Équipe de France

M’Baye Niang, l’atout mineur de Caen

A 16 ans, le joyau de l’attaque caennaise est devenu le deuxième plus jeune buteur de l’histoire du championnat. Plus précoce, on n’a pas trouvé. Vite, la suite !

A Caen, on ne badine plus avec l’horaire depuis le premier coup de canon de M’Baye Niang en Ligue 1. C’était en fin de saison dernière contre Lens, lors de la 34e journée. Dès la deuxième minute de jeu. Il y a eu récidive une semaine plus tard sur la pelouse de Rennes, quatre minutes après son apparition sur le terrain. Insaisissable M’Baye. Un astre d’un nouveau genre. Une comète. Silhouette longiligne, impressionnante pour son âge (16 ans). Un gaillard qui ne se laisse pas marcher sur les pieds, d’où quelques escarbilles à l’entraînement et le doux surnom de « Balotelli » (physiquement, il y a de ça, c’est vrai) affublé par l’ensemble du groupe. M’Baye Niang marche en accéléré. « Il a un énorme potentiel à développer. On n’a jamais vu ça au club », assure Philippe Tranchant, son coach formateur.
Un an plus tôt, Niang débutait en CFA. Surclassé, bien sûr, et déjà pressé. « J’ai inscrit 3 buts lors de mes trois premiers matches. »
Comme ça, à 15 ans ! Au sein du club, on échafauda très tôt les plans. Pas question de se faire voler la nouvelle pépite avant ses premières leçons de Code. Franck Dumas avait un œil sur lui. Le président Jean-François Fortin aussi, un stylo dans le revers du veston en plus. « Un an plus tôt, je ne savais même pas si j’allais passer professionnel un jour, se souvient M’Baye. Puis j’ai signé mon premier contrat en février. J’avais marqué 2 autres buts avant la trêve hivernale avec la réserve. J’étais vraiment fier mais je savais qu’il ne fallait surtout rien lâcher. »
La suite va aller encore plus vite. « C’était la semaine précédant la réception de Toulouse (ndlr : le 24 avril dernier, 1-1). Le coach me dit de prendre part à l’opposition à l’entraînement. Je claque un doublé. Il m’a intégré dans le groupe pour le match du week-end. Au club, ils m’ont dit que c’était mon jour de chance. »
M’Baye a 16 ans, 4 mois et 5 jours. Durant 14 minutes, les dernières du match, il vit ses premières émotions en Ligue 1 face aux Pitchouns. Rien à côté de ce qui l’attend, pourtant. Troisième apparition chez les pros, premier but. « Là, je me retrouve dans un autre monde. Je ne sais pas quoi faire… Trois jours plus tard, à Rennes, je suis remplaçant avec Youssef El-Arabi. On rentre ensemble, en début de seconde mi-temps. Deux minutes plus tard, il centre et je marque. Je n’ai réalisé qu’à la fin du match. Tout le monde m’a appelé, la famille, les potes… Tout le vestiaire m’a dit : « Tu as de la chance ». »
Deuxième plus jeune buteur de l’histoire du championnat de France derrière Laurent Roussey, M’Baye plane sur son nuage. Et l’intensité grimpe encore. « Le plus incroyable, ce fut contre Marseille. D’abord quand le coach m’a dit que je serais titulaire. Wow… On n’était pas sauvé, ça dépendait de Monaco. Tac, je plante. Il y avait toute ma famille dans le stade et c’était la fête des Mères, en plus Je ne pouvais pas offrir plus beau cadeau à la mienne. Ma mère s’est sacrifiée, elle est tout pour moi. »
Des Mureaux, le refuge, à Caen, elle a tout quitté pour accompagner son fiston. « Si je m’étais fait virer, je ne m’en serais pas remis. Pour elle… Dans ma tête, c’est toujours « Travail, travail, travail ». » Et maintenant ? « Je suis un peu redescendu de mon nuage. Les défenseurs commencent à me connaître. Je sais que ça va être plus dur. »
Avec Pierre-Alain Frau, de 14 ans son aîné, il a trouvé à qui se confier. « Il me conseille à chaque entraînement. Sur mes déplacements, devant le but, dans la concentration… C’est une bonne personne, vraiment. Ça fait du bien de travailler avec lui. Je l’ai un peu chambré pour son 300e match. Je m’entends très bien avec lui malgré mon jeune âge. Je l’appelle « Pif-Paf-Pouf » ! »
Le meilleur buteur de L1 en activité d’un côté, le plus jeune de l’autre. Il a une sacrée allure, ce duo d’attaque caennais ! « Je me sens plus technique que physique, explique encore Niang. Mes idoles, ce sont Karim Benzema et Ronaldo. Le Brésilien ! Je m’inspire beaucoup d’eux et de ce que fait Karim aujourd’hui. Technique, vitesse, justesse devant le but… Je me suis fixé des objectifs pour cette saison, un nombre de buts précis, mais je le garde pour moi. Seule ma mère est au courant. »
Secret bien gardé.

M’Baye Niang en short
■ Né le 19 décembre 1994 à Meulan
■ 1,84 m, 75 kg
■ Attaquant
■ Roadbook : Caen (formé au club)
■ International Espoirs

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