Équipe de France

Olympique de Marseille, foot, passion et rock’n roll (1)

Même si la claque monumentale reçue de la part du Paris SG a mis un sérieux coup sur les têtes, l’OM Champions Project a rallumé la lumière sur la cité phocéenne. Ça a l’air sérieux, ce n’est que le début et la lumière, à Marseille, est souvent plus chaude qu’ailleurs. Bienvenue dans un club pas tout à fait comme les autres…

Les origines
Fondé officiellement en 1899, l’Olympique de Marseille résulte de la fusion entre le Football Club de Marseille et le club d’escrime L’Epée. C’est René Dufaure de Montmirail, qui avait déjà créé le FC Marseille deux ans auparavant, qui en est à l’origine. Il lègue au nouveau-né la devise de l’ancienne entité : « Droit au but. » Une incertitude demeurera pourtant quant à l’année de naissance véritable du club : le papier à en-tête et les cartes de membres afficheront longtemps l’intitulé « Fondé en 1892 ». Mais le club a bien fêté son centenaire en 1999. Aucune remise en cause de la devise, en revanche.

Le doublé de 1972 : Equipe de choc, duo de rêve
Installé de nouveau parmi les places fortes du foot français, l’OM de Marcel Leclerc, son président omnipotent des sixties, associe les talents individuels au service du collectif. C’est le temps du duo magique Josip Skoblar-Roger Magnusson, à jamais gravé dans la mémoire collective marseillaise. Avec, d’un côté, Josip Skoblar, la machine à marquer (151 buts, trois fois meilleur buteur du championnat) et, de l’autre, Roger Magnusson, le dribbleur fou, fer à repasser des défenseurs, machine à passer des ballons. En or, souvent, les ballons. L’OM de 1972, c’est aussi une armada, renforcée depuis peu par deux Stéphanois, Georges Carnus dans les buts et Bernard Bosquier en défense centrale. Deux piliers de l’équipe de France. Résultat : meilleure défense (37 buts encaissés en 38 matches) et deuxième meilleure attaque, avec un Skoblar une nouvelle fois meilleur buteur du championnat (30 buts). Pour fêter leur titre de champion, les Phocéens montent sur Paris pour disputer la première finale de la Coupe du France, dans le tout neuf Parc des Princes. Skoblar, toujours lui, et Didier Couécou offrent le doublé aux Provençaux contre Bastia. On oublie le pastis, on sort le champagne.

Le doublé de 1989 : Les hommes du président
Ça fait trois ans maintenant que Bernard Tapie est président et l’OM n’a toujours rien gagné. Nanard fait, comme à chaque intersaison, du Nanard, et c’est encore un vaste remue-ménage. Franck Passi, Bernard Genghini, Alain Giresse, William Ayache, Jean-François Domergue et Patrice Brisson sont partis. Philippe Thys, Bruno Germain, Eric Di Méco, Franck Sauzée, Gaëtan Huard, Eric Cantona et Philippe Vercruysse sont arrivés. L’OM pointe à six longueurs du PSG à la trêve mais les hommes de Gérard Gili – que Tapie a nommé après… deux journées de championnat à la place de Gérard Banide – vont tout renverser au printemps. Jusqu’au 5 mai, en fait, et cette 35e journée décisive avec la venue des Parisiens au Vélodrome. La finale pour le titre ? Oui, Paris arrive avec un point d’avance sur l’OM. Il reste quelques ballons à jouer quand Amara Simba a la balle du titre au bout du pied. Mais Gaëtan Huard s’interpose et relance vite. Sur le contre, Franck Sauzée décoche une mine des trente mètres. 1-0 pour l’OM, le Vélodrome devient incandescent. Un doublé de Jean-Pierre Papin offre le titre contre Auxerre quinze jours plus tard. Et « JPP », toujours lui, s’en va marquer un triplé et l’histoire en finale de la Coupe de France contre Monaco. OM-Monaco, un 4-3 d’anthologie, la bise à François Mitterrand et des lettres d’or sur ce chapitre-là.

Les champions d’Europe de 1993 : Le sacre de Munich
Deux ans après les larmes de Basile Boli au stade San Nicola de Bari, l’OM touche son Graal sur la pelouse de l’Olimpiastadion de Munich, qui était donc plus beau en mai que Bari. C’est le jour de gloire des Olympiens, à jamais le premier sacre d’un club français – les supporters le rappellent assez souvent pour qu’on s’en souvienne -, qui dominent l’ogre milanais et son équipe de la Scala, emmenée par Marco Van Basten, Franco Baresi, Frank Rijkaard et… Jean-Pierre Papin, Ballon d’or passé dans le camp d’en face. Remplaçant au coup d’envoi, « JPP » entre, s’offre même une possibilité en fin de match mais se cogne contre le mur Fabien Barthez. Auparavant, Basile Boli s’est élevé plus haut que Rijkaard à la réception de ce fameux corner tiré par Abedi Pelé. Didier Deschamps soulève le trophée. L’OM est champion d’Europe. Le retour à Marseille est d’une effervescence rare. Trois jours plus tard, avec plus de champagne que d’acide lactique dans les guiboles, les Olympiens marchent sur le PSG en championnat. Un but de dingo de Basile Boli, une tête en dehors de la surface après une série de cinq passes sans que le ballon touche le sol. La force était avec eux. Dommage que cette équipe-là n’ait pas pu disputer la Coupe Intercontinentale. Dommage qu’elle ait explosé à la suite de l’affaire VA-OM. Pour Marseille, la chute s’annonce en fait terrible.

2010 : Retour de flamme
Un an jour pour jour après l’officialisation de son arrivée sur le banc, Didier Deschamps ramène l’OM tout en haut de l’affiche. Déjà, fin mars, les Marseillais ont enrichi leur palmarès en remportant la Coupe de la Ligue. Cela faisait dix-huit ans que le club n’avait rien gagné. Deschamps en parlait sans cesse comme d’une « anomalie ». La voilà réparée. Mieux, les Olympiens vont au bout de leur défi quelques semaines plus tard. Sous une pluie qui n’avait rien de marseillaise, la victoire contre le Stade Rennais officialise l’obtention du titre. Comme un symbole, c’est le génial Argentin Lucho Gonzalez qui marque le but du 3-1, le libérateur, celui qui fait basculer l’histoire, sur la pelouse du Vélodrome. Lucho, la star réclamée par « DD » lors de son arrivée un an plus tôt. Le cadeau de bienvenue de Robert Louis-Dreyfus en forme de cadeau d’adieu, « RLD » étant décédé en juillet 2009. Après quinze ans à la tête du club – et plus de 200 millions d’euros déboursés -, il n’est pas là pour voir ça. Une équipe à la Deschamps, avec des vieux grognards (Gabriel Heinze, Djibril Cissé), des murs bien maçonnés derrière (Steve Mandanda, Stéphane Mbia, Souleymane Diawara), de la vitesse et de la technique (Mathieu Valbuena, Mamadou Niang, Lucho Gonzalez). Une équipe de champions, quoi. Avec une énorme envie.

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