Étranger

Mexique : L’autre pays du football

On ne parle jamais d’eux et on a tort : les Mexicains vont disputer leur quinzième Coupe du monde. Ils appartiennent à l’histoire du tournoi.

Ils n’ont pas toujours la partie facile, comme en atteste leur passé récent : pas brillants à la Coupe des Confédérations, pas folichons à la Gold Cup, ils ont même dû se passer de leur coach, Juan Carlos Osorio, pendant cinq matches (« Jean-Charles le sanguin » a pris cher en suspension après avoir insulté un arbitre). Mais ils sont là, comme à leur habitude. Toujours premiers de la classe. Même si ce n’est pas celle où la concurrence joue le plus des coudes, il faut saluer leur permanence.
Le Mexique a été le cinquième pays qualifié pour la Coupe du monde. Les Gringos ne traînent pas en route. Il faut dire qu’Osorio s’appuie toujours sur la même ossature. Rafa Marquez, le guide suprême, est en train de passer le flambeau mais de Chicharito Hernandez à Andrés Guardado, de Miguel Layun à Hector Moreno, sans oublier Hector Herrera, les cadres sont bien là. Avec Guillermo Ochoa dans les buts mais aussi un saupoudrage tout en douceur de jeunesse et d’explosivité, le sélectionneur cultive la notion de progression sans toucher à l’identité d’El Tri : passes courtes, vitesse dans la transmission et technique affinée. Voilà pour la face A.
Derrière, il y a l’ADN mexicaine. Cette grinta très « sudam » qui rend le leader de la Concacaf toujours très difficile à jouer. Il y a quatre ans, ils n’étaient pas passés loin de faire la nique aux Pays-Bas en huitièmes de finale, alors que les Oranje s’étaient montrés impressionnants lors de la première phase, en découpant l’Espagne en mille morceaux notamment. Problème : les huitièmes, c’est leur écueil. Six fois déjà qu’ils s’y cognent depuis l’édition 1994. Auront-ils la réussite en Russie pour aller voir plus haut ? Ils en ont les moyens, c’est sûr, ils en auront la volonté, c’est évident.
Le principal maillon faible se niche toujours dans leur zone géographique. Ils manquent de concurrence dans cette partie des Amériques qui n’est pas la sudiste et ça peut leur jouer des tours. Ou pas. Car les leaders de l’équipe sont tous des joueurs majeurs dans leur club. Et ils ne jouent pas derrière la gargouille du coin. Entre la flopée de Dragons qui fait les beaux jours du FC Porto (Diego Reyes, Miguel Layun, Hector Herrera), Hector Moreno à Rome ou Chicharito en Premier League, il y a de l’ambassadeur à tous les coins du terrain. Qui rappelle que cette équipe dont on ne parle jamais fait partie des géants mondiaux de la culture foot. Demandez à André-Pierre Gignac. Le Mexique, c’est un peu l’autre pays du football.

L’homme à suivre : Javier Hernandez
On l’avait découvert en Afrique du Sud, quand il avait fait tant de mal aux Bleus lors du 1er tour (défaite 2-0, Eric Abidal, Patrice Evra et Hugo Lloris au supplice sur la pelouse et tremblement de murs dans le vestiaire, à la mi-temps). Un gringo des Chivas Guadalajara que l’on connaît beaucoup mieux depuis, après ses années Manchester United, sa période « supersub » au Real Madrid et la relance au Bayer Leverkusen. Bon, c’est un peu décevant de le voir à la traîne à West Ham. Il aurait pu signer ailleurs l’été dernier mais on ne va pas lui en vouloir parce qu’il a vraiment une bonne bouille. Et on adore toujours le voir se démener avec le blason d’El Tri sur la poitrine. Et puis son duo avec Raul Jimenez, poids lourd des surfaces repu aux joutes européennes au Benfica Lisbonne, a – sur le papier – une allure certaine.

1er tour
Le 17 juin à 17h, Stade Loujniki à Moscou : Mexique-Allemagne
Le 23 juin à 20h, Stade de Rostov : Mexique-Corée du Sud
Le 27 juin à 16h, Stade d’Ekaterinbourg : Mexique-Suède

Visa mondial
• Superficie : 1 964 375 km2
• 130 millions d’habitants
• Capitale : Mexico
• Fédération : Federacion Mexicana de Futbol Asociacion, A.C.
• Année de fondation : 1927
• Affiliation FIFA : 1929
• Couleurs : maillot vert, short blanc, bas rouges
• Equipementier : Adidas

Le chiffre : 7
La campagne de Russie sera le septième Mondial consécutif disputé par les Mexicains. OK, leur parcours éliminatoire n’est pas le plus difficile mais ça commence à faire, quand même. Surtout qu’ensuite, ils sortent régulièrement du 1er tour.

Comment ils jouent
Diego Reyes et Hector Moreno devraient former la charnière centrale en Russie. L’inoxydable Rafa Marquez, qui a encore trouvé le moyen de marquer lors des qualifications, n’a quand même plus les jambes et le coffre pour enchaîner à bientôt 39 ans. Sinon, c’est à la fois de la rigueur et du rugueux, deux piliers du foot mexicain, très tourné vers l’avant, avec pas mal de petits gabarits. Osorio a beaucoup cherché sans vraiment se décider entre le 4-3-3 et le 4-2-3-1. Difficile de sortir un système de base, les Mexicains font aussi en fonction de l’adversaire. Mais entre Carlos Vela, la fratrie Dos Santos (Jonathan, Giovani) et le vieux lion Oribe Peralta, il y a quand même du biscuit à revendre devant.

Leurs éliminatoires
Zone Concacaf
1er du tour final
21 pts, 6 v, 3 n, 1 d, 16 bp-7 bc
11.11.2016 : Etats-Unis-Mexique 1-2 (Miguel Layun, Rafael Marquez)
15.11.2016 : Panama-Mexique 0-0
24.03.2017 : Mexique-Costa Rica 2-0 (Javier Hernandez, Nestor Araujo)
28.03.2017 : Trinité-et-Tobago-Mexique 0-1 (Diego Reyes)
8.06.2017 : Mexique-Honduras 3-0 (Oswaldo Alanis, Hirving Lozano, Raul Jimenez)
11.06.2017 : Mexique-Etats-Unis 1-1 (Carlos Vela)
1.09.2017 : Mexique-Panama 1-0 (Hirving Lozano)
5.09.2017 : Costa Rica-Mexique 1-1 (Cristian Gamboa c.s.c.)
6.10.2017 : Mexique-Trinité-et-Tobago 3-1 (Hirving Lozano, Javier Hernandez, Hector Herrera)
10.10.2017 : Honduras-Mexique 3-2 (Oribe Peralta, Carlos Vela)

Le coach : Juan Carlos Osorio
56 ans
Colombien
En poste depuis octobre 2015
« Ce groupe est excellent. Chacune des quatre équipes a une grande histoire. Voilà une belle opportunité de nous confronter aux meilleurs. L’Allemagne est une grosse machine, la Suède a sorti l’Italie et la Corée du Sud est une habituée des phases finales. »

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