Étranger

Les fines gâchettes (5/15) : Lionel Messi, ça n’a plus de prix

Les saisons filent mais la « Pulga » reste la « Pulga ». Insaisissable et buteur. Tellement buteur…

Il y a plusieurs définitions. Tout dépend du dico, de sa spécificité et de son année de parution. On peut d’abord trouver, dans le rayon des génériques, un truc du genre « Insecte sauteur, de couleur brune, parasite du mammifère ». Il y a le plus pointu, rayon biologiste : « Insecte ptérugote holométaboles qui forme l’ordre des siphonaptères, auparavant dénommés aphaniptères. » A vos souhaits ! On a beau feuilleter, en allant du « Petit Robert » jusqu’au « Grand Larousse », on ne trouve pas trace de Lionel Messi à la définition de « Puce ». Peut-être faudrait-il inventer le dictionnaire des surnoms…
Bon, Leo s’en fout un peu. Voire beaucoup. Plutôt discret, le bonhomme n’est pas un spécialiste ni un fan du bon mot. Il n’est pas ce que l’on appelle dans le jargon journalistique « un bon client ». Mais il s’en fout parce qu’il parle avec ses pieds. Surtout le gauche. Avec, il réécrit le dictionnaire du foot. Depuis ses débuts en professionnel (ce jour-là, Ludovic Giuly a tout de suite compris pourquoi il ne jouerait plus dans le couloir droit du Camp Nou), Messi, c’est 412 buts en 481 matches. Ça ne vous classe pas un joueur. Ça réécrit – et dans toutes les langues – le dico. Que l’on soit catalan, basque ou de Castille. Que l’on se trouve au fin fond du Bangladesh – malgré l’enfer que constitue le simple fait de vivre là-bas, quand il arrive, c’est le paradis – ou dans les plus vieilles taules de Rosario, sa ville natale. En espagnol ou en népalais dans le texte.
Messi, c’est le sport et l’excellence en langue universelle. Les années se suivent et Leo maintient la cadence. La preuve : entre le 1er janvier et le 1er mars, il a marqué à lui seul plus de buts (15 : 12 en Liga, dont 2 triplés et 1 doublé, et 3 en Coupe du Roi) que « la BBC », le trio Karim Benzema-Gareth Bale-Cristiano Ronaldo au Real Madrid. La routine. Il partage l’affiche au Barça, depuis deux saisons, avec les arrivées de Neymar (de Santos) et Luis Suarez (de Liverpool) mais ça ne change rien au tableau.
Le premier, véritable objet marketing, aurait pu lui voler la vedette. Le second, aimant à ballons dans les 16,50 m, aurait pu lui voler des buts. Pas grave. Leo accueille les gens à bras ouverts. Leo les met dans les meilleures dispositions. Et Leo poursuit son chemin. A coups de buts et de passes décisives. A coups de fulgurances que personne n’est en mesure de stopper et encore moins d’égaler (demandez à Jerome Boateng, ridiculisé en demi-finales de la Ligue des champions avec le Bayern Munich).
L’Argentin partage l’affiche mais aussi le ballon. Tout aussi important dans l’avant-dernière que la dernière passe. Et toujours aussi impressionnant… pardon, si différent dans le ratio buts marqués/matches joués. Cela nous mettait la petite affaire à un but toutes les 88 minutes jouées depuis son dépucelage en Liga (le 16 octobre 2004 sur la pelouse de l’Espanyol, le Barça avait gagné le derby ; Leo avait remplacé Deco à huit minutes de la fin et il n’avait pas marqué). Il y a des valeurs sûres qui n’ont pas de prix. Ce soir à Berlin, face à la Juventus Turin, Messi peut remporter sa quatrième Ligue des champions après celles de 2006, 2009 et 2011.

Tendance mercato
A l’instar de Cristiano Ronaldo, son nom revient régulièrement dans les rêves de grandeur parisiens. Seul le PSG aurait la possibilité d’organiser LE transfert. Mais bon…

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