Équipe de France

Raphaël Varane, l’ascension fulgurante

Dans sa chute, le RC Lens a révélé, l’an passé, une pépite, courtisée par les plus grands. 18 ans, 1,91 m et des tonnes de promesses. Raphaël Varane, avec un V comme Vite. Il n’a pas attendu pour s’exiler. L’aventure se poursuit au Real.

« Me confronter à des joueurs plus vieux, c’est plaisant, c’est mieux pour progresser. Ça me permet de grandir plus vite. » Ils sont peu nombreux à avoir touché leur rêve – jouer en Ligue 1 – à 17 ans. Raphaël Varane est le seul à s’être imposé avec une telle assurance en si peu de temps. Seul rai de lumière dans la noirceur qui a obscurci le ciel du RC Lens pendant de longs mois la saison passée. C’est tout juste si le peuple lensois, qui en a pourtant vu d’autres, ne laissait pas reposer tous ses espoirs de maintien sur lui. C’est dire.
Né à Lille et repéré par Lens dès l’âge de 9 ans, c’est au Racing que Varane appuie sur « Start ». « En poussins deuxième année, se souvient-il. Cela fait huit ans déjà, c’est pour cela que Lens représente tant pour moi. »
Un discours de vieux patriarche mais les mots d’un jeune premier. Lancé dans le grand bain par Jean-Guy Wallemme un soir de victoire (2-0 contre Montpellier le 7 novembre 2010), il est devenu un titulaire indiscutable et indiscuté sous les ordres de Laszlo Bölöni. Dans la deuxième moitié de la saison, il n’est plus sorti de l’équipe alors que Lens luttait pour sa survie. Comme un repère, du haut de ses 191 centimètres. Celui vers qui on se tourne dans la tempête. Pas le contexte rêvé pour un baptême ? Il en aurait fallu plus pour le faire vaciller. « Ce n’était pas évident mais assez formateur. Il fallait mettre l’extrasportif de côté pour se concentrer sur le terrain. C’est un peu plus compliqué psychologiquement mais quand on est jeune, on a les crocs à chaque match. »
Le président Gervais Martel répétait à l’envi que le club s’appuyerait sur sa nouvelle vague. Mais avec la relégation en L2, la pépite ne pouvait demeurer « sang et or ». Son ascension en accéléré ne laissait personne insensible. Le grand voisin lillois, champion en titre, aurait aimé rapatrier le gamin. On lui conseillait de demeurer en France avant de s’expatrier. Lui a pris le risque de migrer tout de suite et de tenter d’exister dans l’un des effectifs les plus riches et talentueux du monde. Au Real Madrid.
A Manchester, Sir Alex Ferguson était lui aussi tombé sous le charme. Tout comme Erick Mombaerts, le sélectionneur des Espoirs, qui avait du Varane plein la bouche. « Quand je le vois contre la République Tchèque (ndlr : le 29 mars, victoire des Bleuets 1-0), la meilleure formation d’Europe de la catégorie, avec des garçons nés en 1989 en plus… Il a été tout simplement exceptionnel ! Il a tout l’attirail pour devenir le grand, très grand défenseur central de demain. Il est de la trempe d’un Mamadou Sakho. »
Buteur dès son premier match international – au Danemark, avec les U18, le 24 août 2010 -, Raphaël ne perd pas une seconde. Sans dévier d’un iota sa trajectoire. « C’était une première réussie. Au départ, ce n’est jamais évident, on est toujours un peu stressé. Mais finalement, tout s’est bien passé, avec ce but en prime. »
Ferguson ? Le manager de Manchester voulait rajeunir ses cadres, comme il l’avait fait avec Cristiano Ronaldo (pour remplacer David Beckham), Nani ou plus récemment Chicharito Hernandez. Lui aussi avait jeté son dévolu sur la pépite lensoise. « The Guardian » fit état de discussions largement entamées et d’un accord presque ficelé. On connaît la suite.

Raphaël Varane en short
■ Né le 25 avril 1993 à Lille
■ 18 ans
■ 1,91 m, 85 kg
■ Défenseur
■ Roadbook : Formé à Lens, Real Madrid (2011-)

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