Étranger

Raheem Sterling, la nouvelle pépite rouge

Il est devenu, en une saison avec les Reds, l’un des plus grands espoirs du football européen. Mais pas que… Pur produit made in England, Raheem Sterling incarne, avec quelques autres, la nouvelle génération de la sélection anglaise. Et tout ça à seulement 20 ans. Ça promet !

Il est passé tout près. Vraiment. À deux petits points de remettre Liverpool sur le toit de l’Angleterre. Une première depuis 1990. Mais si Manchester City a grillé les Reds sur le fil, Raheem Sterling et ses coéquipiers sont sortis grandis d’une saison 2013-14 pleine. Le tout jeune international A anglais a terminé cet exercice avec neuf buts à son compteur personnel. Plutôt pas mal lorsque dans son équipe, il faut composer avec Luis Suarez et Daniel Sturridge, 52 buts à eux deux. Voilà Sterling passé de jeune pousse à grand espoir. Raheem ? Un joueur rapide, polyvalent, avec une bonne appréciation du jeu et un vrai sens tactique. Un footballeur 100% anglais, fait maison, comme on n’en trouve plus beaucoup depuis quelques années outre-Manche.
Tout n’a pas toujours été rose pour celui qui a longtemps traîné une réputation de « bad boy ». Un peu dans la lignée de certains de ses prédécesseurs en club ou en sélection. Après deux affaires de menaces physiques sur des jeunes femmes (classées sans suite) et une courte relation avec un top model britannique, les rumeurs l’avaient rebaptisé « l’homme aux huit enfants ». Ce comportement de sale gosse n’est pas non plus une invention. Il traîne cette étiquette depuis tout petit, lui qui fut renvoyé de l’école publique pour troubles comportementaux. Certains de ces professeurs décrivent aujourd’hui « un enfant qui a toujours été très doué pour le football mais qui avait beaucoup de mal à grandir en dehors des terrains »

Deuxième buteur le plus jeune de Liverpool derrière Owen
Ce tempérament fort, Raheem l’a sans doute hérité d’une enfance difficile. Il vécut d’abord « seul » avec sa grand-mère, en Jamaïque, avant de migrer en Angleterre à l’âge de 5 ans. Il y retrouva sa mère, celle qu’il compare souvent à José Mourinho et qu’il a toujours écoutée plus que n’importe qui.
Chez les jeunes, de West Ham aux Queens Park Rangers, tout s’enchaîne très vite pour Sterling. Peut être un peu trop. Il déboule sur les bords de la Mersey en 2010. Le 24 mars 2012, il obtient ses premières minutes de jeu chez les pros sous un maillot rouge. Sept mois plus tard, il offre la victoire à Liverpool face à Reading. Les supporters ont bien retenu son nom. C’est le deuxième buteur le plus jeune du club derrière un certain Michael Owen. Excusez du peu.
Les icônes du football britannique et de la sélection anglaise en particulier l’ont fasciné et inspiré depuis tout jeune. Son modèle ? Steven Gerrard. Pas très surprenant sachant que Raheem a toujours parlé de Liverpool comme de sa propre maison. Évoluer à ses côtés est une véritable chance. « J’apprends beaucoup de personnes comme Steven, dit-il. Je ne pouvais pas espérer meilleur encadrement à Liverpool. Steven m’inspire beaucoup dans son jeu et sa façon d’être. J’essaie de l’appliquer pour moi. Il me propose de l’aide, me donne des conseils. Je n’ai même pas besoin de demander, il est toujours derrière moi. »

Steven Gerrard et Roy Hodgson comme guides
Le milieu de terrain emblématique des Reds l’a aussi épaulé en sélection où Sterling a signé ses débuts en 2012. Il n’avait alors que 17 ans mais cette éclosion précoce et ses deux titularisations au Brésil, pendant la Coupe du monde, face à l’Italie (1-2) et l’Uruguay (1-2) ne doivent rien au hasard. Raheem a bossé dur pour atteindre ce niveau. Il pouvait aussi, c’est vrai, compter sur une relation forte avec son mentor de toujours, Roy Hodgson, sélectionneur de l’Angleterre et coach de Liverpool juste avant son arrivée au club, en 2012.
Hodgson apprécie les qualités du joueur et son souhait d’évoluer au pays pour s’installer en équipe nationale. Sterling est très sensible à cette marque de confiance : « Roy m’a vu progresser et je pense qu’il aime mon jeu. Je suis très satisfait qu’il soit sélectionneur de l’Angleterre. Il sait me motiver, me pousser à bien faire. » C’est un deuxième père qui lui permet de grandir et de gommer progressivement cette réputation de sale gosse qui le poursuit depuis des années. Ce passé, en tout cas, Raheem veut le laisser derrière lui.
Après le parcours catastrophique de l’Angleterre au Brésil, ce n’est plus un chemin qui s’ouvre devant le jeune milieu de terrain mais carrément un boulevard. Il en est conscient. Dans ce groupe en reconstruction, il doit imposer sa patte. « Les premiers jours où nous nous sommes retrouvés tous ensemble, c’était très sympa de découvrir de nouveaux coéquipiers. C’est un nouveau chapitre pour la sélection anglaise. » Il faut se préparer, déjà, pour les grandes échéances à venir. À commencer par l’Euro 2016. Passeur décisif pour les Three Lions lors du premier match des éliminatoires en Suisse (victoire 2-0), Sterling semble lancé sur une voie royale.

Camille LEDUN / PLANETE FOOT

Profil
Raheem Shaquille Sterling
■ Né le 8 décembre 1994 à Kingston (Jamaïque)
■ 1,70 m, 63 kg
■ Roadbook : Liverpool (ANG, depuis 2010)
■ International A (Angleterre). Première sélection : le 14.11.2012, Suède-Angleterre 4-2

Populaires

To Top