Équipe de France

Les inoxydables 2015

Il y a les hors de prix et il y a les hors d’âge, ceux qui défient les lois du temps.

Carlos Tevez, « l’Apache » en redemande encore et encore
« Je donnerais un bras pour revenir trente années en arrière et pouvoir jouer avec Tevez. Je l’aime et je le remercie d’être revenu à Boca. J’adore ce mec, il est sans vice, il a juste besoin d’être compris. » A Buenos Aires, la parole de Diego Maradona vaut souvent son pesant d’or. A la Bombonera, la maison mère de Boca, elle n’a pas de prix. Alors, quand « El Diez » parle de Carlos, forcément, ça a un certain écho. « L’Apache », qui avait mené la Juventus jusqu’en finale de la Ligue des champions au printemps 2015, confirme encore et encore depuis son retour sur ses terres. Ecarté trois ans et demi de la sélection albiceleste par Alejandro Sabella, Tevez y est de retour depuis la prise de pouvoir de Gerardo Martino. Au pays, c’était une cause nationale ! Et Boca filait, à trois journées de la fin, vers un nouveau titre de champion. Le premier d’un championnat à 30 équipes, organisé cette année en Argentine. Ajoutez que River Plate, le rival historique, pointait à 16 longueurs (avec deux matches en moins) à trois journées du terme et vous mesurerez encore mieux l’impact – assez ahurissant – de « l’Apache ». Dieu du peuple de Boca. Dès qu’il a posé le pied sur le sol argentin, mi-juillet, ce n’était pas la folie comme autour du Pape François mais presque. Un bain de foule en 3D et des mots bien ciselés : « Je pensais revenir ici, dans ma maison, depuis un an. Boca, c’est chez moi. Quand je suis parti, j’avais 20 ans. J’en ai 31 aujourd’hui et je dois être un exemple pour les plus jeunes. Je suis revenu au meilleur moment. » Il ne pensait pas si bien dire. Selon « Tuttosport », les Xeneizes ne le paieraient plus depuis deux mois…

Francesco Totti, le Loup est éternel
OK, le voir relève de plus en plus du concours de circonstances (trois apparitions lors des 7 premières journées du championnat) et c’est Daniele De Rossi qui porte le brassard de capitaine à la Roma dorénavant. Mais quand même… A 39 ans (depuis fin septembre) et à son poste (milieu offensif ou attaquant), l’inverse serait une anomalie. Et puis Francesco Totti n’a plus besoin de gambader tous les trois jours sur les pelouses pour écrire sa légende. Il est « LA » légende de la Roma. Fidèle au poste depuis la nuit des temps, le Loup a disputé ses premières minutes avec l’équipe fanion le 28 mars 1993. A quelques minutes de la fin, il avait remplacé Ruggiero Rizzitelli. Sur le terrain ? Aldaïr, Sinisa Mihajlovic, Giuseppe Giannini ou encore Claudio Caniggia. Sur le banc ? Vujadin Boskov, qui n’est plus de ce monde depuis l’an passé. C’était un autre siècle, c’était un autre temps, mais c’est la vie de Francesco Totti qui, s’il prolonge son contrat l’an prochain, approchera le nombre de saisons que Paolo Maldini (24) a disputées avec l’AC Milan. Des chiffres qui donnent le tournis. Et d’autres qui mettent tout le monde d’accord : l’an passé, c’est bien Totti qui a terminé meilleur buteur du club avec 10 pions au compteur. Totti en 2014-15, c’est encore 36 apparitions toutes compétitions confondues. Inoxydable !

Didier Drogba, l’Eléphant fait des heures sup’
Comme Gianluigi Buffon, il a 37 ans. Mais il est plus jeune que lui. Il soufflera ses 38 bougies le 11 mars. Didier Droba n’a pas encore décidé d’appuyer sur « Pause ». Il voulait découvrir la MLS, il a choisi Montréal plutôt qu’une franchise américaine (il a longtemps été annoncé au New York City FC et au Chicago Fire, sans parler du Qatar, de l’Inde et… de l’Inter Milan). Son choix a un certain « Impact », comme qui dirait chez les Canadiens. Débarqué comme une rock star, Didier n’a pas fait semblant, pour faciliter les choses : pour sa première titularisation contre Chicago, l’ancien buteur de l’OM et de Chelsea y est allé de son triplé ! Trois buts pour une victoire 4-3. Mauro Biello, coach par intérim à l’Impact, a quand même trouvé les mots : « Il a gagné partout où il a joué et il est arrivé au club avec ce même état d’esprit. Il est tellement investi ! » Comme quoi, on peut avoir encore faim après avoir englouti une Ligue des champions, avoir terminé deux fois meilleur buteur de Premier League, avoir collectionné les titres et, accessoirement, avoir porté seul ou presque sa sélection nationale jusqu’à la Coupe du monde (106 sélections et 66 buts avec les Eléphants).

Miroslav Klose, un buteur ne meurt jamais
Ironie de l’histoire, il s’est blessé à la cuisse lors du barrage aller de la Ligue des champions face au Bayer Leverkusen, un club allemand. « Une blessure grave », avait-il dit en sortant. Pas faux, Miro est absent depuis août et soigne son ischio avec la précaution du trentenaire. Depuis ? La Lazio Rome est orpheline de son 9. Son buteur en chef, imperméable aux saisons qui filent et au temps qui passe. Encore 13 buts l’an passé dans le Calcio. Klose est l’un des chouchous des supporters laziale qui vantent continuellement son état d’esprit, sur comme en dehors du terrain. Ils savent aussi qu’ils ont dans leur équipe ni plus, ni moins que le meilleur buteur de l’histoire de la Coupe du monde. Klose, c’est 16 buts marqués dans la compétition, 71 buts inscrits en 137 sélections (meilleur buteur de l’histoire de la Mannschaft devant Gerd Müller). C’est un champion du monde qui avait annoncé sa retraite internationale au lendemain du sacre allemand au Brésil mais qui pourrait revenir dessus ! « J’ai parlé avec Joachim Löw dernièrement et si ce n’est pas encore d’actualité, il ne faut jamais dire « Jamais ». » Manquerait plus que le sélectionneur le ressorte du chapeau pour disputer l’Euro en France ! « C’est un excellent joueur, détaille Franz Beckenbauer. Il a de la classe comme Mesut Özil, Julian Draxler ou Mario Götze mais il joue un peu à l’ancienne. Il ne fait rien comme une star. »

Gianluigi Buffon, le grand cru classé
Il a 37 ans. Il en aura 38 en janvier. Et il rajeunit au fil du temps. Il a fêté sa 150e sélection en septembre contre la Bulgarie, ce qui le place en orbite, dans le Top 10 des joueurs les plus capés au niveau international. Encore en activité, seuls Iker Casillas (163) et Bader Al-Mutawa (Koweït, 155) se placent devant lui. Il y a bien longtemps qu’il a dépassé Fabio Cannavaro (136) pour devenir l’Italien le plus capé de l’histoire. Au-delà des chiffres, c’est surtout son niveau de jeu et son caractère qui interpellent. On se souvient des mots de Massimiliano Allegri lors de son arrivée à la tête de la Juve, en 2014 : « Celui qui m’impressionne, c’est Buffon. Car il a l’enthousiasme des plus jeunes. C’est le vrai fuoriclasse. » Ou en septembre, après la victoire de la Juve à Manchester City : « Buffon a effectué plusieurs arrêts miraculeux, surtout quand nous étions menés 1-0. J’espère qu’il va durer le plus longtemps possible. C’est un gardien extraordinaire, peut-être le meilleur de toute l’histoire du football. Il ne se trompe jamais. » Même en finale de la dernière Ligue des champions et malgré la défaite face au Barça, il a été crédité d’un match cinq étoiles.

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