Équipe de France

Les nouveaux Jedi sont tous bleus (3)

Dans le sillage de la comète Kylian Mbappé, c’est toute une flotte de jeunes chevaliers qui remplit l’espace gravitationnel de la Ligue 1. Parce que les champions d’Europe U19 de l’an passé seront les favoris de la Coupe du monde U20, cet été, en Corée du Sud. Parce qu’Anthony Martial, Adrien Rabiot ou Kingsley Coman, presque vieux, sentent déjà une sacrée clique de cousins dans leurs parages. Parce que les talents regorgent à tous les postes : il y a Lafont, Monsieur Propre, qui préfère les gants au sabre laser. Il y a la Hernandez Family, qui se produit et se reproduit sur la planète Liga. Il y a Lopez, le minot, ou encore Tousart le mi-Gone, deux espèces en voie d’apparition. La flotte est dense, les étoiles sont toutes bleues et c’est tout sauf une attaque de clones. Une vraie galaxie de pépites, en fait. Que la Force soit avec eux ! Quand tu auras lu ces pages, mieux informé tu seras…

Thomas Lemar : La gauche plurielle

Forcément, sa patte gauche le catégorise joueur de couloir. Mais la palette est vaste, tellement plus vaste…

Quand on le voyait débouler à Caen, dézoner ou même s’excentrer à droite pour mieux repiquer vers l’axe et ouvrir son pied gauche, on avait bien remarqué cette capacité d’élimination, cette qualité de frappe et cette faculté de toujours déclencher la passe juste au bon moment. Mais Caen, c’était avant. Avant que l’AS Monaco ne le signe, un peu à la surprise générale, il faut bien le reconnaître, à l’été 2015, en poursuivant alors sa politique d’investissements plus que d’achats, quelques semaines avant de transformer Anthony Martial en joueur français le plus cher de l’histoire (cédé à Manchester United contre un chèque potentiel de 80 millions d’euros).
Monaco achetait donc Thomas pour un peu plus de… 4 millions. Un pari sur l’avenir, qu’ils disaient. Pourtant, on devinait vraiment le potentiel, on avait bien envie de revoir son quelque chose de Normandie. Pour être tout à fait honnête et ce ne sont pas les effluves de Calvados qui rendent la chose opaque, on ne l’avait pourtant pas deviné à ce niveau deux ans après.
Lemar, aujourd’hui, c’est un killer. Ça, c’est Pep Guardiola qui le dit. Enfin, qui le disait avant de le croiser en huitièmes de finale, avant d’être exécuté, comme un petit stagiaire trop fragile, en deux temps et trois-cent-mille mouvements, par l’ASM. Lemar aujourd’hui, c’est l’équipe de France.
Il reste là-haut, accroché à sa permanence nouvelle, celle qui le place parmi les meilleurs joueurs d’Europe à son poste. A 21 ans. De quoi avoir la pression ? Pas vraiment. Le garçon n’est pas du genre, avec ses 58 kilos tout mouillé, à se voir plus lourd qu’il n’est. Mais il respire le foot, le ballon et la joie de jouer. Replacé à gauche par Leonardo Jardim, qui a construit cette doublette fulgurante Lemar-Benjamin Mendy, il s’éclate avec son alter ego, dédouble, déborde et distille des caviars avec une patte gauche digne des meilleurs spiritueux.
Un exemple comme un autre mais son match retour contre Manchester City veut dire beaucoup de choses, quand même. Entre les deux premiers buts venus de son côté, comme deux copies conformes, et la tête de Tiémoué Bakayoko, seul tir cadré de l’ASM en deuxième mi-temps ou presque, sur une offrande magique de qui vous savez, il n’a pas fait les choses à moitié. Avec son gabarit de poche, il joue comme on surfe Teahupoo, la plus monstrueuse vague du monde. Et il reste debout sur sa planche. C’est lui, la nouvelle vague. C’est un gaucher singulier. C’est la gauche plurielle.

Profil
• 21 ans
• 1,70 m, 58 kg
• AS Monaco
• International A

Un chiffre : 20
En millions d’euros, la valeur estimée de Thomas en janvier 2017. Mais ça aussi, c’était avant. Avant de rendre le maillot bleu de City d’une pâleur sans nom en huitièmes de finale. Avant de martyriser les défenses de Ligue 1, week-end après week-end. Du coup, les chiffres devraient s’envoler autour de lui. Il est sous contrat jusqu’en 2020. Et on le répète, Monaco l’avait recruté à Caen pour 4 millions d’euros.

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