Équipe de France

Michy Batshuayi, appelez-le « Batsman »

Michy Batshuayi est sous le feu des projecteurs depuis le début de la saison 2015-16, malgré l’entame mi-figue, mi-raisin de l’OM. Au point de faire oublier André-Pierre Gignac ?

L’été 2015 a vu un véritable exode du côté de Marseille. André Ayew, Florian Thauvin, Rod Fanni, Jérémy Morel, Mario Lemina, Modou Sougou, Giannelli Imbula, Dimitri Payet, Lucas Ocampos et André-Pierre Gignac se sont envolés vers d’autres horizons, laissant l’attaque phocéenne (entre autres) orpheline. Début août, un mistral de panique a commencé à souffler sur les bords de la Canebière.… Et puis le soldat Michy Batshuayi a fait son entrée sur scène, libéré de toute concurrence ou presque.
Après neuf journées de championnat, il en était déjà à six buts et une passe décisive. Cerise sur le gâteau, il se retrouvait en tête du classement des réalisateurs avec Hatem Ben Arfa et Edinson Cavani. En deux mois, Batshuayi est devenu « Batsman » dans les travées du Vélodrome. A l’image du personnage masqué, il a su tirer son club de situations parfois périlleuses.
Cela a été le cas à Toulouse, où il a arraché l’égalisation en toute fin de rencontre. Cela aurait pu encore être le cas lors de la déroute marseillaise à domicile face à Angers. C’est une nouvelle fois lui qui a débloqué le compteur des Ciel et Blancs. Et c’est encore lui qui a ouvert le score, lors du Clasico, à Paris. Si l’OM avait encore la tête en dehors de l’eau malgré un premier quart de saison très moyen, il le devait, pour une bonne part, à son Belge.
A Marseille, on apprécie à la fois sur et en dehors du terrain son attitude, son amour affiché pour son maillot, sa détermination et sa technique. A tout juste 22 ans, Michy est un attaquant en pleine réussite. Au bout de ses crampons, on trouve de très belles promesses.
Sa précocité ne doit vraiment rien au hasard. Il s’agit d’un travailleur, perfectionniste acharné, entré dans le football professionnel très jeune. « Quand il rate quelque chose, il hurle », raconte Florian Thauvin, son ancien coéquipier, parti à Newcastle. Ses compétences sont connues de tous. « Il a d’énormes qualités de footballeur. Moi, je suis vraiment fan de lui ! », s’enflammait Rod Fanni.
Mais la réussite actuelle du Belge tient à peu de choses. Tout cela a bien failli ne jamais se concrétiser. Alors qu’il évolue encore en équipe de jeunes, Michy Batshuayi connaît de sérieux problèmes familiaux. Il bascule du côté des sales gosses avec un vrai problème de comportement. On le retrouve trop souvent mêlé à des bagarres. Il est même licencié du centre de formation d’Anderlecht. Batshuayi aurait pu ne jamais voir la couleur du foot professionnel. C’était sans compter sur la patience et l’entêtement du directeur sportif du Standard de Liège de l’époque, Dominique d’Onofrio. Michy trouve là un point de chute.
C’est d’Onofrio qui lui a rouvert les portes de l’élite en lui donnant sa chance chez les pros. Et même si s’occuper de lui n’avait rien d’une sinécure, il a fini par récolter les fruits de son travail. « Il a fallu le recadrer, il a eu quelques problèmes scolaires… Il y a eu des bagarres et des choses un peu plus graves que ça. » Pari gagnant puisque Batshuayi a conquis la Belgique en inscrivant plus de 40 buts sous le maillot rouge du Standard avant de prendre la route de l’OM. Il a disputé sa première rencontre avec les Diables Rouges au début de l’année 2015.
Alors, coup d’éclat sans lendemain ou phénomène durable ou Vélodrome ? L’histoire qui lie l’Olympique de Marseille à Michy Batshuayi démarre en tout cas bien. Son profil, à la fois très proche et très différent de celui d’André-Pierre Gignac, convient parfaitement au style de jeu de l’équipe. Il sait mettre sa puissance physique au service de sa technique. Son sens du placement et sa vision du jeu sont également très appréciés. Michy aime prendre les espaces, se démarquer et faire la différence. Les six mois passés à ronger son frein sur le banc, derrière André-Pierre Gignac, ont renforcé sa volonté. Et un véritable taureau a été lancé dans l’arène.

Camille LEDUN / PLANETE FOOT

Mordu de dessins animés
Cet attaquant belge est décidément un original. Michy Batshuayi s’était affiché à plusieurs reprises à la sortie du stade Vélodrome avec un sac à dos à l’effigie de Bob l’éponge. Interrogé à ce sujet, il a reconnu être complètement fondu de dessins animés, précisant qu’il avait pris l’habitude d’en regarder pour dormir en rentrant des matches. Cette passion lui vaut de se faire gentiment chambrer par certains de ses partenaires, comme Benjamin Mendy.

Profil
■ Né le 2.10.1993 à Bruxelles (Belgique)
■ Attaquant
■ 1,85 m, 78 kg
■ Roadbook : Standard de Liège (2011-14), Marseille (depuis 2014)
■ International A (Belgique), première sélection : le 28.03.2015,
Belgique-Chypre 5-0

Populaires

To Top