Équipe de France

Olympique de Marseille, foot, passion et rock’n roll (2)

Même si la claque monumentale reçue de la part du Paris SG a mis un sérieux coup sur les têtes, l’OM Champions Project a rallumé la lumière sur la cité phocéenne. Ça a l’air sérieux, ce n’est que le début et la lumière, à Marseille, est souvent plus chaude qu’ailleurs. Bienvenue dans un club pas tout à fait comme les autres…

L’OM Champions Project
« Droit au but. » Il s’y est repris à deux fois mais ses premiers mots furent deux fois les mêmes. Quand, pour sa première apparition publique, il s’est présenté aux côtés de Jacques-Henri Eyraud, Jean-Claude Gaudin et Margarita Louis-Dreyfus, fin août à l’hôtel de ville de Marseille, Frank McCourt a fait court. Le Bostonien, ancien proprio des Dodgers de Los Angeles (la franchise de baseball, pas le club de supporters marseillais), sait pourtant qu’il faudra du temps avant que le club retrouve une place dans l’élite du football européen. La gifle monumentale infligée par le PSG et, à une échelle plus large, l’incapacité chronique de l’OM de battre une équipe du Top 8 cette saison en championnat rappellent l’écart qui le sépare encore du haut de tableau national. Pas grave. D’après certains témoins, il était « abasourdi, sans voix », dans le carré présidentiel du Vélodrome devant la démonstration parisienne, le 26 février. Mais il avance et même s’il doit regretter le grand plan de communication auquel il s’était prêté tout au long de la semaine précédant le Clasico, il regarde plus loin.

Andoni Zubizarreta et Rudi Garcia pour démarrer les fondations
Dès le départ, le projet McCourt a mis l’accent sur la formation. Le constat, à l’OM, était clair : si elle n’était pas inexistante, il fallait tout transformer. L’éclosion de Maxime Lopez, qui a prolongé son contrat en février, arrive à point nommé pour fédérer l’idée. Les dirigeants sont maintenant devant le cas Boubacar Kamara (photo de Une), l’autre pépite du centre, celui que l’on appelle déjà « Thiago Silva » du fait de l’allure et de la sérénité qu’il dégage. Ce serait bien, pour défendre encore un peu plus ce volet, de le prolonger lui aussi.
L’arrivée d’Andoni Zubizarreta colle parfaitement à cette envie de développer les structures internes du club. « Zubi », c’est l’expérience de l’Athletic Bilbao et du Barça mais c’est aussi un réseau développé à l’international, une certaine façon de parler du ballon et une remise en question intéressante de sa part, puisque c’est la première fois qu’il exerce en dehors de son pays. Avec Rudi Garcia, les dirigeants ont opté pour un entraîneur assez jeune mais possédant suffisamment d’expérience pour mener à bien le développement d’une identité de jeu. Champion de France avec Lille, Rudi a confirmé ses qualités de manager à la Roma, un club détenu par un Américain, James Pallotta, champion NBA en 2008 à la tête des… Boston Celtics !

Sanson, Evra, Payet et Sertic pour lancer le ravalement
Même si Jacques-Henri Eyraud n’a eu de cesse de le répéter et le répète toujours d’ailleurs – « Le rendez-vous, c’est l’été 2017 » -, l’OM n’est pas resté les bras croisés cet hiver et McCourt a confirmé sa surface financière, enfin une certaine idée de celle-ci, en lâchant 45 millions d’euros durant le mercato de janvier. Morgan Sanson, l’un des meilleurs espoirs du foot français à son poste, Patrice Evra, l’expérience avec un grand « E », Grégory Sertic, la polyvalence avec un grand « P », et Dimitri Payet, le phare, ce n’est pas que clinquant. Au-delà du torrent de critiques qui a déferlé au lendemain, on y revient, de la gifle historique du 26 février, il faut noter la cohérence, un mot cher à Eyraud, et le côté sérieux du recrutement olympien cet hiver. Entre novembre et décembre, Rudi Garcia relevait au détour de ses conférences de presse « les bons échos » de Zubizarreta. « Pour le moment, j’ai l’impression que le projet apparaît très crédible parce que, d’après ce que me dit « Zubi », les gens qu’il appelle sont réceptifs et ont envie de venir. C’est un signe. » Le bras de fer avec West Ham a confirmé l’envie de Payet, qui ne voulait entendre parler que de l’OM, et la cohérence, on y revient, des dirigeants phocéens, qui étaient prêts à sortir le chéquier mais jusqu’à un certain point. Jamais ils n’ont donné l’impression de céder à quelque pression. Plutôt un signal positif pour les prochaines négociations à venir.

Le prochain mercato : LE rendez-vous
Frank McCourt a prévenu : « Serais-je prêt à dépenser 60 millions pour un joueur ? Oui. Mais ça ne veut pas dire que c’est notre objectif. Si nous déterminons ensemble que c’est la meilleure stratégie et le meilleur investissement pour parvenir à notre objectif, alors, la réponse sera oui. Mais si on ne le pense pas, on ne le fera pas. Ce qui est sûr, c’est que nous ne sortirons pas une somme pareille sur un joueur juste pour marquer les esprits ou faire je ne sais quelle opération marketing. Ça, c’est une mauvaise stratégie. » La cohérence n’est décidément pas que le pré carré de « JHE »… Alors, le prochain mercato ? On voit d’ici l’océan de rumeurs venir boucher le Vieux-Port, les noms se cogner, l’embouteillage à chaque entrée de la ville. Ce qu’on peut dire de manière certaine, c’est que les dirigeants olympiens (et c’est un desiderata de McCourt) se tournent prioritairement vers des joueurs français. Un agent disait fin décembre : « On entend beaucoup de choses à Marseille mais ça parle surtout d’internationaux français. »
Les quatre arrivées de janvier le confirment. Même si Tonton « Pat » n’est plus de première jeunesse, on peut noter que c’est le côté gauche des Bleus finalistes de l’Euro qui a déboulé à Marseille. Faut-il se tourner vers le château de Clairefontaine pour y deviner les prochaines recrues ? Steve Mandanda n’attend que ça. Là aussi, l’idée fait son chemin mais si le niveau du gardien de Crystal Palace n’est absolument pas remis en cause, si son retour au Vélodrome ne peut être qu’une plus-value par rapport à l’Albatros déplumé qui répond au doux nom de Pelé, il faudra peut-être mettre un frein, aussi, au rapatriement des anciennes gloires. Le contact a été établi avec plusieurs Bleus. C’est acté, certifié. Kevin Gameiro a été approché, c’est confirmé. Les priorités ? Un avant-centre, voire deux si Bafétimbi Gomis n’est pas conservé (la panthère est prêtée sans option d’achat par Swansea). Un milieu relayeur pour pallier numériquement le départ de Lassana Diarra ou deux, si William Vainqueur, qui souhaite rester, doit partir. Mais c’est surtout en défense que le chantier présente le plus d’urgences. Garcia a adoubé Hiroki Sakai. Le coach est convaincu par le niveau international du Japonais. Bon, il a le droit. En revanche, il va falloir construire une charnière centrale, quand bien même Grégory Sertic peut s’y glisser avec une certaine assurance, il l’a montré à de nombreuses reprises à Bordeaux. Mais Rolando et Rod Fanni dans l’OM Champions Project, ce n’est plus possible. Il y a eu les premiers coups de pinceau cet hiver. Le ravalement de façade est obligatoire cet été. Le cahier des charges est formel.

Vers un déménagement de la Commanderie
Rudi Garcia avait tiqué à son arrivée. Il n’en démord pas depuis : il se sent trop à l’étroit à la Commanderie. Mais les terrains qui la jouxtent ne sont toujours pas à vendre, au grand dam (depuis des années) du maire Jean-Claude Gaudin, et la nouvelle direction olympienne envisage sérieusement un déménagement à plus ou moins long terme. En fait, c’est toute une remise à plat de la stratégie immobilière qui est au centre des débats. Tiens, c’est drôle, c’est justement dans l’immobilier que McCourt a bâti sa fortune. La nouveauté, c’est que la mairie marseillaise serait encline à laisser des terrains constructibles à la disposition de l’OM, histoire de mieux faire passer la pilule de l’augmentation du loyer du Vélodrome qui devrait approcher les 8 millions d’euros par an à partir de la saison prochaine. Une idée renforcée par les derniers propos de Jacques-Henri Eyraud. « Oui, nous sommes dans la réflexion. Si vous comparez la Commanderie aux centres d’entraînement du Top 10 européen, voire même de quelques clubs français, on commence à être un peu à l’étroit. » En signant le closing, McCourt a promis à Margarita de ne pas toucher au nom du centre Robert Louis-Dreyfus. Il a tenu parole mais il regarde ailleurs.

L’OM veut (re)nouer les liens
Au-delà de la formation et de tout ce que cela comporte, les nouveaux dirigeants olympiens ont aussi la ferme intention de développer leurs relations avec les clubs alentours. McCourt et Eyraud ont déjà rencontré plusieurs dirigeants des clubs amateurs de la région. Avec une idée fixe : les séduire. Une première invitation a été lancée à l’attention de Air Bel, l’ASPTT, Aubagne, Burel FC, la Busserine, les Caillols, Consolat, Luynes Sport, Marignane, Gignac, l’AS Mazargues et le FC Septèmes. Début mars, un contrat de partenariat a été signé avec le Burel FC, le premier club de Maxime Lopez. Un symbole peut-être, juste un début, sans doute, mais certainement l’un des plus gros chantiers à mettre en place.

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