Équipe de France

Manchester City-Monaco : En avant, toute !

Aller le 21 février, retour le 15 mars. Entre Man City, son football total prôné par Pep Guardiola et l’AS Monaco, terreur des surfaces et meilleure attaque d’Europe sur la première moitié de saison, ça risque de faire du grabuge. L’occasion est trop belle. Il ne faut pas la manquer.

Forcément, sur le papier, avec cet amoncellement de stars cinq étoiles et ce coach-là, qui viendrait en costume trois pièces à l’entraînement s’il le pouvait, l’affaire paraît mal engagée pour Leonardo Jardim le taiseux, le coach qui vient en parka et en survêt’ les soirs de match, et son squad de jeunes talents en devenir. C’est toujours écrit sur le papier et c’est à l’encre bleu ciel : City ne va faire qu’une bouchée de l’ASM. Of course, good game…
Oubliez tout de suite le papier. On ne va pas aller jusqu’à écrire que Leonardo Jardim part favori face à Pep Guardiola mais à bien y regarder, pour peu qu’on s’intéresse aux choses du foot depuis le début de la saison, dans le rapport de forces, difficile de dire aux Monégasques qu’ils partent plus légers dans la bataille. On ne le dit peut-être pas assez, focalisés sur le Paris SG et les éternuements d’Unai Emery, à moins qu’on ne refuse de le voir, plus intéressés que nous sommes par le parcours fraîcheur du voisin niçois, mais quand même : la saison de l’AS Monaco est un îlot d’exception dans l’océan du ballon rond. Le cap est tout tracé, en avant toute et vent dans le dos. Ça file droit, ça file vite, Monaco ne recule devant rien, surtout pas devant son destin cette saison. Au point de ne pas avoir peur de City, demi-finaliste de l’épreuve la saison dernière ? Du City de Guardiola ? Sûrement pas.
Nous avons là l’un des plus excitants huitièmes de finale. Avec, d’un côté, l’armada du Pep, donc, son contingent de stars mais aussi ses préceptes de jeu, l’art de la possession et du décalage. De l’autre, la machine de guerre de Leonardo Jardim qui adore laisser le ballon à l’adversaire pour mieux l’exécuter à la moindre récupération. A ce titre, la démonstration de force récitée sur la pelouse du Vélodrome contre l’OM le 15 janvier est un exemple à ne surtout pas oublier. L’ASM laisse volontiers la possession, l’ASM défend en avançant, en bloc, et explose avec une intensité et une organisation rares en contre.
A Marseille, puisqu’on insiste un peu sur le symbole, les Monégasques ont pris la tête du classement en championnat et appuyé un peu plus encore sur le marqueur de leur saison : leur victoire 4-1 a porté à 60 leur nombre de buts en Ligue 1, au soir de la 20e journée. Comptez bien, ça fait trois buts par match de moyenne. La meilleure attaque d’Europe. Mieux : au cours des 35 dernières saisons, seuls le Barça et le Real Madrid sont parvenus à un tel score. Ce qui classe un peu mieux la performance des joueurs du Rocher.
Qui renvoient cette image rare, encore, cette impression de pouvoir marquer un but à chacune de leur prise de balle. Il faut saluer le travail de Jardim et de son staff technique, qui ont su bâtir une équipe jeune et la faire grandir. On pense au quatuor du milieu, avec Tiémoué Bakayoko et Fabinho, évidemment, avec Thomas Lemar et Bernardo Silva, bien sûr, les deux artistes gauchers dont on se demande, à force de les voir monter la barre, où les situer sur l’échelle des valeurs. En face, de David Silva à Kevin de Bruyne, de Sergio Agüero à Gabriel Jesus, le petit dernier, on n’est pas avare non plus. Ça donne envie mais ça ne fait plus peur.
Ils n’ont plus peur de rien, les Monégasques. Ils ont raison, ils sont invaincus face aux formations anglaises dans une phase à élimination directe. On en compte six en tout, avec notamment au tableau les éliminations de Manchester United (quart de finale 1998), Chelsea (demi-finale 2004) et Arsenal (8e de finale 2015). Cette fois, c’est Pep Guardiola qui se dresse face à eux. Barça et Bayern cumulés, Coach Pep compte sept qualifications en autant de huitièmes de finale de Ligue des champions disputés ! Sur le papier, difficile de faire plus excitant. Et comme sur le terrain, c’est endiablé… Histoire de bien planter le décor, Leonardo Jardim a prévenu : « On n’est pas les favoris mais je crois en nos qualités. » Nous aussi.

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