Équipe de France

Nabil Fekir : « Je suis un gros bosseur »

Elu meilleur espoir du championnat 2014-15, Nabil a découvert la Ligue 1, les lumières et l’équipe de France en quelques mois. Beaucoup mais pas trop…

PLANETE FOOT : Meilleur espoir du championnat, ça fait chaud au cœur, ça donne envie d’en faire davantage ou ça met encore plus de pression ?

Nabil FEKIR : C’est beaucoup de bonheur. Je suis très content d’avoir remporté ce trophée. J’en profite pour redire un grand merci à tous ceux qui ont voté pour moi, à mes coéquipiers, à tout le staff de l’OL, sans qui je n’aurais pas gagné ce prix. Et je le dédie à tous mes proches, à ma famille, qui est toujours près de moi.

PF : Pour une première saison en Ligue 1, t’attendais-tu à autant de succès ?

N.F. : C’est avant tout l’aventure collective de l’Olympique Lyonnais qui a fait que je me suis retrouvé en première ligne. C’est vrai que j’ai un bon bilan, je n’aurais pas pu imaginer ça. On a fait de très belles choses, j’ai fait de très belles choses mais je considère tout cela comme le fruit du collectif. Ce n’est pas moi qui ai fini 2e du championnat, c’est l’OL.

PF : Avec un duo Fekir-Lacazette de feu…

N.F. : Ce qu’Alexandre a réussi, le nombre de buts qu’il a marqués, c’est aussi une énorme satisfaction. C’est vrai qu’on s’entend bien. Sur le terrain, on a une relation privilégiée dans le sens où on se comprend. Dans les appels, les contre-appels, les courses. C’est important parce que ça permet de gagner du temps.

PF : Avec une grande nouveauté pour couronner le tout, ton arrivée en équipe de France après pas mal de bruit autour de ton choix de sélection (courtisé par Christian Gourcuff et la sélection nationale d’Algérie, Nabil a choisi, en mars, de porter le maillot bleu). Que retiens-tu de ces premiers pas à Clairefontaine ?

N.F. : Cela a été quelque chose de fantastique. Clairefontaine, j’y étais déjà venu avec les Espoirs mais là… Disons que c’est une autre dimension. Il y a eu un peu d’émotion, j’étais très fier. Après, je suis arrivé comme à chaque fois quand je ne connais pas trop : je suis quelqu’un d’assez simple et d’un peu timide…

PF : Comment s’est passée ton intégration ?

N.F. : Super bien. Vraiment, c’était conforme à ce à quoi je m’attendais, vu ce que m’avaient expliqué les gars qui connaissaient déjà le truc (ndlr : Clément Grenier, Maxime Gonalons, Lacazette, Christophe Jallet…). Tout le monde est venu vers moi, chacun a fait en sorte que je me sente le mieux possible. Il y a eu le bizutage, qui a été un peu chaud, mais sinon, tout a été nickel. Dès que je suis arrivé, Karim Benzema est venu me parler. Il m’a dit qu’il voulait m’aider à m’intégrer dans le groupe. Je sais que je peux m’appuyer sur lui. Et puis j’étais en chambre avec Alexandre (Lacazette). Ça facilite les choses, bien sûr.

PF : Tu as chanté quelle chanson avant de te mettre à table ?

N.F. : « Ma direction » de Sexion d’Assaut.

PF : Tu voulais grappiller quelques minutes de temps de jeu et au final, tu as pris part aux deux rencontres de mars contre le Brésil et le Danemark. Il y a pire pour des débuts, non ?

N.F. : Oui, c’est clair. Même si nous avons perdu contre les Brésiliens et que ce n’était donc pas vraiment la fête. Je me suis rendu compte dès le premier soir que la défaite était quelque chose à bannir avec les Bleus. Au final, même si je ne m’attendais pas à avoir beaucoup de temps de jeu, je suis très satisfait. De toute façon, je ne prétends pas à un poste de titulaire, je sais qu’il y a des joueurs de top niveau en équipe de France. C’est à moi de tout faire pour essayer de gagner ma place. Mais je suis un gros bosseur.

PF : Sur la pelouse, on a vu un Nabil Fekir libéré et plutôt convaincant. As-tu conscience d’avoir réussi tes débuts d’international ?

N.F. : J’essaie toujours de ne pas me mettre la pression. Jouer mon jeu, c’est ce que je sais faire de mieux. On a toujours envie de montrer de quoi on est capable. Mais quand je suis arrivé à Clairefontaine, j’ai vu qu’il y avait beaucoup de grands joueurs. Forcément, il y a une pression qui s’installe.

PF : Avec le recul, penses-tu avoir bien géré ces premiers moments de tension autour de ton nom et de ton cas personnel ? T’ont-ils fait grandir ?

N.F. : Je suis quelqu’un de posé, je pense que j’ai la tête sur les épaules. C’est vrai que tout s’est un peu emballé autour de mon choix de sélection. J’ai conscience d’avoir vécu un tournant, j’étais plus soulagé après. Au moins, les choses sont dites, il n’y a plus de débat là-dessus. Les médias ont beaucoup parlé mais mon choix est réfléchi et définitif. Les choses sont très claires : je suis fier et heureux d’avoir rejoint la sélection française. Maintenant, il faut savoir relativiser. De toute façon, j’ai mon entourage qui est là pour ça. C’est à moi de bien travailler pour continuer ma progression et pour revenir régulièrement en équipe de France. Il ne faut pas s’enflammer.

PF : Ça va très vite, quand même, non ?

N.F. : J’en ai conscience. Je sais que les choses sont allées extrêmement vite pour moi. Mais je dois rester calme et garder les pieds sur terre. Même pour des garçons comme Raphaël Varane ou Paul Pogba, cela a été moins rapide. Ils évoluaient chez les professionnels depuis plus longtemps. Tous les deux sont des exemples à suivre pour moi.

PF : Ton profil, a fortiori gaucher, est plutôt une denrée rare. As-tu conscience d’avoir une carte à jouer en vue de l’Euro 2016 ?

N.F. : C’est une échéance importante qui arrive et je suis comme tout le monde, j’ai envie d’y participer. Oui, il s’agit d’un objectif. Tout joueur doit être ambitieux. Mon profil ? Je ne sais pas, je vais essayer de m’imposer. Je suis un joueur de percussion, plutôt dribbleur. Mais il y a de tels joueurs en sélection… Je suis conscient qu’une carrière se construit par étapes. Je suis sûr aussi que l’équipe de France a les moyens de gagner à nouveau des titres.

Populaires

Presse magazines

Société d’Édition de Sites Internet Musicaux et Sportifs

Vélo Tout Terrain Planète Cyclisme City Ride Ride it

© 2017-2018 Editions Blue Print / SESIMS

To Top