Équipe de France

Patrice Evra, l’indispensable mal-aimé

Depuis le trop fameux épisode de Knysna, le défenseur de la Juve traverse une période de désamour auprès du public. Mais il reste aussi, à 35 ans, la valeur la plus sûre au poste de latéral gauche chez les Bleus.

Son histoire avec l’équipe de France n’est pas simple. Il s’y est un peu introduit par effraction. Tout au début, il y a tracé son chemin, sans faire de bruit, sans éveiller l’intérêt des gens dans la place. Surtout pas celle des cadors, qui étaient installés.
Il a avancé pas à pas, jusqu’à se sentir important. Peut-être trop important. Son histoire a dérapé lorsque que, capitaine d’une formation en perdition, Patrice Evra a été incapable de reprendre la barre du navire qui lui était confié, en Afrique du Sud. Au contraire, il l’a coulé. Il s’est trompé, a fait amende honorable. Oui, il a commis une bourde innommable. OK mais lui a voulu expier sa très grande faute. Il s’est repenti. Maintenant, il voudrait définitivement se projeter vers ce qui risque d’être son dernier grand rendez-vous international. Sans se soucier du reste.
De toute façon, le gaillard n’a pas vraiment d’adversaire. Il peut s’avancer à visage découvert. Il peut y aller sans aucun complexe puisqu’on n’imagine pas qui, à l’heure actuelle, viendrait lui contester son leadership. Le côté gauche de la défense, en équipe de France, est un peu, beaucoup exsangue derrière le bonhomme. La plus ou moins jeune classe – Lucas Digne, Layvin Kurzawa, Benoît Trémoulinas – n’est pas parvenue, jusqu’à présent, à déloger le dinosaure. Il est, malgré ses 35 berges, le plus rassurant à son poste dans le team tricolore.
« Je ne suis ni capitaine, ni leader, précise-t-il. Je suis moi, je fais du Patrice. Quelqu’un avec beaucoup d’expérience, qui va vers les autres. Le capitaine, c’est Hugo Lloris. Il faut respecter ça. Faire du Patrice, c’est veiller à la santé du groupe. En 2010, j’ai pris mon rôle trop à cœur. Désormais, avec mon expérience, j’arrive à récupérer l’énergie des uns et des autres. Ça me rend encore plus fort. Plus je vais vers les autres et plus j’arrive à me concentrer pour faire mon boulot. Dans ma carrière, on ne m’a rien donné. Les critiques ne me feront pas arrêter mon histoire. »
Et cette histoire, le concernant, ira au moins jusqu’au bout d’un Euro qu’il espère jouissif. Car le cap’ par procuration, véritable gardien du vestiaire, a une envie et un besoin fou de montrer à la planète foot son désir de toucher les sommets. Winner dans l’âme, il déteste par-dessus tout l’odeur âcre de la défaite. Il en veut, il y croit et on a forcément de le suivre sur les cimes. Là, tout là-haut…
Parce que Pat Evra, avec ses qualités et ses défauts entremêlés, reste indispensable à son poste, ce qui, au moins à courte échéance et quoi qu’en pensent ses détracteurs, ne se discute pas. Cela résonne comme une évidence. Et l’évidence tient la route. Le bonhomme aussi.

PROFIL
Latéral gauche
Né le 15 mai 1981 à Dakar (Sénégal)
35 ans
1,74 m, 75 kg
Club : Juventus Turin (ITA)

VISA
71 sélections, 0 but
Première sélection : le 18 août 2004, France-Bosnie-Herzégovine 1-1 (amical)
Sélectionneur : Raymond Domenech
Expérience à l’Euro : 3 matches ; 2 matches et 180 minutes en 2008, 1 match et 90 minutes en 2012
SA SAISON INTERNATIONALE 2015-16 : 5 matches, 360 minutes jouées
SITUATION PERSONNELLE
Fin de contrat en juin 2016. Il n’est plus tout jeune mais comme notre Pat a toujours de bonnes gambettes, la tendance est à ce que la Juve prolonge son contrat d’une année supplémentaire. Les négociations, qui ont commencé, devraient rapidement aboutir.

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