Équipe de France

Mamadou Sakho : « Mes débuts en bleu »

17 novembre 2010, Wembley. Le stade sent bon le neuf, l’équipe de France n’est pas bien vieille non plus. Laurent Blanc avait gagné sur cette même pelouse en 1999 avec les Bleus. Il récidive en costume. Philippe Mexès, légèrement blessé, sort à la mi-temps. Et Mamadou Sakho devient international.

17 novembre 2010, Wembley. Le stade sent bon le neuf, l’équipe de France n’est pas bien vieille non plus. Laurent Blanc avait gagné sur cette même pelouse en 1999 avec les Bleus. Il récidive en costume. Philippe Mexès, légèrement blessé, sort à la mi-temps. Et Mamadou Sakho devient international.
La défaite au Stade de France contre la Biélorussie (0-1) aurait pu plomber l’ambiance. Mais les Bleus réagissent bien trois jours plus tard en Bosnie. Une victoire (2-0) chez l’adversaire supposé le plus fort du groupe. Bon pour le moral et avec la manière en plus. Une nouvelle victoire contre la Roumanie (2-0, toujours) en octobre valide les bons points post-traumatisme d’Afrique du Sud. Mais voilà que se présente l’Angleterre.
L’Angleterre de Maître Capello est amputée d’une grande partie de ses stars. En face, les Bleus ont squatté le Sopwell House et les terrains d’entraînement d’Arsenal, à Colney, à quelques dizaines de miles au Nord de l’agglomération londonienne. Là, Mamadou Sakho découvre les joies du gazon anglais. « Que des billards, le vert est vert brillant ! »
A 20 ans, le vice-capitaine du Paris SG prend, de plus en plus et de mieux en mieux, ses marques au sein du nouveau groupe France. En charnière centrale, Laurent Blanc fait confiance à la paire Adil Rami-Philippe Mexès depuis le premier jour. Il n’a pas vraiment à s’en plaindre. Ç’a joué serré et costaud, notamment à Sarajevo où les deux nouveaux titulaires du poste ont sorti une partition de haute volée, Rami éteignant notamment Edin Dzeko.
Voilà Wembley. Flambant neuf et qui respire peut-être un peu moins l’histoire. Mamadou s’en moque un peu. À 20 piges, il ressent de toute façon le grand frisson. « Là, on arrive dans un stade mythique. »
Il s’assoit sur le banc. Comme d’habitude depuis trois mois en Bleu. Sauf que… On atteint la mi-temps et Philippe Mexès, gêné par une douleur au mollet depuis le matin du match, ne veut pas prendre de risque. Juste avant la pause, Laurent Blanc demande donc au Parisien d’aller s’échauffer. « En fait, je ne me suis même pas échauffé. Je n’étais pas prêt. J’étais dans le match. Je n’avais même pas mes protège-tibias, mes lacets étaient défaits… »
Dans la peau du remplaçant jusqu’à la couenne du titulaire. Une mue de quelques minutes, voire quelques secondes. « Face à l’Angleterre en plus, dans ce stade… J’étais sur un nuage. Je me serais cru revenu à mon premier match en pro. »
Mi-temps. Mexès défait ses lacets et ôte ses « protège ». Mamadou devient un Bleu. « Une fois sur le terrain, je suis toujours sur mon petit nuage. Je plane. Un peu insouciant ? Oui, je crois. Le ballon ne me brûlait pas les pieds. J’avais un peu le trac quand même mais, sur mon nuage, tout allait bien. »
Même pas un petit souvenir plus précis, plus net ? « Je me rappelle qu’en face, il y avait Peter Crouch et puis le grand de Liverpool… C’est comment son nom ? Pour couronner le tout, il y a la victoire au bout. »
Un quatrième succès consécutif pour les Français après la Bosnie, la Roumanie et le Luxembourg. Un gouffre de plaisir quand on se replonge dans le contexte initial. Celui du non-retour. En un mot, Knysna. Une quatrième victoire mais la seule pour Titi Sakho, l’enfant de la Porte de Vincennes. « Quand nous sommes rentrés dans le vestiaire, sous la douche, je n’y croyais toujours pas. C’est bien plus tard, en me retrouvant sur la pelouse du Stade de France (ndlr : quelques secondes, en remplacement d’Adil Rami, contre la Croatie en mars) que j’ai vraiment réalisé qu’on avait gagné à Wembley. Ce match restera gravé à jamais dans ma mémoire. Laurent Blanc m’a remis le fanion du match. Le maillot ? Il est dans le placard, chez ma maman. »
Au fait, le grand de Liverpool, c’était Andrew Carroll…

La fiche du match
■ Le 17 novembre 2010 à Wembley, Angleterre-France 1-2 (0-1)
Match amical
85 494 spectateurs
Buts : Crouch (86e) pour l’Angleterre ; Benzema (16e) et Valbuena (55e) pour la France
■ ANGLETERRE : Foster – Jagielka, Lescott, Ferdinand (cap., Richards, 46e), Gibbs (Warnock, 72e) – Henderson, Barry (Young, 46e), Walcott (Johnson, 46e), Milner, Gerrard (Crouch, 85e) – Carroll (Bothroyd, 72e).
Sélectionneur : Fabio Capello.
■ FRANCE : Lloris (cap.) – Sagna (Réveillère, 87e), Rami, Mexès (Sakho, 46e), Abidal – M’Vila, Gourcuff (Hoarau, 85e), Nasri, Valbuena (A. Diarra, 67e), Malouda (Payet, 78e) – Benzema (Rémy, 67e).
Sélectionneur : Laurent Blanc.

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