Étranger

Les fines gâchettes (6/15) : Sergio Agüero, appelez-le « Musclor »

Après avoir régalé à Vicente Calderon, l’ancien gendre de Diego Maradona est devenu un peu plus qu’un joueur à Manchester City. Kün Aguero ? Un personnage.

C’est une fine gâchette au profil de poids lourd. Au sens propre. Très court sur pattes, le « Gaucho » n’a que 3 centimètres de plus que Lionel Messi, par exemple (1,73 m contre 1,70 m). Vu d’ici, on ne dirait pas. Pas d’hormones de croissance pour Kün qui tient son surnom de ses grands-parents : ils lui trouvaient trop de ressemblances avec le super-héros de son enfance, le mini-pouce Kum Kum, dessin animé japonais dont il ne ratait jamais un épisode.
Pourtant – et ce n’est pas qu’une question de taille -, Sergio tient plutôt bien sur ses deux jambes. Evidemment, son centre de gravité très bas lui permet de cisailler nombre de défenseurs. Il n’a pas eu besoin de devenir chirurgien pour être l’un des grands pontes du cassage de reins. Surtout – et c’est pour cela que l’on parle de poids lourd -, c’est sa musculature du bas du corps qui le rend si impressionnant.
Agüero, c’est une paroi abdominale de sprinteur, des cuisses de pistard et des mollets de trois-quarts aile. Dans les grandes plaines dévolues aux fines gâchettes et encore plus sur les pelouses de Premier League, le résultat est souvent sans équivoque. Et sans appel. A la lutte avec Diego Costa (Chelsea) pour le titre de meilleur buteur du championnat d’Angleterre, il a fini par se détacher. Number one, 26 pions, 5 de plus que son dauphin Harry Kane (Tottenham) et 6 de plus que ledit Costa. Notez que Sergio n’avait marqué aucun but de la tête sur ses 17 premiers de la saison (13 du droit, 4 du gauche).
Pas la peine de chercher loin. Trop rapide au sol, trop habile techniquement, trop précis dans ses frappes. C’est un aventurier des surfaces que l’on croyait pour toujours collé au saloon de l’Atletico Madrid. La Liga et l’Espagne lui allaient comme un cache-poussière. Il avait remporté la Ligue Europa et même la Supercoupe d’Europe avec les Colchoneros et dans les vieilles taules de Castille, on aurait aimé en faire un Matelassier pour la vie (74 buts et 29 passes décisives en 175 matches de Liga avec l’Atletico, il y avait de quoi).
Depuis quatre saisons à Manchester, Sergio prouve qu’il est un peu plus que cela. Parce qu’Agüero, c’est aussi 23 buts en 33 matches de Ligue des champions et 230 buts en 452 matches depuis ses débuts en pro, soit plus d’un tous les deux matches. Ajoutez 26 buts en 61 capes, car il n’est pas maladroit non plus avec la sélection argentine. Une vraie machine qui pourrait lui valoir autre chose qu’un héros haut comme trois pommes en guise de surnom. « Frappe qu’un coup », ça lui irait bien aussi.

Tendance mercato
Lionel Messi, son grand ami, fait le forcing depuis plusieurs saisons pour qu’il vienne jouer à ses côtés à Barcelone. Et si Leo obtenait gain de cause ? On murmurait que Manchester City serait prêt à formuler une offre pour Luis Suarez, ce qui faciliterait le débarquement de Kün en Catalogne. Mais change-t-on une équipe qui remporte la Ligue des champions ?

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