Étranger

Liverpool, Reds forever

« Le football n’est pas une question de vie ou de mort. C’est bien plus important que cela. » Quand on naît à Liverpool, la prophétie de Bill Shankly, mythique manager de l’après-guerre, se vérifie la nuit, le jour et au-delà. Voyage en terre rouge.

Les origines : « The team of the Macs »
Quand John Houlding, proprio foncier d’Anfield, augmente le loyer de son terrain, le torchon brûle avec les dirigeants du club d’Everton, locataire. Ces derniers décident de quitter Anfield pour aller s’installer de l’autre côté de Stanley Park, où Goodison Park (actuel stade des Toffees) verra bientôt le jour. Ils reprochent à Houlding de profiter de leur réussite naissante pour s’engraisser. Pas vexé pour un sou, ce dernier crée le Liverpool Football Club. Qui, évidemment, prend ses quartiers sur le terrain d’Anfield. Nous sommes en 1892. Il ne reste que trois joueurs au sein du tout nouveau Liverpool. Tous les autres sont partis avec Everton. John McKenna, nommé entraîneur par Houlding, part à la pêche en Ecosse. Il ramène plus de joueurs que de saumons. Treize professionnels arrivent au club. L’équipe est très vite surnommée « the team of the Macs », huit des treize recrues portant un nom commençant par la particule « Mac ». Nous sommes déjà sur la Mersey. Proches des Scousers, l’autre surnom des Reds aujourd’hui. Why ? En raison du « scouse », l’accent propre aux habitants de Liverpool et du Merseyside.

Le poids du Kop : « You’ll never walk alone »
Il y a l’hymne du Barça, que tout le monde connaît en Catalogne. Et puis il y a celui de Liverpool, « You’ll never walk alone », connu dans le monde entier. La version originelle de Gerry and the Pacemakers, en 1963, a été reprise maintes fois des deux côtés de l’Atlantique mais celle Dolby Surround d’Anfield dépasse tout, évidemment. À Anfield, derrière le but, c’est une colline (l’origine du mot « kop ») qui s’appuie littéralement sur la surface de réparation et le gardien de but en particulier. Une colline qui gronde, qui vibre et qui chante. Le Kop, c’est un contexte qu’il faut vivre, un soir de Ligue des champions ou un après-midi de Premier League. Comme pour la réception de Stoke ou Hull City, à 13h le samedi. Ici, on chante avant, dehors ; pendant et après, dedans. Surtout pendant. Les paroles sont comme les frissons : toujours les mêmes. C’est incandescent et c’est la seule brûlure que l’on a envie de ressentir à nouveau, quand le match est fini et que le Kop se vide. Même désert, il fout la chair de poule. Même désert, Anfield chante encore. L’écho, sans doute…

Le poids de Steven Gerrard : L’homme d’Istanbul
C’était un 29 novembre et c’était à Anfield. Le 29 novembre 1998, Paul Ince et Michael Owen marquent et Liverpool bat les Blackburn Rovers 2-0. Ce jour-là, à une minute de la fin du temps réglementaire, Gérard Houllier, manager des Reds, change le cours de l’histoire. Gégé sort Vegard Heggem, un défenseur norvégien qui ne laissera pas un souvenir impérissable aux Scousers. Son remplaçant, Steven Gerrard, pose ses crampons en Premier League à 18 ans. Seize ans et plus de 700 matches plus tard, tous disputés avec le maillot rouge sur les épaules, c’est une icône du club, qui en porte toujours le brassard. Steven, 34 ans, a annoncé qu’il s’en irait au terme de l’exercice 2014-15. « Le jour où on m’a demandé de devenir capitaine de Liverpool a été le plus beau de ma vie. » On comprend aisément l’aura dont il jouit auprès des fans scousers. À moins que ce ne soit ses 184 buts inscrits, dont 117 en Premier League (en 497 matches) et 30 en Ligue des champions (en 87 rencontres). Gerrard, c’est aussi l’homme d’Istanbul, celui qui sonna la révolte en sortant du vestiaire, alors que l’AC Milan menait 3-0 en finale de la Ligue des champions. On passa de 0-3 à la 46e minute à 3-3 à la 60e. Soir de magie rouge où Steven souleva la cinquième Coupe aux grandes oreilles de l’histoire du club. Elle trône fièrement dans la salle principale du musée. Il a rendu le tablier de la sélection, où il a aussi porté le brassard, en rentrant de la Coupe du monde au Brésil (21 buts en 114 sélections). Il avait juré allégeance éternelle au maillot rouge. Ils ont eu de la chance, les Reds.

Le palmarès
• 3 Supercoupes d’Europe
• 5 Ligues des champions
• 3 Coupes de l’UEFA
• 18 championnats d’Angleterre
• 7 Coupes d’Angleterre
• 8 Coupes de la Ligue
• 4 Community Shield

Les grandes dates
• 15 mars 1892
Naissance du Liverpool Football Club.
• 1901
Après avoir fait le yoyo entre la Deuxième division et l’élite, Liverpool remporte son premier titre de champion d’Angleterre.
• 1959
En décembre, un nouveau manager prend les rênes de l’équipe. Son nom ? Bill Shankly. Il laissera une trace indélébile dans l’histoire du club. Shankly débute son mandat en prenant une décision radicale : afin d’impressionner les adversaires, les joueurs de Liverpool évolueront tout de rouge vêtus. L’équipe jouait en bleu et blanc depuis sa création.
• 1985
En finale de la Coupe des clubs champions, Liverpool s’incline 1-0 face à la Juventus Turin de Michel Platini. On retiendra surtout le drame du Heysel. Trente-neuf morts, les hooligans à la une et les clubs anglais exclus des compétitions européennes pour cinq ans. Les Reds seront, eux, bannis six ans.
• 1989
Tragédie d’Hillsborough, en demi-finales de la Cup. Liverpool défie Nottingham Forest dans le stade de Sheffield Wednesday (terrain neutre). Un mouvement de foule se transforme en carnage humain, faisant 96 victimes. À Anfield, un mémorial rappelle les noms des victimes.
• 2001
Sous la conduite de Gérard Houllier, premier manager non-Anglais de l’histoire du club, les Reds réalisent une saison incroyable. Cinq titres dont une troisième Coupe de l’UEFA au terme d’une finale épique : 5-4 contre Alavès après prolongation.
• 2005
Menés 0-3 à la mi-temps par l’AC Milan, en finale de la Ligue des champions, les Reds de Rafael Benitez et Steven Gerrard réussissent l’impossible exploit. Une remontée fantastique accouche d’un improbable triomphe au bout de la séance des tirs au but. Djibril Cissé marque le sien. La finale la plus incroyable de l’histoire.

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