Étranger

Neymar, la nouvelle star

Le prodige de Santos a choisi la Catalogne qui a déboursé 57 millions d’euros pour se l’offrir. Il joue avec Lionel Messi. Mariage rêvé. Mariage de rêve ?

Son avion s’est posé avec une petite heure de retard mais il en aurait fallu bien plus pour que l’affaire capote. Un aller-retour éclair avant d’affronter l’Angleterre dans le nouveau Maracana le 2 juin. A un an de la Coupe du monde au Brésil, Neymar a signé au Barça. L’homme à la crête joue avec Lionel Messi et, à l’heure où les grandes manœuvres « parigo-monégasco-londonico »-mancuniennes font tourner les têtes, le chèque rempli par Sandro Rosell (57 millions) pour un contrat de 5 ans change tout, à lui seul. Le prodige brésilien, qui avait croisé la route du Barça une fois, lors du Mondial des clubs en décembre dernier, rêvait en blaugrana. Le Barça, lui, rêvait du phénomène. Vu d’ici, les mariés avaient tout pour s’entendre. Et le mariage semble avoir tout pour plaire.
Marqué par l’affront subi face au Bayern Munich en demi-finale de la Ligue des champions (0-4, 0-3), les Catalans ont envoyé là un signe fort au reste du monde. Pour une équipe en fin de cycle, la régénération se fait in vitro. Avion retardé mais aucune modification de planning. Tout était minuté et étudié. Il ne fallait rien changer. Transfert direct vers l’hôpital pour la visite médicale avec l’escorte habituelle – des dizaines de photographes et de fans en chaleur – puis arrivée au Camp Nou où la température monta encore de quelques degrés. Conférence de presse, vidéo et tutti quanti : le Barça a mis les petits plats dans les grands à l’intérieur de l’auditorium. Mais c’est au-dessus ou du moins dehors que les choses sérieuses doivent avoir lieu. Plus de 50 000 socios ont en effet pris d’assaut les tribunes du Camp Nou, ouvertes pour l’occasion. Plus de monde que pour la présentation officielle de Zlatan Ibrahimovic en 2009.
Le kid (il n’a que 21 ans) fend le tunnel à 18h36 très précises. Neymar surgit au milieu du cratère. Ballon sous le bras et maillot rayé blaugrana sur les épaules. Comme un rêve qui se réalise pour beaucoup de supporters catalans, euphoriques à l’idée de voir le prodige associé à Lionel Messi. Le Brésilien vit à cet instant-là un moment inoubliable. « J’ai fait beaucoup d’efforts pour ne pas pleurer quand le Camp Nou m’a applaudi. Me retrouver ici, dans ce stade que j’ai vu si souvent à la télévision, est mon rêve et pas seulement celui d’aujourd’hui. C’est mon rêve depuis que je suis tout petit. » Un rêve sans numéro, comme son maillot, mais avec un nom bien distinct déjà, floqué en haut du dos : Neymar Jr (son nom complet est Neymar da Silva Santos Junior).

« Je ne me préoccupe pas d’être le meilleur. Le meilleur est ici et c’est Messi »
Quelques jongles, passage obligé, un tour de stade et quelques mots en catalan s’il vous plaît : « Visca Barça » (Vive le Barça). Séducteur, en plus. Neymar a hérité du n°11. Mais pas du 10. « Je ne me préoccupe pas d’être le meilleur. Le meilleur est ici et c’est Messi. Je suis heureux de pouvoir jouer avec lui. Je remercie Dieu de pouvoir évoluer avec de grands joueurs. Je vais pratiquer mon propre football, essayer de m’adapter le plus vite possible. Je suis convaincu que tout va bien se passer. Je ne veux pas choisir une position, je veux seulement jouer. La question est de savoir comment se partager les zones du terrain. »
Volontiers dithyrambique à l’égard de ses nouveaux coéquipiers, Neymar se souvenait aussi de la leçon prise avec Santos, en décembre dernier, en finale du Mondial des clubs (victoire du Barça 4-0). « Ah oui… Ce jour-là, nous avons pris une claque dont je me rappelle encore. Mais ce qui m’a le plus impressionné, c’est la simplicité du jeu du Barça. Tout le monde était tendu vers un même objectif, en même temps. C’était beau. Le Barça avait laissé bouche bée tout le monde. Les supporters et les journalistes catalans présents sur place mais aussi, nous, les joueurs de Santos ! »
A lui de jouer maintenant ! « Je suis très heureux de vivre ce rêve, je suis ému, j’ai tant de personnes à remercier… J’ai retrouvé des gens que j’admire depuis longtemps, comme Xavi et Iniesta. Je veux apporter beaucoup de joie. Je pense que c’était le bon moment pour rejoindre l’Europe. Voir que le Real et le Barça me voulaient m’a fait plaisir. J’ai suivi mon cœur en signant ici. » Aux côtés de Messi l’Argentin mais dans le sillage, aussi, de Romario, Rivaldo, Ronaldo et Ronaldinho, ses illustres prédécesseurs sur l’Avenue Diagonal. « Les imiter, pourquoi pas ? Mais être comparé à eux, non. Ils ont écrit une telle histoire… Moi, je commence seulement à écrire la mienne. J’espère pouvoir marquer le club de mon empreinte. »
Avec un contrat de 5 ans, il a un peu de temps devant lui : il est le joueur de moins de 23 ans le plus cher du monde et sa clause libératoire est fixée à 190 millions d’euros.

Vilanova : « Il a fait le choix d’un projet sportif »
L’ex-coach catalan s’est félicité de l’arrivée de Neymar dans l’équipe : « Lorsque le Barça s’est fixé sur lui, d’autres clubs ne le connaissaient pas et c’est ça qui a fait pencher la balance. Je veux féliciter le club pour le travail réalisé pour ce transfert mais je veux aussi féliciter le joueur pour avoir fait le choix d’un projet sportif. Il va nous apporter des choses, même s’il faut aussi prendre en compte ceux qui sont ici et qui nous ont fait grandir. Mais on va l’aider pour qu’il s’adapte en Europe et qu’il devienne encore meilleur. »

Les dessous du transfert
Barcelone avait signé une sorte de bon de réservation avec Santos, le club de Neymar. En échange d’une avance de 10 millions, les Catalans s’offraient la priorité sur le joueur jusqu’en 2014 et la Coupe du monde au Brésil. Une option sur la marchandise levée un an avant le Mondial, finalement. C’est Josep Maria Bartomeu, le vice-président barcelonais, qui a communiqué les chiffres officiels du transfert en marge de la présentation de Neymar. Et ça vole haut. L’attaquant brésilien a coûté 57 millions d’euros au total d’euros au Barça. A la différence de ce qui se passe en Europe où le club est le seul propriétaire du joueur, on est plusieurs à manger du même gâteau en Amérique du Sud. Pour Neymar, la somme se répartit entre trois propriétaires : 55% pour Santos, 40% pour le fond d’investissement DIS et 5% pour le groupe Teisa (Terceira Estrela Investimentos). A l’arrivée, cela fait bien 100% sauf qu’il faut encore introduire NetN dans la transaction, la société de conseil sportif du père de Neymar, qui gère la comptabilité du fiston !

Neuf millions d’euros s’il n’est pas blessé
L’attaquant brésilien touchera touche cette saison un salaire fixe de 7 millions d’euros auquel s’ajoutent 2 millions variables en fonction des performances de l’équipe. Ainsi, Neymar empochera 1 million supplémentaire si le Barça franchit le deuxième tour de la Ligue des champions et un autre million s’il dispute 40% des matches de l’exercice 2013-14. Avec la faible probabilité de voir le Barça sortir dès la phase de poule de la C1, on peut affirmer en toute tranquillité que Neymar va encaisser 9 millions d’euros si aucune blessure ne l’éloigne des terrains pendant plusieurs mois. Jolie fiche de paie à 21 ans. Et tout cela franco de primes !

C’est Ronaldo qui gère son image
Neymar a dépassé les 22 millions d’euros de gains en 2012, ce qui le place dans le Top 5 des footballeurs les mieux payés au monde. Des revenus qui proviennent essentiellement de contrats publicitaires. Il faut dire que tous les annonceurs se l’arrachent au Brésil : en novembre 2012, il est passé plus de mille fois dans un spot de pub à la télé brésilienne ! Un géant bankable dont l’image est gérée par 9ine, une société de communication créée par… Ronaldo.

Neymar en chiffres
– 139 buts en 236 matches de club
– 56 buts en 110 matches de championnat
– 26 buts en 42 sélections

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