Étranger

Panama : Les Canaleros à la charge

Le Panama débarque à la Coupe du monde. La surprise du chef nous vient de la Concacaf, elle a le visage du parfait inconnu et on a hâte de voir ça.

Ils avaient encore quelques espoirs. Un peu secrets, parce que c’était leur Everest, mais bien réels parce qu’il étaient en droit d’y croire. Et puis 90 minutes plus tard, ils ont basculé de l’autre côté du sommet. Qualifiés pour la première fois de leur histoire, les Panaméens vont découvrir la Coupe du monde. Un autre monde pour eux, plus habitués aux derniers rangs de la classe de la zone Concacaf, leur cour d’école à l’intérieur de laquelle ils peinent à exister, même à la marelle, face aux grands de l’établissement, le Mexique, les Etats-Unis ou le Costa Rica. Et puis voilà. Quatre vingt-dix minutes et la bascule. Du paradis fiscal au paradis tout court. De Panama City à la Russie. Papiers, s’il vous plaît.
Ils étaient passés à quelques encablures de l’ivresse suprême il y a quatre ans, juste avant de plonger dans le noir (voir par ailleurs), quand ils étaient venus mourir au pied du barrage après une défaite cruelle mais logique contre les Etats-Unis. Ils ne sont même pas passés par les barrages ce coup-ci, laissant le Honduras défier l’Australie durant un mois de novembre qui leur aura donné l’occasion de poser le pied en Europe, en Autriche plus précisément, pour y défier l’Iran puis le Pays de Galles. Comme un avant-goût de Mondial.
Les Canaleros (leur surnom) peuvent remercier leur coach, le Colombien Hernan Dario Gomez, arrivé au chevet de la sélection en 2014 avec un seul but : les emmener en Russie. L’ancien assistant de Francisco Maturana à la tête de la Colombie était déjà réputé, présenté comme l’un des meilleurs sélectionneurs du continent sud-américain après avoir mené les Cafetiers tout seul à la Coupe du monde 1998 en France, puis l’Equateur à sa toute première phase finale, en 2002. Il réédite l’exploit avec le Panama et confirme qu’il ne faut pas l’oublier au moment d’énumérer les coaches qui comptent.
Il faudra également compter sur le sentiment d’union sacrée qui animera l’équipe. En avril, le frère de jeu des Canaleros Amilcar Henriquez, qui avait pris une part prépondérante dans le parcours éliminatoire, a été tué par balles, dans la banlieue de Colon. Ils iront en Russie pour lui, aussi.

L’homme à suivre : Anibal Godoy
Il a tenté sa chance en Europe. Un peu dans l’anonymat, au Honved Budapest, mais en Europe tout de même. Bon, ça ne l’a pas trop fait. Mais ça va beaucoup mieux pour lui depuis quelques saisons, maintenant qu’il est devenu un pilier des San Jose Earthquakes, la franchise californienne de MLS, où il enchaîne les matches pleins (plus de 60 rencontres disputées depuis août 2015). C’est aussi une poutre de la sélection panaméenne, avec laquelle il a dépassé les 80 sélections et où Hernan Dario Gomez adore sa polyvalence et son volume de jeu, avec ses faux airs de Kevin-Prince Boateng. A 27 ans, Anibal arrive dans la force de l’âge et il pourrait en profiter pour se faire repérer lors de la Coupe du monde car même s’il adore le soleil de la Californie, il n’est pas contre une deuxième chance en Europe. Puissant, le garçon, et pas que par le prénom.

Classement FIFA : 49

1er tour
Le 18 juin à 17h, Stade Ficht à Sotchi : Panama-Belgique
Le 24 juin à 14h, Stade de Nijni-Novgorod : Panama-Angleterre
Le 28 juin à 20h, Stade de Mordovie à Saransk : Panama-Tunisie

Visa mondial
• Superficie : 75 420 km2
• 3,6 millions d’habitants
• Capitale : Panama City
• Fédération : Fédération Panaméenne de Football
• Année de fondation : 1937
• Affiliation FIFA : 1938
• Couleurs : maillot et short rouges, bas blancs
• Equipementier : New Balance

Le chiffre : 2
Comme les buts marqués dans le temps additionnel par les Etats-Unis lors du dernier match de qualification pour Brésil 2014. Une victoire 3-2 qui priva les Canaleros des barrages pour la Coupe du monde à la dernière seconde… Incroyable épilogue. Mais là, un nouveau livre s’ouvre.

Comment ils jouent
Hernan Dario Gomez ne diffère pas de son 4-4-2 à « double pivot », comprenez deux sentinelles qui sont aussi bien des coupeurs de passes adverses que les premiers architectes du jeu. Disciple de Francisco Maturana, le coach colombien inculque le toque à ses joueurs et il n’est pas rare de voir Anibal Godoy et Gabriel Gomez tenter des une-deux dans des petits périmètres au cœur du jeu. Alberto Quintero Medina et Edgar Barcenas sont souvent les deux milieux excentrés alors que le duo d’attaque devrait être constitué de Gabriel Torres, l’attaquant de Lausanne, et Blas Pérez. Même si Luis Tejada postule aussi. Il a l’expérience mais l’expérience de son âge (35 ans).

Leurs éliminatoires
Zone Concacaf
Tour final : 3e du groupe
13 pts, 3 v, 4 n, 3 d, 9 bp-10 bc
11.11.2016 : Honduras-Panama 0-1 (Fidel Escobar)
15.11.2016 : Panama-Mexique 0-0
24.04.2017 : Trinité-et-Tobago-Panama 1-0
28.03.2017 : Panama-Etats-Unis 1-1 (Gabriel Gomez)
8.06.2017 : Costa Rica-Panama 0-0
13.06.2017 : Panama-Honduras 2-2 (Blas Pérez, Roman Torres)
1.09.2017 : Mexique-Panama 1-0
5.09.2017 : Panama-Trinité-et-Tobago 3-0 (Gabriel Torres, Carlyle Mitchell c.s.c., Abdiel Arroyo)
6.10.2017 : Etats-Unis-Panama 4-0
10.10.2017 : Panama-Costa Rica 2-1 (Blas Pérez, Roman Torres)

Le coach
Hernan Dario Gomez
61 ans
Colombien
En poste depuis février 2014
« Nous voulions jouer avec les meilleurs, nous y voilà. Mes gars sont ravis d’affronter l’Angleterre et la Belgique. La barre est haute. On va travailler pour se montrer digne de cette Coupe du monde. »

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