Étranger

Pologne : Style Renaissance (1)

Avec Adam Nawalka aux commandes et Robert Lewandowski comme artificier en chef, la Pologne, revigorée par un dernier Euro plein de promesses, entend jouer les trouble-fêtes à l’occasion de la grand-messe mondiale. Pour marcher sur la trace des glorieux anciens.

Il en a coulé, de l’eau, sous les ponts de la Vistule depuis l’époque où la Pologne a organisé l’Euro 2008 en compagnie de l’Ukraine. Et qui s’était terminé presque avant d’avoir commencé, c’est-à-dire dès la fin du 1er tour, par un immense vol plané. Fiasco total avec une humiliante élimination sans la moindre victoire pour réchauffer (un peu) le cœur des fans.
Aujourd’hui, la Pologne avance à une très honorable vitesse de croisière. Elle avance, surtout, depuis qu’Adam Nawalka a repris la barre de l’embarcation, à l’automne 2013, alors qu’il commençait à vraiment faire frisquet sur Varsovie, après un autre gadin sous forme de non-qualification pour la Coupe du monde au Brésil. Elle avance d’autant plus vite que Robert Lewandowski a définitivement pris les commandes de l’attaque et décidé de dégainer – en club comme en sélection, d’ailleurs – avec la maîtrise et le sang-froid d’un sniper qui fait pratiquement toujours mouche sur la cible qu’il a visée.
Les prémices du renouveau, attendu depuis plus de trente ans quand même, ont indiscutablement accompagné la promotion de Nawalka au poste de sélectionneur. La première mission de l’ancien international et entraîneur du Gornik Zabrze était claire : qualifier l’équipe pour l’Euro 2016. Il y est parvenu avec un certain brio, en obtenant notamment une victoire retentissante en éliminatoires contre l’Allemagne – une grande première dans l’histoire de la Pologne, fêtée comme il se doit par tout un peuple.
Ensuite, les Polonais ont montré l’été venu, en France, qui les a menés de Nice à Marseille en passant par Saint-Denis ou Saint-Etienne, que leur périple hexagonal n’avait rien, pour eux, d’une balade touristique. Pas un nirvana mais presque. Ils ont atteint les quarts de finale du tournoi, vaincus sur le fil aux tirs au but par le Portugal, sans connaître la moindre défaite tout au long de la compétition. Au moment du clap final, le sélectionneur, convaincu et convaincant, se dépêchait de définir les prochaines priorités. « Il ne faut pas oublier ce qu’on a réalisé mais aussi penser au futur, aux qualifications pour la Coupe du monde en Russie. C’est ce que j’ai dit à mes joueurs, ce n’est que le début de l’aventure… »
Sa troupe a bien entendu le message et continué d’étaler sa nouvelle assurance durant les éliminatoires pour la phase mondiale. Un seul revers, accompagné d’une grosse claque au Danemark (4-0), qui ne saurait ternir une impression d’ensemble très solide, magnifiée par l’insolente réussite de son pistolero d’or, alias Robert la fine gâchette.
Du coup, c’est une formation style Renaissance qui va aborder les grandes échéances de juin, en ayant bien l’intention de les prolonger jusqu’en juillet. Il y a aussi le secret espoir de marcher sur la trace des glorieux anciens, ceux dont on continue à leur seriner le parcours majestueux. Une épopée folle qui avait permis à cette génération dorée de terminer, à l’étonnement général la première fois, sur le podium des World Cups 1974 et 1982. Grâce aux Grzegorz Lato, Andrzej Szarmach ou Zbigniew Boniek dont les noms résonnent encore très fort dans la mémoire populaire. C’était il y a presque une éternité.
« On ne vit pas dans le passé, affirme néanmoins « Lewy ». On veut écrire notre propre histoire. Maintenant, attention. Lors du dernier match qualificatif, à la maison contre le Monténégro (victoire 4-2), on a commis des erreurs en défense comme en attaque. On a le potentiel mais nous devons travailler les petits détails pour nous simplifier la tâche. Il faut rester concentré pendant 90 minutes. Ce n’est pas normal de mener 2-0 puis de se retrouver à 2-2 à huit minutes de la fin. Il nous reste encore bien des choses à améliorer pour jouer la gagne ou viser une médaille. » D’un autre côté, s’il en parle, c’est bien qu’il y pense. Un peu, sans doute. Beaucoup, peut-être.

Classement FIFA : 6

1er tour
Le 19 juin à 17h, Stade du Spartak à Moscou : Pologne-Sénégal
Le 24 juin à 20h, Stade de Kazan : Pologne-Colombie
Le 28 juin à 16h, Stade de Volgograd : Pologne-Japon

Visa mondial
• Superficie : 312 680 km2
• 38,5 millions d’habitants
• Capitale : Varsovie
• Fédération : Polski Zwialek Pilki Noznej
• Année de fondation : 1919
• Affiliation FIFA : 1923
• Couleurs : maillot, short et bas blancs
• Equipementier : Nike

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