Équipe de France

Real-Barça, des ménages à trois de feu

A gauche, la BBC du Real. A droite, les MNS du Barça. Coup de loupe sur deux trios d’attaque pas comme les autres.

C’est le grand retour des boys bands. A la différence que ceux-là parlent avec un ballon et qu’ils n’ont pas besoin de vendre beaucoup de disques pour arrondir leurs fins de mois. A Madrid et Barcelone, les deux monstres européens se sont doté d’un tiercé en or en attaque. Il y a la BBC à Madrid, le fameux triangle (Christian) Bale-(Karim) Benzema-Cristiano Ronaldo, qui sévit toutes voiles dehors depuis une saison et demie. Il y a maintenant les MNS au Barça. (Lionel) Messi-Neymar-(Luis) Suarez. Trois cracks qui leur emboîtent le pas depuis quelques mois.
Les premiers ne sont pas chroniqueurs à la radio-télévision britannique, les seconds encore moins maîtres-nageurs. Oui mais voilà, dans le champ politique du Real et au Barça, une promesse de campagne est une promesse tenue. Et le résultat est à la hauteur du rêve : Carlo Ancelotti (au Real) et Luis Enrique (au Barça) se retrouvent à la tête d’une ligne d’attaque de rêve. Le poids des noms et des buts marqués a rarement – pour ne pas dire jamais – atteint un tel niveau. Si la BBC tousse un peu depuis le début de l’année 2015, même si Cristiano Ronaldo et Karim Benzema reprochent à Gareth Bale un certain penchant pour l’individualisme et même si Santiago Bernabeu a osé siffler le Gallois, il en faudrait plus pour remettre en cause l’homogénéité du trio, dont les chiffres donnent le vertige.
A Barcelone, il aura fallu attendre le mois de novembre pour voir les « MNS » entrer dans la danse. Il fallait patienter quelques longues semaines pour que Luis Suarez, le cannibale, purge les mois de suspension infligés par la FIFA suite à son apéro party sur l’épaule de Giorgio Chiellini lors de la Coupe du monde au Brésil. Mais l’Uruguayen n’a pas perdu de temps pour se mettre au diapason de Neymar et Messi. Un premier tour de force contre le Paris SG en Ligue des champions. Et un moteur qui tourne à plein régime depuis.
Jusqu’où ces trios-là peuvent-ils aller ? Combien de temps les ego vont-ils cohabiter ? Les entraîneurs, Ancelotti et Luis Enrique vont-ils trouver, dans la durée, les bons mots et les bonnes formules pour ces deux ménages à trois hors normes ? Il reste encore quelques éléments de réponse à trouver peut-être. Mais les premières conclusions de l’enquête sont assez éloquentes !

Comment ils jouent : au Real
Carlo Ancelotti a modifié ses plans cet été avec l’arrivée de Toni Kroos et James Rodriguez. Si la BBC avait été la pierre angulaire de l’édifice madrilène en 2013-14 et la première force de frappe dans la conquête de la Decima (la dixième Ligue des champions, remportée face à l’Atlético Madrid en mai à Lisbonne), l’Italien a vu, une nouvelle fois, les stars s’empiler dans son vestiaire, avec pour seul mot d’ordre l’interdiction de se plaindre. Si Luka Modric et Toni Kroos évoluent en poste bas au milieu du terrain, James Rodriguez squatte l’axe, dans une espèce de mixte entre le meneur de jeu et le second relayeur.
Devant, quand Bale (à droite) et Cristiano (à gauche) déclenchent la seconde, ça file à mille à l’heure. Karim Benzema, dans le rôle de l’appui décisif, a cette capacité de voir juste, de se déplacer là où il faut et, surtout, toujours dans le bon rythme. « Karim, grâce à sa qualité, s’associe aux autres joueurs. Il effectue toujours la bonne action, celle dont l’équipe a besoin. Peu de joueurs au monde peuvent faire ça. C’est le meilleur numéro 9 pour le Real », explique Zinédine Zidane.
Résultat : c’est presque dans un 4-3-3 de contre que le Real excelle le plus. Dans les séquences plus longues de conservation, Bale et Ronaldo sont les détonateurs du changement de rythme. Là, c’est la vista et la justesse de passe qui font la différence. Et puis au-delà de la richesse de l’ensemble, il y a un Ballon d’or qui le vaut bien. C’est Zidane qui le dit. « Ce que Ronaldo réalise vient d’une autre planète. S’il continue ainsi, il peut en gagner encore d’autres et dépasser Messi. » Des mots qui résonnaient un peu plus fort en janvier, quelques jours après l’attribution du Ballon d’or à « CR7 ».

Comment ils marquent : au Real
Impliquée dans plus de 65% des buts de son équipe la saison dernière, la BBC n’a pas levé le pied depuis la Coupe du monde. En Liga, Gareth Bale a claqué 13 fois. Il tourne, toutes compétitions confondues, à un but toutes les 177 minutes depuis le début de la saison. Plutôt pas mal pour un ailier, à supposer que l’on puisse encore le caser quelque part sur l’échiquier de la normalité. Karim Benzema allume également les chiffres avec 15 buts depuis le début de la saison. La meilleure, aussi bien dans le contenu que dans les stats, depuis son arrivée au Real. Et puis il y a « CR7 ». Affolant tout le temps. Trente-neuf buts en 30 matches (50 en 47 toutes compétitions confondues). Et dire qu’il était fatigué au Brésil… En début d’année, la BBC compilait 63 buts et 35 passes décisives. On vous jure, là, on parle bien football… « Je n’échangerais cette équipe contre aucune autre en Europe », disait Carlo Ancelotti l’été dernier.

Comment ils jouent : au Barça
Suspendu jusqu’en novembre, Luis Suarez a pris place dans le onze catalan beaucoup plus récemment mais les MNS n’ont pas tardé à faire parler la poudre. Déjà, l’Uruguayen prouve qu’il n’a rien perdu de son appétit de goleador : 13 buts pour lui en Liga. Surtout, il se met au diapason des deux autres et apprend ce qu’est une dernière passe. Neymar n’est plus seulement un complément de Leo Messi. Dans le sillage de sa monumentale Coupe du monde, le Brésilien monte le son. Il pointait à 17 buts et 5 passes décisives après les 22 premiers matches de la saison. Toujours au diapason, Messi continue son petit bonhomme de chemin. Du haut de ses 169 centimètres. Cela donnait 28 buts et 14 passes décisives en 26 rencontres. Ce qui nous montait la petite affaire à 50 buts et 28 passes décisives.

Comment ils marquent : au Barça
Suspendu jusqu’en novembre, Luis Suarez a pris place dans le onze catalan beaucoup plus récemment mais les MNS n’ont pas tardé à faire parler la poudre. Déjà, l’Uruguayen prouve qu’il n’a rien perdu de son appétit de goleador : déjà cinq buts. Mais surtout, il se met au diapason des deux autres et apprend ce qu’est une dernière passe : déjà neuf. Neymar n’est plus qu’un simple complément de Messi. Dans le sillage de sa monumentale Coupe du monde, le Brésilien monte le son et pointait déjà à 17 buts et 5 passes décisives lors de ses 22 premiers matches de la saison. Toujours au diapason, Messi continue son petit bonhomme de chemin. Du haut de ses 169 centimètres, cela signifie 28 buts et 14 passes décisives en 26 rencontres. Ce qui nous monte la petite affaire à 50 buts et 28 passes décisives pour les MNS.

Les BBC vus par Carlo Ancelotti
« La qualité de Cristiano Ronaldo ne me surprend pas. Ça, je savais déjà. Ce qui me surprend, c’est son envie de lutter pour l’équipe et son niveau de professionnalisme, qui est pour moi unique dans le monde du football, surtout pour un joueur de son niveau. C’est un exemple pour tous. Il ne veut pas seulement marquer, il donne tout pour ce maillot. Il peut jouer attaquant de pointe sans aucun problème mais il est plus à l’aise en partant d’un côté car il est face au but. Karim Benzema est l’homme idéal pour des joueurs comme Cristiano et Bale. Avec trois milieux et deux ailiers, il est important d’avoir un attaquant de pointe qui redescende pour faire jouer les autres. Nous avons besoin d’un avant-centre qui ait cette caractéristique. En ce sens, Karim est unique. Bale est déterminant dans beaucoup de matches. Il a pris ses marques. Pour moi, notre trio d’attaque est le meilleur du monde. Même si je vois le FC Barcelone encore plus compétitif que la saison dernière. Ils ont un nouvel entraîneur, Luis Enrique, qui a beaucoup d’envie, de nouveaux joueurs et un nouveau Neymar depuis la Coupe du monde. C’est très, très fort. »

Alors, qui c’est les plus forts ?
Avantage MNS en termes de notoriété. Luis Suarez n’a besoin de personne pour faire parler de lui, Neymar a été désigné personnalité la plus influente du Brésil en 2014 par le magazine « Forbes » et on ne dira rien sur Messi, quatre fois Ballon d’or. Pas besoin. Au Real, si Cristiano Ronaldo prend toute la lumière (avec plus de 100 millions de fans sur sa page Facebook), on ne peut pas vraiment en dire autant de ses deux compères, les BB. En dehors des pelouses, Karim Benzema et Gareth Bale – le grand public, c’est révélateur, se demande encore pourquoi le Real a déboursé 94 millions d’euros pour l’enrôler en 2013 – cultivent leur discrétion. Avantage BBC, en revanche, au niveau de l’impact et des résultats. OK, le trio de Madrid a un vécu plus important depuis une saison et demie maintenant. On ne leur enlèvera pas la Decima, conquête pour laquelle ils ont été essentiels tous les trois. Depuis le début de la saison 2014-15, les statistiques affolantes qu’ils enchaînent placent le Real au premier rang des attaques de la Liga. Devant le Barça, donc.

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