Étranger

Pérou : Un parfum d’éternité

On commençait à trouver le temps long à Lima et dans ses environs. Mais les Incas-pables se sont transformés. Voilà le Pérou à la Coupe du monde, 32 ans après. Ça se fête ? Ça s’est vu.

On a beau dire, ce maillot… Le blanc immaculé et cette bande rouge qui venait lécher en noir et blanc puis en couleurs les écrans télé entre Pelé, les cheveux longs des Hollandais volants, Mario Kempes ou Francesco Graziani… Des noms à jamais gravés dans l’histoire de la Coupe du monde. C’était l’âge d’or du foot inca. Les Péruviens disputaient la Coupe du monde et ils le firent plutôt bien, d’ailleurs, en 1970, année où ils se hissèrent jusqu’aux quarts de finale, au Mexique. Présents au second tour en Argentine, ils n’ont pas trop vu le jour en Espagne, en 1982. C’est depuis cette époque qu’ils étaient dans le noir. Absents des débats depuis 36 ans.
Même au pays des Incas, où l’unité de temps signifie pas mal de choses, on commençait à ne plus en pouvoir. Alors, quand les hommes de Ricardo Gareca ont accroché la 5e place de la zone AmSud, qui les envoyait en barrage contre La Nouvelle-Zélande, c’était sûr, c’était là. Il fallait manger du kiwi sauce All-White pour décrocher le Graal.
Les scènes de joie furent à la hauteur de l’attente. A Lima, au coup de sifflet final du match retour, les larmes ont coulé et ce n’était que du bonheur. Des spectateurs, bien sûr, mais des joueurs, aussi, comme Christian Cueva, l’arbre du milieu : « C’est un rêve d’enfant. Cela faisait si longtemps que nous n’arrivions pas à rompre la malédiction ! » Même le président de la République, Pedro Pablo Kuczynski, s’est fendu de son petit mot. « Nous avons attendu plus de 35 ans. Merci, les guerriers, pour nous avoir donné ce bonheur ! » A peine le temps de tweeter qu’il décrétait la journée du 16 novembre chômée pour fêter l’événement !
La Blanquirroja (son surnom parce que le maillot, évidemment…) aura, au final, largement dominé ce barrage inter-continental, avec pour symbole le décisif retour aux affaires de Jefferson Farfan. Mis à l’écart de la sélection plus de… dix-sept mois, l’ancien dynamiteur du PSV Eindhoven et de Schalke 04 a ouvert le score. Et il paraissait rajeunir au coup de sifflet final. « Je me suis tellement préparé pour ce match ! Mon rêve est intact. »
Troisième de la Copa America 2011, la génération des « 4 Fantasticos » (Jefferson Farfan, Juan Manuel Vargas, Paolo Guerrero, Claudio Pizarro) n’avait rien fait depuis. Cette qualification, c’est aussi leur avènement. Même pour Paolo Guerrero, qui a manqué le barrage – il était provisoirement suspendu après un test anti-dopage positif – mais qui va revenir. Une Coupe du monde avec le maillot blanc à la bande rouge, quand même…

L’homme à suivre : Jefferson Farfan
Après un an et demi loin de la sélection (Ricardo Gareca l’avait écarté avec Juan Manuel Vargas et Claudio Pizarro en mars 2016), Jefferson Farfan revient par la grande porte. Il s’était un peu perdu, pourtant, en quittant Schalke 04 pour les Emirats arabes unis (Al-Jazira) puis pour… nulle part ! Sans club en octobre 2016. Ça sentait la fin en eau de boudin mais l’ancien représentant du PSV Eindhoven a retrouvé l’envie en signant au Lokomotiv Moscou en janvier dernier. « Il fallait qu’il rejoue pour revenir en sélection, expliquait son sélectionneur cet été. Qu’il puisse s’établir et bénéficier d’un temps de réadaptation. » Redevenu le fer de lance pour le barrage, suite à la suspension de Paolo Guerrero, il a tout pris sur lui. A 33 ans, il va disputer sa première Coupe du monde et c’est tant mieux.

1er tour
Le 16 juin à 18h, Stade de Mordovie à Saransk : Pérou-Danemark
Le 21 juin à 17h, Stade d’Ekaterinbourg : Pérou-France
Le 26 juin à 16h, Stade Ficht à Sotchi : Pérou-Australie

Visa mondial
• Superficie : 1 285 315 km2
• 32,3 millions d’habitants
• Capitale : Lima
• Fédération : Federacion Peruana de Futbol (FPF)
• Année de fondation : 1922
• Affiliation FIFA : 1924
• Couleurs : maillot blanc à bande traversante rouge, short et bas blancs
• Equipementier : Umbro

Le chiffre : 1
Comme le but de l’Argentin Ricardo Gareca, l’actuel sélectionneur, qui permit à l’Albiceleste d’égaliser à 2-2 contre le Pérou lors de la dernière journée des éliminatoires pour la Coupe du monde 1986. Un but qui priva la sélection péruvienne du Mondial au Mexique !

Comment ils jouent
Avec Aldo Corzo et Miguel Trauco, il y a de la vitesse dans les couloirs de la défense. Un peu moins au niveau de l’axe central, où Alberto Rodriguez et Christian Ramos sont plus à l’aise dans le duel et le marquage direct. Au milieu, le triangle se compose la majeure partie du temps de Renato Tapia, Christian Cueva et Yoshimar Yotun. Le retour aux affaires de Jefferson Farfan redistribue les cartes sachant que Paolo Guerrero, suspendu suite à un contrôle antidopage, devrait retrouver sa place aux avant-postes. Sinon, Raul Ruidiaz est là et Edison Flores déflore son couloir dans un 4-2-3-1 modulable en 4-5-1.

Leurs éliminatoires
Zone Amérique du Sud
5e du groupe
26 pts, 7 v, 5 n, 6 d, 27 bp-26 bc
8.10.2015 : Colombie-Pérou 2-0
13.10.2015 : Pérou-Chili 3-4 (Jefferson Farfan 2 dont 1 s.p., Paolo Guerrero)
13.11.2015 : Pérou-Paraguay 1-0 (Jefferson Farfan)
17.11.2015 : Brésil-Pérou 3-0
24.03.2016 : Pérou-Vénézuéla 2-2 (Paolo Guerrero, Raul Ruidiaz)
29.03.2016 : Uruguay-Pérou 1-0
1.09.2016 : Bolivie-Pérou 0-3, match perdu par la Bolivie sur tapis vert
6.09.2016 : Pérou-Equateur 2-1 (Christian Cueva s.p., Renato Tapia)
6.10.2016 : Pérou-Argentine 2-2 (Paolo Guerrero, Christian Cueva s.p.)
11.10.2016 : Chili-Pérou 2-1 (Edison Flores)
10.11.2016 : Paraguay-Pérou 1-4 (Christian Ramos, Edison Flores, Christian Cueva, Miguel Angel Benitez c.s.c.)
15.11.2016 : Pérou-Brésil 0-2
23.03.2017 : Vénézuéla-Pérou 2-2 (André Carrillo, Paolo Guerrero)
28.03.2017 : Pérou-Uruguay 2-1 (Paolo Guerrero, Edison Flores)
31.08.2017 : Pérou-Bolivie 2-1 (Edison Flores, Christian Cueva)
5.09.2017 : Equateur-Pérou 1-2 (Edison Flores, Paolo Hurtado)
5.10.2017 : Argentine-Pérou 0-0
10.10.2017 : Pérou-Colombie 1-1 (David Ospina c.s.c.)
Barrage
11.11.2017 : Nouvelle-Zélande-Pérou 0-0
15.11.2017 : Pérou-Nouvelle-Zélande 2-0 (Jefferson Farfan, Christian Ramos)

Le coach : Ricardo Gareca
59 ans
Argentin
En poste depuis février 2015
« Il s’agit d’un bon groupe qui me satisfait, avec trois adversaires intéressants. Nous allons essayer de déployer notre jeu et de nous adapter aux conditions. »

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