, c’est un de plus que le Barça en 2015-16 et c’est un nouveau record en Espagne. Un an après avoir posé son popotin sur le banc de l’équipe première, « Zizou » tutoie chaque jour une étoile de plus. On repense à cette réaction d’Ottmar Hitzfeld, l’ancien entraîneur du Bayern Munich, qui avait parlé de « folie » pour commenter la nomination du « Z », et on se dit que le Suisse a pris un coup de vieux. D’un seul coup.
Moribond il y a un an, le Real a juste remporté la Ligue des champions en mai, la Supercoupe d’Europe en août et le Mondial des clubs en décembre. Accessoirement, il caracole en tête de la Liga, seul et loin devant le Barça, Séville et l’Atlético, qui ramassent les miettes, réduits au rôle de chasse-patates. « Zizou » sourit, répète qu’il a une chance inouïe d’être là et étire, match après match, sa drôle de destinée. A force de faire tomber les barrières, il va finir par trouver le bord d’un ravin, on se dit que tout cela devrait s’arrêter un jour mais lui s’en moque, il a d’autres priorités. Marcelo résumait ainsi la situation après la qualification de Séville, au soir du quarantième rugissant : « Le record ? Nous n’y pensons pas vraiment. L’équipe a l’habitude de tout donner jusqu’à la fin et elle va continuer. » Des mots très bien condensés par son coach : « Nous avons du caractère, c’est ce qui est bon. On a souffert mais on se prépare à souffrir. »
Devant eux, un nouveau Cap Horn s’érige. Jamais, depuis la mise en place de la Ligue des champions en 1992, le tenant du titre n’est parvenu à conserver son bien. Le Real sera-t-il celui-là ? En terminant 2es de leur groupe derrière le Borussia Dortmund, les Merengue savaient à quoi s’attendre. C’est Naples qui s’offre à eux et s’ils n’ont personne à craindre, ce n’est pas forcément la meilleure nouvelle de l’année. D’abord parce que c’est Naples. Les Partenopei ont beau lâcher la bride dans un Calcio décidément dominé par la Juve, leur première moitié de Ligue des champions a confirmé les progrès et l’expérience qui s’accumulent au-dessus de l’équipe de Maurizio Sarri. Même la tuile Arkadiusz Milik (le Polonais qui est venu cet été pour remplacer le « traître » Gonzalo Higuain et qui claquait but sur but s’est rompu les ligaments croisés à l’automne) n’a pas stoppé la marche en avant des Bleus ciel au cœur d’un automne européen qu’ils ont maîtrisé de main de maître. Premiers du groupe B devant le Benfica Lisbonne, ils ont à la fois montré du cœur et de l’ouvrage. En gros, il y a de la maturité tactique et du talent technique dans le bloc de Sarri. Et de la complémentarité aussi, le fruit d’un travail de longue haleine et d’une philosophie bien à eux, que l’on pourrait résumer en deux mots : stabilité volcanique.
Le Real va se frotter sinon à un cador européen, du moins à une vraie bête de compétition. Une machine à Coupe, capable de se transcender sur un match. De renverser des montagnes. Naples, c’est l’Italie du Sud. Le Vésuve et la baie qui s’allument, incandescents. Naples, c’est San Paolo, l’ancien jardin de don Diego Maradona. Un stade où il ne fait jamais bon parce qu’il est toujours chaud bouillant. Naples, c’est Marek Hamsik, qui ne se satisfait plus d’être devenu le patron de l’équipe et qui en est aussi, dorénavant, son troisième meilleur buteur, avec les 115 buts du « Pibe de Oro » dans le viseur. Mais Naples-Real, c’est aussi des retrouvailles avec Jose Callejon et Raul Albiol, deux anciens pensionnaires de la Maison Blanche devenus des Partenopei en puissance. C’est également la révélation Dries Mertens, qui affole les compteurs depuis que Milik est absent.
Bref, c’est tout sauf une partie de plaisir qui attend les Madrilènes, qui avaient éliminé le Napoli en 1987-88 au 1er tour de la C1, dans leur seul affrontement européen. Michel et Tendillo avaient marqué à l’aller (2-0) et Emilio Butragueno avait égalisé (1-1 au retour) à San Paolo, boutant hors d’Europe le Naples de Diego Maradona. Presque trente ans après, c’est le même schéma qui se présente avec l’aller en Espagne. Au Bernabeu, le Real a remporté 28 de ses 33 derniers matches de C1. « Zizou » s’avance avec ses certitudes. Le Real a pour objectif un septième quart de finale consécutif. Ça vous classe une équipe. Mais ça n’évite pas le piège.

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