Équipe de France

Paul Pogba, les diagonales du fou (1/2)

Vainqueur de la Ligue Europa avec Manchester United, l’ami Paul n’a pas perdu son temps pour sa première saison sous les ordres de José Mourinho. Pourtant, pour certains, ce n’est pas encore ça. Vraiment ? De « Pogboom » à Pogba, on a essayé de crever l’abcès.

Son retour à Manchester
L’Euro 2016 a été long pour Paul. Pas assez à son goût comme au nôtre mais jusqu’au 10 juillet au soir, quand même. Si les Bleus ont tenu leur rang, à tel point que les regrets seront immenses et éternels, « la Pioche » n’y aura jamais vraiment concrétisé toutes les attentes placées en lui. Franchement remis en cause en début de tournoi, il a connu quelques fulgurances en demi-finales contre l’Allemagne, notamment sur le second but d’Antoine Griezmann, mais son rendement moyen est resté loin des standards, étant entendu que ses standards à lui se situent largement au-dessus des autres.
Pogba est une star. Depuis tout petit. Capitaine de l’équipe de France championne du monde U20 en 2013, il s’est offert quatre titres de champion d’Italie consécutifs avec la Juventus depuis, il a été élu meilleur jeune joueur de la Coupe du monde (la grande) 2014 au Brésil, il a été finaliste de la Ligue des champions face au Barça en 2015… Il était, depuis longtemps, le futur plus gros transfert de l’histoire. Il l’est devenu le 8 août 2016. Un mois ou presque après l’épilogue douloureux de l’Euro. Plus de quatre semaines de vacances et de détente, il y a pire, mais c’était plus de quatre semaines sans savoir. Avant cet appel de Mino Raiola pour lui demander de rappliquer dare-dare, avec une visite médicale au programme.
C’était dans les tuyaux mais les sommes en jeu étaient telles que les circuits ont mis plus de temps que d’autres à s’ouvrir définitivement. Mais bon, il connaissait le chemin de son nouveau club. Retour à Manchester United quatre ans après son départ pour la Juve, ce jour où il était resté droit dans ses bottes devant Sir Alex Ferguson pour lui signifier qu’il avait envie de jouer et qu’il allait le faire. Pour plus de 105 millions d’euros, il est devenu le joueur le plus cher du monde en « retournant à la maison ». Un cri du cœur pour le joueur, un coup de génie pour la Juve qui l’avait récupéré gratis en 2012. Mais un coup de massue, aussi, avec cette étiquette de transfert à neuf chiffres collée aux basques.
Le 8 août 2016, le meilleur jeune de la Coupe du monde 2014 est devenu plus cher que Cristiano Ronaldo et Gareth Bale. A 23 ans. Pogba devient « Pogboom ». Ça fait du bruit, forcément. Même pas un peu « under pressure », Monsieur Paul ? « Cela a constitué une grosse opportunité pour moi. Joueur de Man U, je suis juste un homme heureux. » Lui poser la question, c’était mal le connaître. « Je suis tellement content ! De chaque moment, de chaque personne que je vois. Je connaissais déjà la maison. Il y a eu quelques changements au niveau des infrastructures mais c’est tout pareil pour moi. C’était l’option la plus confortable. Et puis il y a cette culture. A chaque match, Bobby Charlton vient nous voir. Il descend, il rencontre le staff. C’est comme une grande famille. Nous, les joueurs, nous devons penser à tout cela. Etre fiers de l’institution et donner le meilleur de nous-mêmes pour ce maillot. »

Sa relation avec José Mourinho
« Il me laisse libre. Il est venu me voir au début pour m’expliquer des choses simples mais essentielles. Il m’a dit de me sentir libre sur le terrain. C’est tout ce que tu demandes à un manager. Il est toujours de bon conseil. Ses mots favoris ? « Don’t worry ! » Il te donne confiance. »
Sous les ordres du « Special One », dans un championnat qu’il avait touché du doigt mais du doigt seulement, il est censé s’éclater. « J’ai dû m’adapter, comme beaucoup au sein de l’équipe parce qu’elle a beaucoup évolué l’été dernier avec l’arrivée d’un nouveau coach. Cela a été de mieux en mieux au fil de la saison, dans les automatismes comme dans les relations en dehors du terrain. Personnellement, je trouve que c’est quand même plus ouvert qu’en Italie. La spécialité de la Serie A, c’est la tactique. Il y a moins d’attaques, c’est plus défensif. Mais ce sont deux ligues magiques à jouer. Dans chaque championnat, il faut bien défendre, donc les bases de la Serie A me servent énormément aujourd’hui. »
Pogba en 2016-17 à MU, c’est 4 350 minutes de jeu en 51 matches. Les chiffres froids de la calculatrice traduisent cela par 85 minutes de temps de jeu en moyenne. La réalité, c’est que Paul n’a joué qu’une mi-temps contre Everton pour son retour de blessure en avril, puis une mi-temps lors de la dernière journée de championnat contre Crystal Palace. Sinon ? Tous les matches disputés dans leur intégralité. Comme une plaque tournante. Un taulier là-bas aussi.

Son impact dans le jeu de MU
Dans une équipe qui s’est longtemps cherchée au cours de la saison, entre les hésitations et les essais de José Mourinho, Paul a voyagé sur le terrain mais souvent dans la même direction : vers l’avant. En fait, il a démarré devant la défense, soit avec Marouane Fellaini (c’était le cas contre Southampton le 19 août, pour son premier match de Premier League), soit aux côtés de Michael Carrick ou Ander Herrera, dans un 4-2-3-1 initié par Mourinho. Mais l’évolution des choses le conduit toujours un cran plus haut sur le terrain. L’affirmation d’Herrera en milieu défensif va lui offrir l’occasion de plonger plus haut et d’être davantage concerné par un travail de création que par un boulot de récupération. Carrick et Herrera aux affaires courantes, Pogba un peu plus dans la lumière.
C’est tout le paradoxe, aussi, de son statut et de son poste. Car si le natif de Lagny-sur-Marne est toujours au centre des attentions, parce qu’il propose des choses que les autres n’ont pas, il n’est ni un 10, ni un 9. Ni un buteur, ni un meneur. Il peut jouer partout au milieu. Sa puissance et son volume de jeu combinés à sa justesse technique et à sa qualité de démarrage en font un relayeur hors normes. Sa qualité de frappe, dans les passes courtes, les transversales, comme les tirs au but, du droit comme du gauche, de l’intérieur comme de l’extérieur du pied, en fait un joueur à part. Mais toujours un milieu de terrain. Avec 9 buts et 6 passes décisives, il se situe dans le haut de la courbe.
On en revient aux attentes. A la démesure de son talent et donc au-delà de ce plafond de verre. Mais ce sont des stats qui se posent là, quand même, pour un joueur qui découvrait une nouvelle équipe, un nouvel environnement et un nouveau coach. Une réaction, Monsieur Paul ? Ou une pensée philosophique ? « Je suis un mec heureux parce que je fais ce que j’aime. Je joue au foot. » A méditer.

A suivre…

A 24 ans, Paul Pogba, c’est…
Vainqueur de la Coupe du monde U20 en 2013 avec la France
Vainqueur de la Ligue Europa en 2017 avec Manchester United
Vainqueur de la Supercoupe d’Italie en 2013 et 2015 avec la Juventus Turin
Champion d’Italie en 2013, 2014, 2015 et 2016 avec la Juventus Turin
Vainqueur de la Coupe d’Italie en 2015 et 2016 avec la Juventus Turin
Vainqueur de la Coupe de la Ligue anglaise en 2017 avec Manchester United

Populaires

To Top