Équipe de France

Olivier Giroud : « Arsenal, c’est une famille »

Laissé sur le banc en début de saison à Arsenal puis blessé, l’avant-centre des Bleus n’a pas vécu l’été le plus indien de sa carrière. Mais depuis deux mois, Olive is back et ça se voit : il ne s’arrête plus de marquer et vient de prolonger. So British, Mister Giroud !

PLANETE FOOT : L’année 2017 commence sous les meilleurs auspices pour toi. D’abord, un but de dingo puis la prolongation de ton contrat à Arsenal. Alors, heureux ?
Olivier GIROUD :
Heureux et fier. Pour moi, c’est la continuité d’un travail de plusieurs années. Je suis très content de tout ce que j’ai pu accomplir dans ce club mais j’ai encore envie de progresser.

PF : C’est-à-dire ?
O.G. :
Il faut toujours regarder vers le haut. Il y a toujours de la place pour s’améliorer. Dans mon jeu, à titre individuel comme dans le collectif. Nous voulons gagner encore plus de titres. Arsenal, c’est une famille.

PF : T’arrive-t-il quand même de regarder en arrière, de voir le chemin parcouru ?
O.G. :
Bien sûr. C’est aussi pour cela que je ressens de la fierté de poursuivre ici. J’ai débarqué sur la pointe des pieds. J’avais l’ambition de m’imposer mais je savais d’où je venais. D’ailleurs, je sais toujours d’où je viens. C’est quelque chose qu’il ne faut jamais oublier.

PF : Au-delà de cette prolongation, il y a aussi ton efficacité presque mathématique depuis que tu es de retour, après une première moitié de saison plus pénible. Tu n’as jamais douté ?
O.G. :
Ce n’est pas évident de repartir en début de saison quand on sort d’une phase finale. A fortiori de l’Euro qui nous a procuré tellement d’émotions mais qui nous a aussi pompé de l’énergie. Il fallait couper mais la remise en route est toujours plus délicate. Et puis je me suis blessé. Ce n’était pas facile. Mais je suis bien revenu, je suis content de ça.

PF : Te voilà « accroché » à Arsenal. A vie ?
O.G. :
Finir ma carrière ici ? Il y aurait pire. A la fin de mon contrat, j’aurai 33 ans. Je n’y pense pas encore. Tant que mon corps me laisse tranquille…

PF : Giroud Gunner, ça colle bien. C’est le « GG » de Londres…
O.G. :
Pour être tout à fait honnête, je ne me voyais pas signer ailleurs. J’avais depuis longtemps cette volonté de prolonger. Le fait que cela se passe en même temps que Kos’ (Laurent Koscielny) et Francis (Coquelin), c’est à la fois très sympa et révélateur. Parce que j’espère que d’autres vont nous suivre encore. J’aime ce club, j’aime la Premier League. C’était la meilleure décision pour moi.

PF : Un championnat taillé pour ton jeu et ton gabarit. Comment le juges-tu ?
O.G. :
Pour moi, c’est le meilleur. Je prends beaucoup de plaisir dans mon travail au quotidien et sur le terrain, en match.

PF : Et le coach ? Arsène Wenger est en fin de contrat, lui, en fin de saison…
O.G. :
On est tous sur la même longueur d’ondes. On espère qu’il va rester.

PF : Pourtant, pour en revenir à ton cas personnel, tu n’as pas toujours eu la partie facile ici. On parle régulièrement d’un grand buteur en approche, il y a la concurrence d’Alexis Sanchez qui jouait avant-centre en début de saison…
O.G. :
Pour moi, la concurrence rend plus fort. C’est évident. Elle nourrit le quotidien, te permet d’avancer. Si tu te trouves dans une zone de confort, que tu commences à le penser, tu ne donnes plus le meilleur de toi-même et c’est déjà trop tard. Qu’il y ait des noms qui sortent, c’est tout à fait normal. Nous sommes à Arsenal. Chaque période de mercato apporte son lot de rumeurs ou d’infos. Moi, je fais avec et je reste focalisé sur l’équipe. Il faut toujours montrer que tu mérites ta place. Donc, donner le meilleur.

PF : Dans quels domaines penses-tu devoir encore progresser ?
O.G. :
Partout ! C’est une question d’état d’esprit. Bon, je veux vraiment améliorer mon jeu de tête parce que je suis sûr que je peux aller plus loin encore. C’est une question de feeling, autant que de duel. Se trouver au bon endroit au bon moment. C’est un tout, il faut la détermination, le bon comportement et le bon déplacement. Etre en rythme par rapport au déroulé de l’action, pour justement trouver ce bon endroit et ce bon moment. J’aime quand je marque un but de la tête parce que j’ai cette sensation de n’avoir rien manqué.

PF : L’objectif, aujourd’hui, tu le situerais où ? Remporter des titres ? Gonfler encore tes stats ?
O.G. :
C’est tout ça à la fois mais disons que, pour résumer, je recherche la régularité. Toujours se placer dans la progression. Je sais ce dont je suis capable. Je suis content de ce que j’ai fait mais je veux encore me prouver des choses.

PF : Pour toi, le modèle à suivre se nomme-t-il toujours Jean-Pierre Papin ?
O.G. :
Oui. J’étais fan de lui quand j’étais jeune. Je regardais tous ses buts, chaque week-end, et je me disais ça, justement : on avait l’impression que c’était simple. Le mec se trouvait toujours là où il le fallait, quand il le fallait. Depuis gamin, je tente tout un tas de papinades. Bon, le scorpion, ce n’en est pas vraiment une… Mais dès que je peux tenter un ciseau ou une volée, j’adore !

PF : Au-delà de ces aspects de pur buteur, comment définirais-tu ton jeu d’attaquant par rapport à ton équipe, en Premier League, dans ces défenses de mammouth ?
O.G. :
Je suis, avant toute chose, en point d’appui. J’essaie soit de conserver le ballon pour permettre au bloc de remonter, soit de jouer en déviation quand l’action l’autorise et qu’on met de la vitesse. Oui, il faut aller au duel sur les dégagements, jouer avec son corps. Ça fait partie de mes qualités, je pense. En revanche, ça ne pardonne pas dans le sens où si tu n’es pas au top physiquement, tu te retrouves tout de suite à la ramasse. En Premier League, tu ne peux pas te cacher ! Tu le vois très vite dans un match. Tout de suite, même.

PF : Le duel, on y revient. N’est-ce pas usant, à la longue, physiquement ?
O.G. :
J’aime cette idée de duel parce que c’est toujours correct et dans un esprit fair-play. A la fin du match, on se serre la main et on se dit « Good game. » C’est toujours dans le bon état d’esprit. Je pense à Gary Cahill, à Chelsea. Avec lui, c’est une bataille, très physique, il est très fort, joue très bien avec son corps. Mais j’adore me mesurer à lui. Usant ? Peut-être, oui, par rapport à l’exigence du physique, mais on s’en rend moins compte parce qu’on vit dedans.

PF : Aujourd’hui, si on te dit que tu es vraiment devenu un « joueur anglais », tu réponds « yes » or « no » ?
O.G. :
Quand je suis arrivé à Arsenal, j’ai souvent répété que c’était à moi de m’adapter. C’est la clé quand tu découvres un nouveau pays. Aujourd’hui, je conduis avec le volant à droite, je mange du cheesecake. Je suis heureux dans ma vie londonienne. C’est hyper important. Ma famille se sent bien ici, épanouie. Nous nous sommes adaptés à la vie et à la culture locales.

PF : Perdre en finale de l’Euro au Stade de France, on s’y adapte comment ?
O.G. :
Ça a été difficile, forcément. Sur le moment, j’ai craqué. Maintenant, on reste fiers de ce qu’on a réalisé et il faut regarder devant. On est bien partis mais se qualifier pour un Mondial, ce n’est jamais évident et ce sera long.

PF : A titre personnel comme collectif, comment avez-vous basculé après l’Euro, sur cette qualif pour la Coupe du monde ?
O.G. :
En étant conscients du beau truc qu’on avait réalisé. On était attendus au tournant et on a assumé notre statut. Pour ça, nous sommes contents. Mais le foot, c’est un éternel recommencement. On doit se qualifier. On doit disputer la prochaine Coupe du monde. Il y a une nouvelle page à écrire en équipe de France. Il ne faut pas tomber dans un excès de confiance, s’endormir sur nos lauriers.

PF : Les Bleus paraîtraient presque en phase de progression depuis l’Euro. Est-ce que tu valides, comment le ressens-tu et comment te sens-tu dans le groupe aujourd’hui, avec tes 21 buts en 59 sélections ?
O.G. :
On est sur une bonne dynamique malgré cette finale perdue contre le Portugal. On reste sur de bons matches, avec beaucoup d’efficacité, du rendement. Ça se voit qu’on vit bien ensemble. Je me sens très bien et il existe une vraie cohésion d’équipe. Après, à mon poste, j’engrange de la confiance avec les buts qui sont là. Il faut que la série continue.

Encadré
A savoir

Le 1er janvier, Olivier Giroud a ouvert 2017 en marquant « le but de l’année » contre Crystal Palace. Un contre de 80 mètres et une reprise de volée à l’envers, les talons en l’air, qui file droit sous la barre. Le coup du scorpion en vrai. « Je pars au premier poteau et Alexis Sanchez me donne le ballon un peu derrière moi. Je tente le coup, j’essaie de le reprendre avec le talon et j’ai une réussite maximale. J’étais en plein déséquilibre, c’est vraiment la réussite, là. Dans cette position, il n’y a rien d’autre à faire. C’est mon plus beau but, je crois. » Sa réaction en disait long, en tout cas.

Populaires

To Top