Équipe de France

Morgan Amalfitano, l’autre Ribéry

Morgan Amalfitano comptait parmi les meilleurs éléments du championnat l’an dernier. Libre, il s’est engagé à Marseille. Gros plan sur l’ex-poisson pilote des Merlus et compère de luxe de Kevin Gameiro, aujourd’hui en eaux troubles du côté de la Canebière.

Son jeu ? De l’insouciance, du dribble, de la première intention et une envie féroce, presque maladive, d’aller vers l’avant. Son profil ? Plutôt dans la force de l’âge (26 ans depuis le 20 mars), une reconnaissance tardive après quelques saisons de L2. Question portrait-robot, on n’est pas loin d’un certain Ribéry, Ti’ Francky sur le livret de famille, devenu Kaiser en Bavière. Durant la saison écoulée, les accointances se remarquaient jusque sur les pelouses où son comportement balle au pied et sa silhouette de dribbleur et de perforateur creusaient des brèches irréversibles dans les défenses de Ligue 1.
Amalfitano-Ribéry, les silhouettes se répondent mais la génétique s’arrête là. Lui est un homme du Sud. Niçois de naissance, il a fait ses classes au centre de formation de l’AS Cannes. « Promo Gaël Clichy, Julien Faubert et Hamed Namouchi. »
Morgan met le cap au Nord pour découvrir le monde pro dans la peau d’un Sanglier, en L2. Repéré par Sedan, il se meut chef de horde dans les Ardennes. Rapide, bon dribbleur, Morgan participe activement à la remontée des Verts et Rouges parmi l’élite en 2006. Sedan ne fait qu’un bref passage en L1, Amalfitano y laisse pourtant déjà son empreinte. Pas encore génétique. Juste comme ça.
A l’été 2007, son nom résonne du côté de Nice, bien sûr, où on pense fort au retour de l’enfant du coin. A Bordeaux, Monaco, à Auxerre aussi, tous « morgan » de lui. Mais l’animal ne quitte pas la forêt ardennaise. Nouvelle saison en L2. Encore plus de matches (35) mais toujours pas de but. C’est à Lorient, finalement, qu’il s’engage pour de bon en Ligue 1, en 2008, avec un contrat de 3 ans à la clé. En Bretagne, le sanglier se mue en poisson pilote. Au milieu toujours, aux côtés de Fabrice Abriel (la première saison), ou plus vers l’avant déjà puisque Christian Gourcuff apprécie son profil de joueur de rupture, « celui qui fait la dernière passe ».
L’intéressé lui donne raison et sort l’attirail du parfait joueur complet. Celui qui plaît à Gourcuff père. Qui plairait à tous les coaches. José Anigo, évoquant son nom à l’approche de la période des transferts 2011, déclarait : « Oui, tout le monde sait que j’adore ce joueur. Mais qui ne l’aime pas ? »
Durant l’été 2010, la qualification pour la Ligue des champions en poche, Jean Fernandez en avait sa priorité de recrutement. Tout était bouclé, comme le rappelait Loïc Féry, le président des Merlus, en janvier. « Auxerre avait mis le prix pour le recruter, nous avions accepté la proposition. Mais finalement, il a préféré rester au club. C’est une sacrée marque de confiance. »
Fidèle, Morgan. Des regrets ? Pas vraiment. La saison passée, il a disputé tous les matches de Lorient en championnat ! Joueur le plus utilisé par son coach, il pointait dans le peloton des forçats des pelouses. Seuls Adama Coulibaly (Auxerre) et cinq gardiens (Elana, Penneteau, Sorin, Landreau et Mandanda) jouaient 6 minutes de plus que lui. Une performance qu’il faut remettre en perspective par rapport à son poste : milieu offensif ou attaquant. Christian Gourcuff confiant : « Physiquement, il n’y a pas de problème. C’est un garçon qui a beaucoup de jus et de tempérament. Mais ce n’est pas que ça. Il est aussi capable de jouer à une touche de balle. Il sait trouver les espaces, il voit vite les lignes de passe et il est toujours intelligent dans ses déplacements. »
En marge de ce portrait plus que flatteur, on peut ajouter son important travail défensif puisqu’il ne rechignait jamais à redescendre à hauteur de sa propre surface de réparation pour défendre, même lorsqu’il évoluait en second attaquant. Le duo formé avec Kevin Gameiro à la pointe de l’attaque des Merlus était le plus prolifique de L1. C’était le dernier passeur préféré du néo-Parisien. L’un des joueurs les plus insaisissables du championnat, l’un des meilleurs tireurs de coups de pied arrêtés aussi se classait deuxième passeur de L1 derrière Marvin Martin.
Forcément, la probabilité de le voir demeurer à Lorient fondit aussi vite que la sécheresse s’installa sur la France. Loïc Féry appréhendait la séparation. « C’est quelqu’un que je respecte énormément, un joueur fantastique auquel je suis très attaché. »
Libre, Amalfitano a filé à Marseille, le club qui avait sa préférence. Séville et Villarreal l’avaient approché. En vain. Aujourd’hui, Morgan se bat pour faire oublier le début de saison catastrophique de l’OM. Il a disputé son premier match de Coupe d’Europe sur le terrain de l’Olympiakos.

Morgan Amalfitano en short
■ Né le 20 mars 1985 à Nice
■ 1,78 m, 73 kg
■ Milieu
■ Roadbook : Sedan (2004-08), Lorient (2008-11), Marseille (2011-)

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