Équipe de France

Ludovic Batelli : « Mbappé ? Je ne suis pas étonné ! »

Sélectionneur des U19 champions d’Europe l’été dernier, Ludovic Batelli s’avance vers la Coupe du monde U20 sans aucune certitude. Parce que Kylian Mbappé a rejoint les A ? Non, la cause, c’est le calendrier « anarchique » de la FIFA. C’est dit !

Planète Foot : Qui es-tu, Ludovic Batelli ?
Ludovic Batelli :
J’ai 54 ans. Marié, un enfant. Joueur professionnel pendant une dizaine d’années, essentiellement en Ligue 2. Formé au RC Lens puis passé par Valenciennes, La Roche-sur-Yon, Annecy, Lorient. Vingt années d’entraîneur, de la DH à la Ligue 2, avec un profil de formateur aussi. J’ai intégré la Direction Technique Nationale en 2013 sur la recommandation de Willy Sagnol, qui était alors le directeur des sélections, et après la validation par François Blaquart, le DTN.

PF : Tu es donc arrivé dans le giron fédéral juste après le titre de champion du monde des U20 de Paul Pogba…
L.B. :
Oui, c’est ça. J’ai signé mon premier contrat avec les U20, justement, ceux de l’année suivante, puis je suis redescendu avec les U18, que j’accompagne depuis. U19 la saison dernière, U20 cette année.

PF : Juste pour préciser, tu as la double casquette : entraîneur national et sélectionneur. Comment cela se traduit-il ?
L.B. :
Il y a deux facettes du métier. Je suis entraîneur national 70% de mon temps, basé à Clairefontaine. Là, nous mettons l’accent sur la formation, on se déplace dans les centres, on voit les clubs. Et puis le week-end, je suis dans l’observation de mes joueurs. Je scrute les matches, je suis en relation avec les entraîneurs.

PF : Quelles relations entretiens-tu avec eux ? Ils veulent protéger leurs jeunes pépites ou, au contraire, les exposer dans les sélections de jeunes, pour les mettre en valeur ?
L.B. :
Nous sommes en relation directe avec les directeurs des centres de formation, puis avec les coaches quand les joueurs basculent chez les pros. Il y a une relation continuelle, comme avec tous les sélectionneurs, comme avec Didier Deschamps. On fait attention à leurs temps de jeu, on veille à les rendre à leurs clubs dans les meilleures dispositions possibles.

PF : Et avec Didier, vous êtes en contact permanent aussi ?
L.B. :
Oui, a fortiori depuis que ma génération monte en grade. U19 puis U20, on peut être amené à faire la passerelle, comme on l’a vu dernièrement avec Kylian Mbappé. Pour Kylian, c’est très rapide mais ce n’est pas étonnant.

PF : Ah bon ?
L.B. :
Si, je suis étonné par la fulgurance et la rapidité de son adaptation, mais pas un seul instant par sa maturité et ce qu’il dégage. Avec lui, c’est comme pour tout ce qu’il fait : tout va très vite. Oui, le timing peut m’étonner. Mais pas tout le reste. Il était programmé pour ça. Il est passé au-dessus.

PF : Au-delà du cas Mbappé, as-tu conscience d’être à la tête d’une génération en or ?
L.B. :
Il y a beaucoup, beaucoup de qualités. Des joueurs qui évoluent en Ligue, qui ont, non seulement, du temps de jeu mais qui sont, en plus, des titulaires en puissance. Nous avons eu Anthony Martial en 95, Kingsley Coman en 96, Ousmane Dembélé en 97 et voilà Kylian en 98 (ndlr : leur année de naissance). Mais je pense que d’autres vont arriver. Parce que nous avons de très grands attaquants. On a eu un trou, peut-être était-ce un trou générationnel, mais depuis quatre ou cinq ans, la machine s’est remise en route. Nous avons une qualité indéniable dans notre formation qui s’est dotée d’infrastructures nouvelles, en plus. Là, nous disposons d’une vraie panoplie d’attaquants.

PF : Champion d’Europe U19… On imagine que l’équipe de France s’avance vers la Coupe du monde U20 avec une étiquette de favori ?
L.B. :
Non parce que la FIFA a décidé de nous l’enlever.

PF : Pardon ?
L.B. :
La FIFA nous a enlevé l’étiquette en programmant la Coupe du monde à une période encore inédite, alors que les championnats ne seront pas terminés. Pour le moment, j’ai 13 garçons impactés par les échéances. Je ne sais absolument pas quel groupe je vais emmener. Comme les dates ne correspondent à aucune case FIFA, les clubs n’ont aucune obligation. Ils n’ont pas celle de nous libérer leurs joueurs. Et je les comprends. Je vais communiquer une première liste le 8 mai mais j’avance à l’aveugle. Il ne faut pas en vouloir aux clubs, je dis juste « Merci, la FIFA, d’organiser une phase finale mondiale dans un timing totalement anarchique ». Maintenant, ce sera aussi l’occasion, pour de nouveaux joueurs, de se montrer. Nous avons un réservoir important. Mais l’équipe championne d’Europe l’an passé, nous avons mis deux ans à la façonner. Au niveau des automatismes, des liens, c’est quand même différent. Depuis ? Nous n’avons eu que quatre rassemblements. On aura l’objectif d’aller le plus loin possible mais au niveau du jeu et des enchaînements, l’équipe ne pourra pas ressembler à celle qui a remporté l’Euro, l’an passé.

PF : Et après, il y aura un après ?
L.B. :
J’ai fait acte de candidature pour l’équipe de France Espoirs. Les U18 puis les U19, maintenant les U20, c’est l’occasion de poursuivre avec cette génération. Mais pour le moment, je n’ai aucune nouvelle. Je me suis positionné, j’aimerais avoir la réponse au moment de partir pour la Corée mais je n’en sais pas plus. Nous verrons bien.

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