Étranger

Les fines gâchettes (15/15) : Neymar, un talent sur-mesure

Après avoir porté la Seleçao puis un corset tout l’été, Neymar a remis sa tenue de gala au Barça. Tendance haute couture.

Comment ? Neymar ici ? En 15e position de notre série sur les fines gâchettes ? On voit d’ici les yeux qui s’ouvrent en grand et les bouches qui s’écarquillent… Pas lui, pas ici ! Son statut, son pedigree et même sa forme du moment ne plaident pas, c’est vrai, pour cette position reculée au rayon des fines gâchettes. Si le garnement aurait largement sa place en tête de gondole, au milieu des valeurs sûres, on veut juste rappeler qu’il a fêté ses 23 ans en février dernier ! Précision qui a son importance. Elle explique la position, elle souligne également le caractère exceptionnel du gamin.
Neymar, 23 ans donc, et déjà 44 buts en 65 sélections avec la Seleçao dont il a pris – de façon éphémère, puisque Dunga l’a rendu plus tard à Thiago Silva – le brassard en septembre dernier. Le prodige de Santos, le club du roi Pelé, n’était plus à ça près. En juin dernier, c’est lui qui a porté tout seul la Seleçao, dans la fièvre de « sa » Coupe du monde. Jusqu’à cette terrible blessure aux vertèbres qui a bien failli, « à deux millimètres près », comme il le confiera en larmes, lui coûter sa carrière. Il aurait pu se retrouver dans un fauteuil à roulettes pour le reste de ses jours. Neymar a tout porté tout seul et sans lui, tout s’est écroulé en demi-finales (humiliation 7-1 infligée par l’Allemagne).
On ne va pas refaire l’histoire. Les absents avaient forcément raison à Belo Horizonte. Depuis le début de son aventure sur les rectangles verts, Neymar a comme une bonne étoile collée à la base du short. Ce n’est pas sa seconde saison à Barcelone qui a changé le scénario de sa vie. Champion d’Espagne, champion d’Europe, vainqueur de la Coupe du Roi. Magnifique triplé. Il ne faudra jamais oublier qu’il partageait quand même le gâteau avec Lionel Messi (on oublie volontairement Luis Suarez, qui paraît un cran en dessous).
Aérien, vif, facile, le prodige brésilien du trio « MSN » renvoie toujours l’image d’un garçon qui ne force pas. Qui ne force rien. Tout vient à lui. La tête reste haute, le regard porte loin. Le geste juste, toujours. Des passes en veux-tu, en voilà. Et des buts à gogo : 39 en 51 rencontres toutes compétitions confondues avec le Barça, cela nous place la petite affaire à 1 but toutes les 117 minutes.
Encore une précision ? Nous ne parlons pas d’un neuf attitré, machine à scorer qui ramasse les miettes mais bien d’un de ces phénomènes du jeu. Un bonhomme capable de rester perché à un niveau que peu de joueurs parviennent à atteindre l’espace d’un match durant leur carrière. C’est comme de la haute couture. On attend la nouvelle collection. On se pose, on regarde et on profite. Ça n’a pas de prix. Ou plutôt si mais on s’en fout, c’est réservé à un tout petit cercle d’initiés. C’est atemporel, à 23 ans…
Dommage que cette magnifique saison ait été gâchée par une Copa America écourtée (carton rouge lors de Brésil-Colombie, suspension de quatre matches synonyme de départ en vacances).

Tendance mercato
Après les multiples rebondissements de l’enquête espagnole au sujet de son transfert au Barça et de la supposée fraude catalane vis-à-vis du fisc, on estime que son transfert de Santos s’élèverait à 99,7 millions d’euros. Ce qui en ferait le joueur le plus cher du monde. Qui peut se l’offrir ? Il est sous contrat jusqu’en 2018 et sa clause libératoire s’élève à 190 M€. Il plaît énormément à Nasser Al-Khelaïfi, le président du Paris SG. Mais à qui ne plaît-il pas, en dehors des jaloux ?

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