Équipe de France

Les surprises 2015

Ceux que l’on n’attendait pas là où ils se trouvent. Ou là où ils ne se trouvent plus…

Leicester et son improbable duo de choc
Leicester City est un très vieux club anglais – fondé en 1884 – au tout petit palmarès avec trois succès en League Cup (1964, 1997 et 2000). Sa meilleure perf en championnat a été une place de vice-champion en… 1929 ! En 2014-15, les Foxes (les Renards), comme on les surnomme, ont retrouvé la Premier League et même sauvé leur peau en réussissant une fin de saison canon. De là à imaginer que le team entraîné par Claudio Ranieri continuerait sur sa lancée et s’inviterait à la table des grands… Et pourtant, Leicester a bien titillé les meilleurs. Pas grâce à son arrière-garde, qui avait déjà encaissé 15 buts (17e défense) après 8 journées de compétition. En revanche, ses canonniers, eux, ont fait parler la poudre (17 buts, 2e attaque) et plus particulièrement un duo de choc improbable. On fait les présentations (c’est encore nécessaire ?). Il y a d’abord Riyad Mahrez, ancien du HAC, devenu international algérien sous le règne de Coach Vahid, au pied gauche soyeux, que chacun s’accordait à reconnaître comme la révélation du début de saison. De lui, l’ancien international Alan Smith, aujourd’hui consultant sur Sky Sports, a dit : « Quand on sait qu’il a été acheté un demi-million au Havre, on peut considérer que c’est l’affaire du siècle. » Ce fin dribbleur, jamais passé par un centre de formation – il a débarqué en Normandie à 19 ans -, en était à 5 buts et 3 passes décisives. Son compère, Jamie Vardy, 28 ans, a seulement découvert la Premier League il y a deux saisons après un début de carrière dans les fins fonds des divisions anglaises inférieures (6e puis 5e division !). Pas très grand mais particulièrement véloce, il a été chronométré à plus de 35 km/h et peut postuler au titre de joueur le plus rapide de Premier League. En plus, il n’est pas maladroit. Sept réalisations pour sa pomme, toujours après 8 journées. Les deux joueurs pesaient plus de 70% des buts de Leicester qui priait pour qu’ils ne connaissent pas de pépins.

Chelsea en version Minor Blues
Quatre défaites au bout de huit journées. Déjà une de plus que sur l’ensemble de la saison 2014-15. Seizièmes du classement (toujours après huit journées), les Blues touchent la vase en ce début de saison et ça fait toujours bizarre, la vase, quand on n’a pas de bottes. Le squad de José Mourinho, paré pour les sommets, n’avait pas l’habitude de se retrouver en si mauvaise posture. Méconnaissables sur le terrain, les hommes de José alignaient la deuxième pire défense de Premier League avec 17 buts encaissés en huit matches ! Jamais le Chelsea de Mourinho n’avait concédé trois buts à Stamford Bridge. C’est chose faite depuis que Southampton est reparti de Londres avec une victoire 3-1 au score presque flatteur pour les Blues. Le titre 2016 est d’ores et déjà à oublier. Les quatre premières places du classement paraissent elles aussi très, très loin, et rayer les Blues de la carte de la future Ligue des champions ne serait pas faire preuve d’une imagination débordante. Mourinho dans tout ça ? Il est bien là, lui. « Pas question que je démissionne. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas meilleur que moi. Plusieurs coaches dans le monde ont mon niveau mais personne n’est meilleur que moi. J’ai ma fierté. Je sais que je suis très bon dans mon travail. Et j’aime mon club, je veux le meilleur pour lui. Et le meilleur pour mon club, c’est que je reste. Il n’y a aucune chance que je démissionne. » Avec un contrat courant jusqu’en 2019, les journaux londoniens avaient calculé le coût des indemnités de licenciement à quelque 50 millions d’euros. Il paraît que Roman Abramovitch a conforté son « Special One ». José devrait donc encore attendre un peu son chèque de l’Euromillions. Déjà qu’il touche un chèque du Loto chaque mois…

Marcelo Bielsa glace l’OM
Un coup de tonnerre. Pire un tremblement de terre. Au soir de la 1ère journée de championnat, qui a vu l’OM s’incliner au Vélodrome face à Caen (1-0), Marcelo Bielsa annonce, devant un parterre de journalistes médusés, qu’il « démissionne de l’OM et (que) c’est une décision irrévocable ». Quelques minutes plus tôt, il avait remis une longue lettre à son président, Vincent Labrune, pour expliquer sa décision. Trois jours auparavant, à l’occasion de sa première conférence de presse depuis son retour à Marseille, le technicien argentin tenait un tout autre discours. « Nous sommes tombés d’accord avec le président sur le terme du contrat. Il ne reste plus qu’à signer le document maintenant. J’ai apprécié les efforts qu’il a faits pour renforcer l’effectif », affirmait-il, onze mois après une conférence, devenue fameuse, où il l’avait dézingué à tout-va. Et boum ! Alors que le climat semblait apaisé, voilà qu’il prend la poudre d’escampette. C’est une réunion le mercredi soir précédent, avec le DG, Philippe Perez, et l’avocat de Margarita Louis-Dreyfus qui aurait bouleversé la donne. « Au cours de cette réunion, j’ai découvert que des points avaient été changés. Il s’agit de quelque chose de privé. Je peux simplement préciser que ce n’est pas lié à l’aspect financier ou au domaine sportif. Après ça, la confiance était rompue. Il m’était impossible de continuer à travailler ici, dans ces conditions. » Et voilà comment « El Loco » a claqué la porte au nez d’un président qui avait cédé à toutes ses volontés, mais aussi au nez de joueurs qui suivaient scrupuleusement ses consignes, même les plus exigeantes, au nez de supporters qui l’idolâtraient et au nez d’une glacière qu’il a laissée orpheline.

Kingsley Coman, la révélation du Bayern
Transfert inattendu de l’été 2015 entre la Juventus Turin et le Bayern Munich, le natif de Paname préfère apparemment la Würzsteiner et la saucisse à la salade piémontaise. A peine arrivé, déjà adopté. Il faut dire qu’il sait y faire : deux buts, trois passes décisives et deux penalties provoqués lors de ses quatre premières apparitions sous le maillot rouge ! « Je suis très heureux, j’espère que les choses vont continuer ainsi. Le Bayern est un club qui joue le foot que j’aime. Je veux réaliser de grandes choses et apporter ma contribution dans l’obtention des titres. Ici, je trouve que c’est plus calme, moins strict. Les joueurs sont un peu plus libres. » S’il n’a pas aimé son expérience à la Juve, il n’a qu’à le dire… Pep Guardiola est ravi et Didier Deschamps l’a à l’œil. « C’est un garçon très intéressant. Il est, pour le moment, concerné par les Espoirs mais on le suit. Il a du temps de jeu au Bayern, du fait des blessures de Franck Ribéry et Arjen Robben, et il réalise des choses intéressantes, pas forcément évidentes. A son âge, il a un potentiel très développé, même s’il lui faut encore franchir des étapes. » Pour le moment, Kingsley les saute à pieds joints, aussi bien en tant que joker qu’en tant que titulaire (il a disputé deux fois, au cours de ses quatre premières rencontres de Bundesliga, l’intégralité des matchs). Certes, Ribéry et Robben étaient blessés mais quand même… « J’ai passé un très bon premier mois, je dois confirmer. Je ne prétends à rien. »

Alphonse Areola, un bleu chez les Bleus
Joli contre-pied de Didier Deschamps, à l’annonce de sa sélection pour affronter l’Arménie et le Danemark, avec la nomination, pour la première fois, au poste de troisième gardien d’Alphonse Areola. Une surprise pour tout le monde, y compris pour l’intéressé si l’on en croit ses propos. « J’étais en pleine préparation de notre match de Ligue Europa contre le Viktoria Plzen, raconte le gardien du PSG, prêté à Villarreal. On se trouvait dans le bus pour rejoindre notre hôtel. Franchement, ça a été une grande surprise et une grande joie aussi, que j’ai partagée avec ma famille. » Bien sûr, la blessure de Benoît Costil et le début de saison un peu moins convaincant de Stéphane Ruffier, qui ne s’accommode pas forcément très bien de ce rôle de troisième gardien, ont joué en sa faveur. Mais cela ne saurait occulter les performances du Parisien de naissance avec le « Sous-marin Jaune », surprenant leader de Liga au moment de la trêve internationale, avec seulement cinq buts encaissés. On a aussi le droit de se rappeler qu’il avait été l’un des acteurs majeurs du titre de champion du monde des U20 en 2013, notamment lors de la séance des tirs au but, en finale, contre l’Uruguay. A 22 ans, Alphonse ne pense qu’à savourer. « Je suis arrivé sur la pointe des pieds avec le désir de profiter des moments passés dans cette grande équipe de France. » Comme un rêve éveillé pour ce bleu chez les Bleus.

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