Équipe de France

Pourquoi Thomas Lemar sera le prochain transfert XXL

Longtemps annoncé partant, le milieu monégasque Thomas Lemar est finalement resté en Principauté mais il s’en est fallu de peu. Ce n’est que partie remise car il les rend tous fous. Il y a de quoi. On vous dit pourquoi.

Bonne éducation, poids plume et expert ès cortex
Pas du genre à s’épancher, il répond rarement aux sollicitations extérieures et quand on a la chance de lui parler, il faut tendre l’oreille pour l’entendre. La voix est toute douce, comme le bonhomme. Comme le corps du bonhomme. Thomas Lemar, c’est 1,70 m tout rond et s’il était judoka, il combattrait chez les moins de 60 kilos : il en pèse 58 ! Un poids plume qui n’a pas froid aux yeux quand il faut mettre le pied ou gagner le duel en vitesse, au milieu des golgoths. Jean-François Fortin, le président du Stade Malherbe de Caen qui l’a vu éclore, se souvient : « Il est psychologiquement armé pour tout ça. Il a suivi un parcours scolaire complet et très important, parce que c’était l’une des priorités de son père. Sa famille est constituée de personnes extrêmement raisonnables et réfléchies, qui ont toujours veillé à son épanouissement personnel. Au début, il était très timide, toujours dans l’écoute des consignes, presque trop introverti. Il a fallu qu’il brise cela. C’est aussi pour cette raison que son départ à Monaco a été une bonne chose. C’était réfléchi, alors que plusieurs grosses écuries étrangères le sollicitaient déjà. » Aujourd’hui et alors qu’il n’a que 21 ans, on pourrait résumer ce trait de caractère dans sa clairvoyance et dans les mots de Kylian Mbappé : « Thomas, il fait tout plus vite que les autres et il voit avant tous les autres. »

Son but contre les Pays-Bas au laser
Stade de France, le 31 août dernier. Les Bleus dansent sur les Pays-bas et Thomas, non content de réussir un match plein, vient chatouiller la notion de match parfait en s’offrant un doublé. Et surtout, l’un des plus beaux buts de sa carrière. Centre de Djibril Sidibé et dégagement de la tête, en cloche, de la défense néerlandaise. C’est devenu une reprise de volée limpide. Un petit temps d’arrêt pour bien ajuster la position, l’équilibre et le tempo. Une prise d’appui parfaite et le geste relâché. Volée croisée, côté opposé. Lucarne nettoyée. « C’est un peu spontané. Elle rebondit devant moi et je la tente comme elle vient. » Un but symbole de ses qualités techniques largement au-dessus de la moyenne et peut-être pas encore assez mises en valeur, car le garçon se révèle aussi par son efficacité et son volume de jeu. Le pied gauche de Lemar, c’est quand même du caviar.

Un poids lourd à trois bandes
Le Monégasque a paraphé dernièrement un nouveau contrat avec son équipementier favori, Adidas. La firme allemande veut en faire un poids lourd de ses campagnes promotionnelles internationales. Le nouveau bail s’étire jusqu’en 2022 et si les chiffres n’ont pas filtré, il se murmure que la proposition était suffisamment puissante pour éteindre la concurrence. On rappelle : 170 centimètres et 58 kilos pour l’un des trois ambassadeurs du modèle Nemeziz, fleuron de la marque aux trois bandes.

En rouge et blanc… pour l’instant
Au moment où il a décoché sa volée magique dans le ciel du Stade de France, savait-il seulement qu’il resterait à Monaco ? On peut penser que oui mais on est sûr que son avenir s’est joué dans les dernières heures du mercato. Car jusqu’au bout, Liverpool aura tout tenté : 80 M€ dont 8 M€ de bonus, puis 90 M€ sans bonus. Un joli chèque pour un joueur qui avait été payé 4 M€ à Caen deux ans plus tôt. Deal refusé par le board monégasque. C’était sans compter sur Arsenal qui a dégainé une proposition à neuf chiffres ! Cent patates pour devenir un Gunner. Les deux clubs anglais devraient revenir à la charge dès le mercato d’hiver. Car si lui donnait sa préférence aux Reds de Liverpool, Arsène Wenger, lui, préfèrerait Lemar à Arsenal… « C’est un joueur qui a une disponibilité énorme autour du ballon et il est assez complet dans l’offensif et le défensif. Il est très équilibré. Et puis il a une forme de souci de la qualité dans son dernier geste. On a pu le voir sur le but qu’il a marqué de volée contre les Pays-Bas : ce n’est pas sur la force qu’il s’est concentré mais sur la qualité technique. »

Adoubé chez les Bleus
Du sélectionneur au capitaine, c’est l’équipe de France dans son ensemble qui a loué les qualités de Lemar dès ses premiers pas à Clairefontaine. Alors qu’il n’avait que 20 ans. Didier Deschamps d’abord : « Le talent n’a pas d’âge. Il y en a beaucoup qui jouent dans de grands clubs et qui sont performants. Je ne prends pas un joueur par rapport à sa date de naissance. Si j’ai pris Thomas, c’est parce qu’il a des qualités, qu’il progresse saison après saison et qu’il peut jouer dans les deux couloirs et au milieu. Ça fait beaucoup de critères. » Hugo Lloris préfère vanter ses qualités dans la finition. C’est vrai qu’il a été la proie privilégiée du Monégasque la saison dernière en Ligue des champions (il avait marqué à Wembley contre Tottenham). « J’ai eu l’occasion de l’affronter trois fois. Il a un énorme talent, il est très rapide et en plus, il est très adroit devant le but. »

40% du temps décisif en Ligue 1
90 matches en L1, 15 buts et 20 passes. Belle feuille de stats pour un milieu. A Nice, lors de la 5e journée du championnat (là où il s’est blessé, ce qui est assez rare le concernant), il disputait son 90e match en Ligue 1. Depuis le début de sa carrière dans l’élite (le 9 août 2014 et une victoire de Caen à Nancy, où il était entré à la… 89e minute), Lemar en L1, c’est donc 15 buts et 20 passes décisives. En championnat de France, il est soit à la dernière passe, soit à la conclusion toutes les 158 minutes (5 541 disputées en tout, ce qui accentue encore la performance puisque cela ne correspond, en temps de jeu, « qu’à » 61 matches pleins). Il n’a donc pas toujours eu besoin d’être titulaire pour se montrer décisif.

40% du temps décisif toutes compétitions confondues !
Si on élargit la sphère des statistiques à l’ensemble de ses matches en carrière, le parallèle est saisissant. Depuis quatre saisons, le Français a en effet disputé 130 matches officiels toutes compétitions confondues. Résultat ? Vingt buts et 30 passes décisives au compteur. Soit un ratio exactement identique au sien en Ligue 1. Avec un but ou une passe toutes les 158 minutes ! Horloger, le Thomas ? Du travail d’orfèvre et de l’orfèvre cousu main car Lemar, c’est du caviar dans le mouvement et du caviar sur coups de pied arrêtés.

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