Équipe de France

Portugal : A pile ou face (1)

Même flanqués de Cristiano Ronaldo, ce qui change quand même la donne, les Portugais enchaînent les phases finales comme on franchit des montagnes russes. Un coup dans la lumière, un coup dans la nuit. Et à l’Euro ?

Premier du groupe I, le Portugal peut remercier la France, placée dans cette même poule et dont les rencontres comptaient pour du beurre. Avec deux défaites face aux Bleus, l’histoire sentait la margarine pour Cristiano and co, qui auraient peut-être dû, une fois encore, passer par les barrages pour voir du pays, une année paire, en juin. Mais Fernando Santos a été appelé au chevet de la Selecçao en septembre 2013 (juste après la désillusion d’une défaite à domicile contre l’Albanie et juste avant d’affronter les Bleus au Stade de France), histoire de remettre les têtes à l’endroit, un peu, et les idées en place, beaucoup, après une Coupe du monde au Brésil plantée dans les grandes largeurs (une gifle d’entrée contre l’Allemagne 0-4, un nul poussif face aux Etats-Unis 2-2 et une victoire pour rien contre le Ghana 2-1). Eliminés au 1er tour, ça la fichait mal pour les conquistadors au pays du café…
On imaginait donc beaucoup de pain sur la planche de Santos. Mais le vieux loup, dont les poumons supportent toujours un tabagisme très actif, a su trouver les mots. En ramenant sur le devant de la scène quelques vieux briscards (Nani, Danny) et en faisant confiance à quelques nouveaux visages (Cédric Soares, André André, Bernardo Silva), les Portugais ont expédié les affaires courantes en réalisant un « petit chelem » implacable. Défaits lors de la première journée, à la maison contre l’Albanie, ils ont tout gagné après (sauf contre les Bleus, donc).
Les voilà qui se pointent à l’Euro avec une bonne dose de confiance nouvelle dans le short et les abdos en avant. Surtout ceux de Cristiano, qui sera l’atout numéro un, encore, toujours, et celui sur qui tous les regards vont se poser. Car en profitant des talents du meilleur joueur du monde, les Portugais portent le fardeau d’une Cristiano-dépendance dont ils ne sont toujours pas guéris. Certes, João Moutinho retrouve ses jambes de vingt ans depuis quelques mois avec la sélection et voit toujours aussi bien le jeu. Mais le vide sidéral au poste 9 reste tout de même une énigme tout autant qu’un problème majeur pour cette vraie nation de foot. Difficile de croire que dans ce petit pays de dix millions d’habitants où tout le monde joue au ballon et ne vit que pour ça, le Portugal n’a toujours pas déniché un attaquant de pointe capable de soulager le poids énorme supporté par « CR7 ». Difficile, aussi, d’imaginer Santos en sortir un du chapeau d’ici le mois de juin.
Les Lusitaniens s’approchent vers la compétition avec autant de certitudes que d’interrogations. Si Pepe retrouve le niveau qui était le sien à l’Euro 2012 (demi-finale) et fait sortir tout le bloc vingt mètres plus haut, il faudra les considérer comme des candidats sérieux à la dernière semaine. Si Cristiano fait la tronche et que tous les autres regardent leurs crampons, ça peut vite sentir moins bon. Comme au Brésil il y a deux ans. C’est tout le problème avec eux. On ne sait jamais.

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