Étranger

Les fines gâchettes (7/15) : Gonzalo Higuain, très volcanique

Poussé dehors par le Real Madrid qui lui a définitivement préféré Karim Benzema, le Franco-Argentin Gonzalo Higuain marche sur les braises chaudes du Vésuve depuis deux saisons à Naples. Et ça lui va bien !

De mémoire de Napolitain, cela faisait de longs étés que la baie n’avait pas gémi comme en 2013. Et il n’a pas fallu que le Vésuve se mette à vapoter. Juste que Gonzalo Higuain se pose à ses pieds. L’attaquant argentin, franco-argentin même puisque le natif de Brest avait décliné l’invitation de Raymond Domenech en 2007, préférant l’Albiceleste, a réveillé les passions chez les Partenopei, orphelins de leur Cav’ (Edinson Cavani) et de leur Pocho (Eduardo Lavezzi), partis à Paris.
N’était-ce pas un peu trop pour le seul Gonzalo ? Non. Analysez d’abord les temps de passage de l’Argentin, qui avait quand même inscrit la bagatelle de 120 buts sous le maillot du Real Madrid. Un total à trois chiffres, ça vous pose toujours une gâchette. Le président Aurelio De Laurentiis n’avait pas lésiné pour offrir une nouvelle star à Rafael Benitez, son nouveau coach d’alors (aujourd’hui à la Maison Blanche où il assurera la succession de Carlo Ancelotti). Tarif ? Quarante millions d’euros, bonus compris. C’est tout simplement le transfert le plus rentable de l’histoire du Real Madrid.
Gonzalo avait été acheté en décembre 2006 à River Plate pour 12 millions. La plus-value madrilène se monte donc à près de 30 patates. Si Robinho (42 millions déboursés par Mancheter City en 2008) reste, à ce jour, la vente la plus chère du Real, la plus-value était nettement moins élevée puisque les Madrilènes l’avaient acheté 25 millions à Santos.
Oublions un peu cette farandole des prix, Higuain a justifié son statut de buteur de niveau international. Il n’a pas déçu, c’est peu de le dire, chez les gros mangeurs de pizzas, plantant 35 buts en 69 matches de Série A sur deux ans (53 pions en 102 rencontres toutes compétitions confondues). Il n’y a pas encore trois chiffres mais ça confirme quand même la valeur du pistolero. Gonzalo a pris soin de ne pas prendre le temps. Il s’est tout de suite mis à marquer. Quatre fois en cinq apparitions en Ligue des champions, 17 fois en championnat la saison dernière (et donc 18 en 2014-15).
Aux côtés de Dries Mertens, José Callejon et Marek Hamsik, il est la tête de gondole offensive d’une équipe revenue dans les hautes sphères du Calcio mais qui peine encore à franchir le dernier palier. Maté par la Juve et la Roma la saison dernière, le Napoli a été une nouvelle fois distancé dans la course au titre (5e de Série A à 24 pts des Turinois). Entre la 3e place et la 5e, voilà sa véritable place sur l’échiquier italien depuis trois saisons.
Problème pour Higuain : c’est aussi pour installer Naples sur les plus hautes crêtes qu’il avait migré sur les bords de la Méditerranée. Eliminé lors du dernier tour préliminaire de la Ligue des champions en août, il n’a eu que la Ligue Europa pour occuper ses milieux de semaine. Il a terminé à la 4e place du classement des buteurs, devancé par Mauro Icardi (Inter Milan, 22), Luca Toni (Hellas Vérone, 22) et Carlos Tevez (Juventus, 20). Son palmarès dans la Botte ? Une Coupe d’Italie en 2014 et une Supercoupe d’Italie, en 2014 toujours.
Reste que le bonhomme affichait quand même un très propre 0,5 but par match. Et qu’il fait toujours partie, avec Carlos Tevez et Sergio Agüero, du trio majeur de Tata Martino pour le poste 9 en sélection argentine, après avoir été le 9 attitré d’Alejandro Sabella lors de la dernière Coupe du monde. Bouté hors du Real, chahuté en sélection mais toujours debout.

Tendance mercato
Son contrat de 5 ans expire en 2018. On le voit mal quitter le Napoli où il jouit du même statut que tous les attaquants qui marquent des buts à Naples : c’est un dieu vivant. Le président De Laurentiis a investi énormément sur lui. L’idée serait plutôt de lui adjoindre un nouvel acolyte (Lavezzi ?).

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