Équipe de France

Monaco par la grande porte

Les Monégasques retrouvent les quarts de finale deux ans après. Mais ils avancent avec une confiance et une force collective et individuelle nouvelles. Ils ont hâte d’y être. Nous aussi !

Rappelez-vous sa réaction quand Pep Guardiola avait appris que City tombait sur Monaco en huitièmes de finale de la Ligue des champions. « Ce sont des killers. Ils peuvent tuer le match à tout moment et contre n’importe qui. » Il n’avait pas envie de les croiser et il avait raison. Après avoir maltraité Tottenham en poules, l’ASM s’est une nouvelle fois montrée fidèle à son image de bête noire des clubs anglais en Coupe d’Europe. Après Manchester United, après Chelsea, après Arsenal, c’est donc City qui a plié face aux coups de boutoir des Rouges et Blancs.
Remarquez, l’ASM, en cette saison 2016-17 qu’ils écrivent dans une nouvelle langue, entre envie, plaisir et mouvement, conjugués toujours au présent, avec une permanence assez folle dans la performance, ne doit pas seulement être considérée comme une bête noire. C’est une bête. De compétition. Au moins, les Foxes de Leicester sont tranquilles. Ils ont échappé, au tirage au sort, à la cruauté des killers monégasques.
Voilà donc Dortmund, son Borussia et son football total… ement tourné vers l’avant, qui se présente en quarts. Et si tout le monde voulait prendre Leicester, franchement, ce n’est pas le plus mauvais des tirages pour Leonardo Jardim et ses boys.

Dortmund rappelle City
D’abord, parce que Dortmund présente plutôt les mêmes caractéristiques que Manchester City. Dans le fond, le Borussia est une équipe construite pour avoir le ballon, qui base son jeu sur la vitesse de ses joueurs de couloir et de ses attaquants. Et si dans la forme, Pierre-Emerick Aubameyang ne sera jamais Sergio Agüero et Thomas Tuchel ne sera jamais Pep Guardiola, quelque chose nous dit que c’est mieux, pour les Monégasques, de se frotter au défi offensif du Borrussia plutôt qu’au mur d’expérience de la Juventus (qui les avait éliminés à ce stade il y a deux ans), du Bayern Munich ou du Real Madrid, par exemple.
Alors, oui, on y croit. Parce qu’on est obligé d’y croire quand on voit les régalades que les Princes nous offrent chaque semaine. Parce qu’ils n’ont à craindre personne, on ne craint plus personne à ce niveau-là de la compétition. On sait que le vertige nous emmènera soit un cran plus loin sur le fil, soit au fond du précipice. Parce qu’ils affichent, au-delà de leur fraîcheur et de leur ahurissante capacité à marquer des buts, une confiance que le match aller à l’Etihad Stadium avait enfumée mais que le retour à Louis II a exposée à la face de l’Europe entière.
« C’est une confrontation qui s’annonce intéressante pour nous, lâche Marcel Schmelzer, le capitaine des Jaunes. Monaco peut s’appuyer sur des joueurs très forts individuellement mais qui forment aussi une équipe compacte et déterminée. Ce sont ces qualités que nous devrons afficher, à l’aller comme au retour, si nous voulons avoir une chance de passer. On reste néanmoins confiants. Nous avons déjà démontré par le passé, à ce même stade de la compétition, que nous en étions capables. »

Se faire plaisir et profiter
Ça s’annonce chaud, c’est vrai. Surtout quand on écoute Thomas Lemar : « Ce sera très difficile, le Borussia est une très grosse équipe d’Europe. Ils ont plus d’expérience que nous. Il faudra que l’on rapporte un bon résultat de là-bas. On va donner le maximum et aussi en profiter. » Et aussi en profiter…
Le garçon déboule en quarts de finale de la Ligue des champions, il est l’un des symboles de la jeunesse monégasque triomphante et il conclut en mettant l’accent sur le plaisir. « En profiter. »
Forcément, dans le camp d’en face, ce n’est pas le premier verbe qui vient à la bouche. Thomas Tuchel : « C’est excitant mais extrêmement piégeux. Monaco a battu Manchester City au terme de deux matches très spectaculaires. Nous devrons être à notre meilleur niveau sur les deux rencontres pour espérer passer. Il s’agit d’une équipe très soudée qui compte de très bonnes individualités et un excellent entraîneur. »
Et Jardim justement, il en pense quoi ? « Nous sommes en quarts de finale, donc c’est très délicat de parler d’un bon ou d’un mauvais tirage. A ce niveau, toutes les équipes sont très fortes. Le Borussia Dortmund constitue une formation pleine de qualités, elle est habituée à disputer ce genre de confrontations en Ligue des champions. On va jouer avec nos qualités. Et notre ambition. »

Jardim, le Maître Zen
Plus les lacets s’enchaînent, plus la route serpente et plus Jardim a l’air à l’aise, en maîtrise de l’évènement. On le revoit encore, au retour, sur la réduction du score de Leroy Sané à l’entame du dernier quart d’heure, un but qui qualifiait City à un moment où les Monégasques commençaient à sérieusement baisser le nez. On le revoit, les mains qui joignaient la parole, dire à ses joueurs de « calmer ».
Trois minutes après, Tiémoué Bakayoko envoyait l’ASM au paradis des quarts. Sa vraie place. Méritée sur l’ensemble des deux matches face aux Skyblues de Guardiola. On repense aussi au dernier quart d’heure en forme de trou noir à Manchester, qui les avais vus encaisser trois buts. Oui, il a existé. Mais on repense aussi à ce penalty manqué par Falcao, qui aurait fait basculer le tableau d’affichage à 3-1 et qui aurait tout changé.
On revoit tout ça et on se dit que sur l’ensemble des deux manches, la qualification des Monégasques est largement méritée. Oui, ils sont à leur place dans le grand huit. Ils n’y sont pas les petits poucets. Ils y font peur. Valère Germain : « Ça va être top et une première, pour beaucoup d’entre nous, de défier le mur jaune dans ce stade mythique. C’est du 50-50, on a montré qu’on pouvait être au niveau des meilleurs. » Et tellement d’autres choses en plus.
Monaco-Dortmund, c’est un défi pour le plaisir. C’est Pierre-Emerick Aubameyang et Ousmane Dembélé qui reviennent. Le premier dans l’un de ses cocons (il a joué en Principauté), le second dans l’un des stades de France qu’il ne connaît pas (il n’était pas dans le groupe rennais en octobre 2015, un après-midi de 1-1 où Paul-Georges Ntep s’était blessé tout seul). C’est un défi qui se jouera sans Tiemoué Bakayoko, suspendu à l’aller. Mais Jemerson était suspendu à l’aller à Manchester, Kamil Glik au retour à Louis II. C’est un défi qui donne envie de les suivre et de les supporter. De profiter d’eux. De croire en eux.

L’ASM face aux clubs allemands, ça donne quoi ?
4 victoires – 3 nuls – 2 défaites
Le bilan monégasque est positif face aux Allemands avec 4 victoires,
3 nuls et 2 défaites. Le dernier face-à-face claque un peu mais il est anecdotique (défaite 3-0 chez le Bayer Leverkusen lors de la phase de poules, alors que l’ASM était qualifiée). Sinon, il y a la défaite en finale de la Coupe des vainqueurs de Coupe en 1992 contre le Werder Brême (0-2), le lendemain de la catastrophe de Furiani. Une élimination contre l’Eintracht Francfort (0-3 ; 2-2) en Coupe des vainqueurs de Coupe lors de la saison 1974-75, la première confrontation des Monégasques avec une équipe allemande. Et une série de… six matches sans défaite entre tout ça. Même pas peur !

Populaires

To Top