Cyclisme

Planète Cyclisme 78

Froome n’est plus le bienvenu

Planète Cyclisme 78 – Fév. Mars 2018

Le président de l’UCI, David Lappartient, a volé la vedette à Daryl Impey, le vainqueur de la première épreuve du WorldTour 2018 en Australie. Injuste, vous en conviendrez ! Après six jours de labeur sous le cagnard, au Tour Down Under, le Sud-Africain de 33 ans a plié bagage dans l’indifférence quasi générale, après la plus grande victoire de sa carrière. C’est vachard, mais les médias ont un autre colis au dépôt avec l’encombrant Chris Froome, contrôlé positif au salbutamol lors de la 18e étape de la Vuelta 2017. Lappartient, qui voulait promouvoir la nouvelle saison, a vite changé de sujet. Alors que le président suait à grosses gouttes sous le feu des questions, un autre ne mollissait pas au même moment. Chris Froome himself. Le Brit’ tenait la distance avec des sorties de plus de 200 km dans la région du Cap, en Afrique du Sud. Il joue la transparence, une qualité qu’on ne lui connaissait pas jusqu’alors. Il communique sur les réseaux sociaux, via Instagram. Même quand il prend une gamelle. On a vu ses plaies. Pas sûr qu’il soit rétabli pour le Giro. Non, je déconne ! Pourtant, ça arrangerait bien Mauro Vegni, le patron de RCS, organisateur du Tour d’Italie. Il a entendu les propos de Lappartient qui lui a affirmé sa solidarité, dans le cas où il refuserait la participation de Froome : « Je crois que la meilleure chose pour lui (Froome), c’est de ne pas courir. Si RCS va dans cette direction, je ne peux qu’être d’accord. » Christian Prudhomme, le patron du Tour, d’habitude si disert, était certainement en hibernation, car on ne l’a pas entendu. Il attend sans doute que Vegni dégaine le premier. Après tout, le Giro part en mai. Mais Lappartient a été clair à propos du quadruple vainqueur du Tour et de la dernière Vuelta : « Les règles lui permettent de courir, mais s’il gagne des courses et qu’il est ensuite sanctionné, ce sera mauvais. C’est pour cela que je pense qu’il serait mieux, pour Sky, de faire baisser la pression en ne faisant pas courir Froome pour le moment. »Ah, mais il y a un vide dans le règlement UCI ! Seul Froome peut prendre la décision de ne pas courir. Inutile de dire qu’on n’en prend pas le chemin. Pour deux raisons. D’abord, Froome s’entraîne toujours dans la perspective d’un doublé Giro-Tour. La deuxième est quant à elle purement juridique. Le cabinet de Mike Morgan à Londres, spécialisé dans les procédures antidoping avec des clients comme Maria Sharapova et Mamadou Sakho, a les pleins pouvoirs techniques et financiers pour disculper Froome. On ne plaisante pas chez Sky, formation à 40 millions de budget la saison. Pourtant, pour la première fois, une voix dissonante s’est faite entendre dans l’équipe. Celle de Wout Poels, lieutenant de Froome lors de la plupart des campagnes en Grand Tour. Il disait en substance : « Je pense que ce serait mieux pour tout le monde que la situation soit clarifiée le plus vite possible, une bonne fois pour toutes. Pas seulement pour nous, en tant que coéquipiers, mais aussi pour Chris lui-même. Les autres coureurs du peloton, également, veulent savoir ce qu’il en est exactement. Je comprends ça. » Poels a tapé juste. Bardet, Uran, Nibali, Aru, Dumoulin, Quintana, adversaires directs de Froome en Grand Tour, ont besoin de savoir en effet, et vite. Les supporters exigent la même chose, comme nous également. Si Froome a longtemps eu le pouvoir de gagner des Grand Tour, les organisateurs ne doivent pas lui donner le pouvoir de cannibaliser une saison toute entière. Ces organisateurs auront-ils le courage et la volonté de ne pas l’inviter ? Rien n’est moins sûr…

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