Équipe de France

Les revenants 2015

Ils étaient perdus de vue, exilés, oubliés ou en sommeil. 2015 aura marqué leur grand retour aux affaires.

Hatem Ben Arfa, Brise de Nice
Il était arrivé en janvier. Mercato d’hiver mais veto, avec insistance, des instances. Il avait commencé la saison à Newcastle avant d’être prêté à Hull City. Après avoir gambadé dans deux clubs différents (il n’avait joué qu’un seul match, pourtant non officiel, avec Newcastle), Hatem Ben Arfa n’avait pas le droit d’évoluer dans un troisième au cours de la même saison. La FFF, transparente, pour ne pas dire invisible sur le sujet, prévient l’OGCN en se ralliant comme un toutou derrière la FIFA. Et Hatem se retrouve à la rue. Mais Claude Puel y croyait. « Il a 27 ans et encore de belles années devant lui. Il ne vient pas pour mettre un bémol à ses ambitions mais pour rebondir. Nous voulons l’accompagner dans sa deuxième partie de carrière. Il a l’ambition de revenir à un très, très haut niveau. » Mis au ban par les instances, le petit génie du foot français se retrouve éloigné du monde pro. Mais pas des terrains. Il s’entretient en jouant au futsal. On voit régulièrement sa silhouette dans les centres de foot à cinq de l’Est parisien. Les réseaux sociaux prennent le relais. « On a vu Hatem un peu rond. Ce n’est pas vrai. Il est fit. » Lui ? Pas un mot. Il enchaîne. Il se prend au jeu. Un stage physique en Tunisie, début juin, et le voilà qui retrouve Nice pour – enfin – démarrer une saison complète. Après huit matches, Ben Arfa partage la tête du classement des buteurs avec Edinson Cavani et Michy Batshuayi. Six réalisations au compteur. Quelques buts d’anthologie. Ça s’appelle « remettre les pendules à l’heure ».

Lassana Diarra, Lass’ is back
A peine six matches de Ligue 1 dans les pattes et le voilà de retour en équipe de France ! Il aura passé plus d’un an loin des terrains de foot, la faute à un conflit juridique avec son ancien club, le Lokomotiv Moscou. Débarqué à l’OM, à la surprise générale, en juillet (en compagnie de son grand pote Abou Diaby, l’autre pari de Vincent Labrune et de l’OM en cet été 2015), Lass’ met tout le monde d’accord en un peu plus d’un mois de compétition. Il faut dire que les copies rendues sont d’un propre immaculé. Au sans-faute personnel s’ajoute le sang-froid qui déteint sur tout un groupe, en manque de leaders et bien à la peine au niveau comptable en championnat. Le symbole : au Parc, et même si les Marseillais repartent avec une défaite, c’est encore lui qui marque les esprits en s’imposant avec une sobriété et une classe certaines devant Thiago Motta et Marco Verratti. On avait rarement vu le milieu parisien autant à la peine. Didier Deschamps ne s’y est pas trompé. « Il a connu une longue pause, parce qu’il avait fait un choix sportif, mais le niveau international, il connaît. Et sa période d’inactivité lui donne une marge de progression. » De là à identifier la pointe basse du milieu des Bleus pour l’Euro 2016… C’est vrai qu’un trio Diarra-Paul Pogba-Blaise Matuidi, ça ouvre des perspectives. « Je suis bien. Je ne veux pas penser au passé. L’important, c’est maintenant. Je suis plein d’ondes positives », assure l’intéressé. Et « DD » boit du petit lait.

Le Red Star, label étoile rouge
Seize ans après, l’Etoile brille à nouveau dans le monde pro. Le Red Star est de retour en Ligue 2, le foot français retrouve l’un de ses monuments historiques. Le Red Star, c’est le club du « 9-3 ». Comme l’explique très clairement Pauline Gamerre, DG au féminin d’une formation pas tout à fait comme les autres. « La diversité, c’est notre quotidien, notre ADN. Il y a plus de trente origines représentées au club. Mais on n’en tient pas compte. C’est naturel. On est tous ensemble. Le Red Star, c’est une nation. On est redstarien, c’est notre nationalité. » Un seul mais un gros bémol à cette grande fête de la remontée, les Redstariens donc quitter (momentanément ?) leur mythique stade Bauer, pas conforme au cahier des charges du foot pro. Ils jouent, pour le moment, leurs matches à domicile au stade Pierre Brisson de Beauvais. La mairie de Saint-Ouen s’est désolidarisée du projet de rénovation du stade. Pour Patrice Haddad, le président, les nuits blanches ne sont pas encore terminées mais l’essentiel est bien là, acquis sur le terrain. Et sur les pelouses de Ligue 2. Steve Marlet, le directeur sportif, veut y croire. « L’idée, c’est de pérenniser et de grandir encore. » En accrochant le maintien dans un premier temps. Et en levant les yeux, toujours, vers le haut.

Inter Milan, la patte Roberto Mancini
Il va fêter son premier anniversaire depuis son retour au club et voir l’Inter de nouveau en haut du classement est autant un cadeau qu’un symbole. Après plusieurs expériences hors de la botte, à Manchester City et Galatasaray, Roberto Mancini est revenu aux affaires à l’Inter et l’Inter ne s’en plaint surtout pas. A la rue en 2014-15, les Intéristes se sont remis dans le droit chemin, guidés par celui qui les avait, entre 2004 et 2008, rendus intouchables sur la scène italienne (3 Scudetti, 3 Supercoupes et 2 Coupes d’Italie). Cette fois, c’est avec un effectif plus jeune que l’ancien meneur de jeu de la Samp, de la Lazio et de l’Inter, notamment, est en train de réussir son opération « Come-back ». Avec du SudAm’ (João Miranda-Gary Medel) en charnière centrale, de la valeur sûre (Felipe Melo, Fredy Guarin, Rodrigo Palacio) au milieu et de jeunes loups pour faire la différence (Mauro Icardi, Stevan Jovetic), la patte Mancini fait à nouveau la différence à San Siro. Geoffrey Kondogbia, transféré pour 40 millions d’euros, n’a pas l’air de regretter son choix. « Mancini sait comment m’utiliser. Nous sommes une équipe solide, on réussit un bon début de saison. Il y a eu beaucoup d’arrivées, je pense que nous ne pouvons que nous améliorer au fur et à mesure que la saison va avancer. »

Le Betis Séville, l’autre géant andalou
Un an après une relégation dans l’anonymat général ou presque et alors que le FC Séville s’apprêtait à remporter la Ligue Europa, le Betis a retrouvé la Liga et toutes les lumières qui vont avec. On ne va pas dire que leur chute à l’étage d’en dessous n’était pas méritée mais c’est quand même mieux de les voir parmi les vingt meilleures équipes d’Espagne. La Liga sans le Betis, c’est un peu comme Tintin sans Milou, Christian Jeanpierre sans Bixente Lizarazu, la Ligue 1 sans Saint-Etienne. Le géant vert et blanc est le premier club andalou à avoir participé à la Ligue des champions (lors de la saison 2005-06, il finit 3e de son groupe derrière Chelsea et Liverpool). Centenaire et défendu par des supporters très, très fiers de leurs couleurs (les Verdiblancos sont réputés parmi les plus fervents d’Espagne), le Betis ne veut pas manquer son retour. Avec un recrutement ambitieux mais raisonné (Rafael Van der Vaart, Didier Digard notamment), il a réussi de bons débuts. Avec deux succès consécutifs en déplacement (au Sporting Gijon et sur la pelouse du Rayo Vallecano), le Betis s’est même installé confortablement dans la première partie du classement. A Séville, on savait très bien qu’un géant en cachait un autre. Parce qu’en Espagne, la capitale du sud est aussi une capitale du foot.

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