Étranger

On refait le match Espagne-Italie

Oublions le 4-0 en finale de l’Euro et refaisons le face-à-face royal entre les deux derniers champions du monde. Alors, plutôt caffe latte ou sole à la plancha ?

■ LE POIDS DES COACHES

– Vicente del Bosque
Déjà, à la tête des Galactiques du Real, il avait révélé un flegme à toute épreuve. A la tête de la sélection championne d’Europe 2008, c’est avec la même « zénitude » que le coach a mené ses ninos sur le toit du monde, en Afrique du Sud, en 2010. Il a tout : l’expérience des grands rendez-vous, l’exigence dans la gestion des hommes, les compétences dans le jeu. Del Bosque à la tête de l’Espagne avant l’Euro, c’était 53 matches, 45 victoires, 2 nuls et 6 défaites. No comment.
Note : 10/10

– Cesare Prandelli
Bourreau de travail, celui qui s’était fait un nom en deux saisons à la Fiorentina, entre 2007 et 2009, a rapidement posé sa patte sur la Squadra. Guère impressionné à son arrivée au lendemain de la piteuse Coupe du monde 2010 (élimination au 1er tour, dernière place du groupe derrière la Nouvelle-Zélande), Prandelli a qualifié pour l’Euro une Italie invaincue en éliminatoires. De quoi s’asseoir sur quelques certitudes. « Je n’ai pas à improviser. Le travail que nous avons effectué est là et il a de la valeur. »
Note : 8/10

■ LE POIDS DES GARDIENS

– Iker Casillas
A notre gauche, San Iker. Casillas, recordman des sélections en équipe d’Espagne, capitaine du Real et de la Seleccion. Un monument du jeu, vénéré à Santiago Bernabeu où son statut se résume en trois lettres : « San ». Le meilleur gardien du monde ? Sans doute avec son adversaire du jour. En novembre dernier, il a détrôné Andoni Zubizarreta et ses 126 sélections. Casillas a débuté avec la Roja en juin 2000 contre la Suède. Il en était à 128 capes avant l’Euro. Et il était loin d’en avoir terminé.
Note : 10/10

– Gianluigi Buffon
A notre droite, Gigi. Buffon, quatre ans de plus et 113 sélections au compteur avant l’Euro. Révélé à Parme, il avait manqué la Coupe du monde 1998 en France en se cassant la main quelques semaines avant le début de la compétition. Buffon s’est bien rattrapé depuis en soulevant le trophée ultime en juin 2006 face aux Bleus. Le meilleur gardien du monde ? Aussi, avec son adversaire du jour toujours. Comme Casillas, l’Italien vient de finir la saison champion. Mais lui, en plus, a terminé invaincu avec la Juve !
Note : 10/10

■ LE POIDS DES MILIEUX

– Espagne
Intouchable dans ce secteur, l’Espagne regorge de talents à la fois semblables et complémentaires. Une denrée rare qui lui permet de mettre en place ce jeu que le reste de l’Europe et du monde lui envie. Xavi Hernandez, Sergio Busquets, Xabi Alonso, Andres Iniesta, Cesc Fabregas, Santiago Cazorla… Il y a du taureau dans l’arène ! Un bémol toutefois : à l’image du Barça qui a cédé en avril, certains dépositaires du jeu ont accumulé énormément de matches depuis quatre ans. L’addition peut payer dans un jour sans. Surtout face à l’Italie, peut-être la formation la plus redoutable dès qu’il s’agit d’appuyer là où ça fait mal.
Note : 9/10

– Italie
D’abord, il y a Andrea Pirlo. Le « pivote ». On se demande encore comment le grand Milan AC a pu le laisser partir. Meilleur joueur du Calcio, il est aussi, par son positionnement reculé sur le terrain, celui qui permet à Daniele De Rossi, Claudio Marchisio, Alberto Aquilani ou Riccardo Montolivo (qui a signé au Milan) d’évoluer plus haut au milieu. Au pressing comme dans les phases de possession, où la Squadra trouve toujours aussi bien et aussi rapidement la verticalité. Pirlo, c’est un Xavi italien. Un monument de plus dans ce duel de poids (très) lourds.
Note : 8,5/10

■ LE POIDS DES PALMARES

– Espagne
Trop longtemps vierge de titres ou presque (championne d’Europe 1964), la Roja a rattrapé le temps perdu ces dernières années. C’est dans la peau du tenant qu’elle débarquait à l’Euro 2012 et elle cumule les mandats. Champions du monde 2010, Iniesta et les siens en veulent encore. « C’est grisant », assurait le milieu du Barça. Une Coupe du monde et trois Euros, à présent. C’est très bien mais c’est encore un peu léger face à la Squadra, gloutonne à ses heures elle aussi. Ah, l’Espagne a également été championne olympique en 1992 à Barcelone !
8,5/10

– Italie
Quatre étoiles de championne du monde (1934, 1938, 1982, 2006) et un sacre européen (Euro 1968) : l’Italie n’a pas d’égale en Europe. Seul le Brésil la surpasse au palmarès mondial. Un palmarès comme le symbole de cette féroce allergie à la défaite qui habite la Squadra et qui recrée à chaque fois, dès qu’une phase finale débute, le même parfum. Un parfum qui dit : « Attention à l’Italie ! »
Note : 9,5/10

■ LA FORME

– Espagne
Ce n’était pas la grande forme avant l’Euro ! David Villa n’a pas joué au football depuis le mois de décembre (fracture de la jambe lors du Mondial des clubs), Carles Puyol ne retouchera le ballon qu’à la reprise (arthroscopie du genou début mai). Del Bosque a réservé, jusqu’au dernier moment, sa place dans les 23 à David Villa mais l’attaquant du Barça s’est résolu au forfait. Sans lui, l’Espagne a perdu le meilleur buteur de son histoire. Et une grosse tonne d’expérience en défense avec Puyol. On les a connus mieux. Et puis il y a l’usure, la fatigue mentale et physique de tous les autres.
Note : 7/10

– Italie
C’est Cesare Prandelli qui le disait avant le championnat d’Europe : « Le potentiel de l’équipe a diminué de 50%. » Giuseppe Rossi a rechuté après sa rupture des ligaments du genou. Antonio Cassano n’a repris la compétition qu’en avril, six mois après avoir été victime d’un malaise cardiaque. Et Mario Balotelli, recours en attaque, a davantage collectionné les cartons rouges que les matches complets. Pas folichonne, la feuille de route. Mais le coach assumait. « Je ne suis pas inquiet. » C’est vrai qu’il avait encore Alessandro Matri et Giampaolo Pazzini devant… mais les deux n’avaient plus joué en fin de saison à la Juve et à l’Inter !
Note : 5/10

Le verdict
Espagne, 44,5/50
Italie, 41/50

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