Étranger

Les fines gâchettes (1/15) : Cristiano Ronaldo, et puis c’est tout !

Le triple Ballon d’or Cristiano Ronaldo avance toujours au même rythme. Toujours aussi impressionnant, toujours beaucoup plus vite que les autres.

Les statistiques, c’est comme tout : au bout d’un moment, ce n’est pas qu’on s’en lasse mais bon… Avec Cristiano Ronaldo (et quelques rares autres) toutefois, elles parlent dans une nouvelle langue. Les codes sont les mêmes mais les barrières s’écroulent. Quand on évoque « CR7 », il y a la gueule, les pectoraux, toutes ces sortes de choses. Il y a les Ballons d’or qui commencent à se cogner parce qu’ils sont à lui. Donc, ils ont tous un problème d’ego. Et il y a certains chiffres qui, à force de banaliser le vertige, deviennent difficilement déchiffrables.
Quand Zinédine Zidane a dit, il y a quelques semaines, « qu’à (son) époque, il n’y avait pas de Cristiano Ronaldo ou de Lionel Messi », l’ancien n°10 des Bleus ne la jouait pas conflit de générations. Il exprimait son ressenti. « Zizou » le voit au plus près, dans l’intimité du centre d’entraînement du Real Madrid. Et le constat est forcément plus riche, il ne s’arrête pas à la froide lecture des chiffres. Mais bon, quand même…
Vous avez dit « valeur sûre » ? Alors voilà, Cristiano, c’est, en Liga cette saison, 48 buts en 35 rencontres disputées (61 en 54 matches toutes compétitions confondues). Vous avez le droit de relire, au cas où, mais surtout ne corrigez pas. Il n’y a pas d’erreur. Nous parlons d’un joueur qui tournait, au 1er mars, à un but marqué toutes les 64 minutes jouées depuis le début du championnat. L’artiste marque toujours plus de buts qu’il ne joue de matches…
Et dire qu’il a eu, à en croire certains suiveurs madrilènes, un léger coup de mou sur les quelques semaines à cheval entre janvier et février… « CR7 » a mis les choses au point contre Schalke 04, lors du huitième de finale aller de la Ligue des champions. Son but comptait double sur la pelouse de la Veltins Arena. Parfait pour faire taire quelques mauvaises langues en gestation. C’était accessoirement son 73e en Ligue des champions ! Notez le « accessoirement » qui se justifie par son côté éphémère, car le garçon va bien entendu porter le total bien plus haut.
Celui-ci n’a rien d’anodin. Soixante-treize buts en C1, tout cela en 110 matches. Et avec un sucre en plus dans le café, sous la forme de 30 passes décisives. C’est « sa » Liga, c’est un peu « sa » Ligue des champions aussi, même si l’élimination contre la Juventus Turin en demi-finales (1-2, 1-1) fait tache. Personne, excepté Sir Alex Ferguson peut-être, ne se souvient d’un FC Copenhague-Manchester United datant du 17 octobre 2006. Ce soir-là, Cristiano Ronaldo avait délivré sa première passe décisive dans la compétition. Et le 10 avril 2007 ? MU-Roma ? Oui, celui-là est resté dans les mémoires. Un 7-1 en quarts de finale, ça laisse toujours des traces.
C’était un soir définitivement différent pour « CR7 », auteur de ses deux premiers buts dans la compétition reine. C’était un autre temps, tant le garçon a marqué son époque depuis. Une centaine de matches, trois titres de meilleur buteur de la compétition et deux Coupes aux grandes oreilles plus tard (dont la Decima du Real, bien sûr), le triple Ballon d’or expédie les affaires courantes d’un revers du maillot à Schalke. Evidemment, l’élimination contre la Juventus Turin en demi-finales fait tache…
Il faut bien dire que personne ne s’inquiétait du rendement du monsieur du côté du Real. Pas même le Mister en chef, Carlo Ancelotti. « Il est évident que Cristiano Ronaldo est un buteur né. Ce n’est jamais un problème pour nous lorsqu’il ne marque pas pendant deux ou trois matches de suite. Mais pour lui, si. » Cristiano Ronaldo plaidait pour le maintien de l’entraîneur italien. Le président Florentino Perez n’a pas fait de sentiment après une année vierge de titres. Ciao, Carlo. Merci pour tout. Bienvenue Rafael Benitez.
Mais revenons à notre gâchette portugaise. Vous voulez de la valeur sûre ? Voilà un tout nouveau trentenaire avec, dans le désordre, 3 Souliers d’or, 2 Mondiaux des clubs et 52 buts en 122 sélections avec le Portugal, dont il est le capitaine. Ah, la Selecçao… Peut-être la seule petite ombre au tableau royal qu’il dessine depuis le début de sa carrière. Finaliste de l’Euro 2004 aux côtés de Deco, Luis Figo et les autres, il n’était qu’un enfant. Demi-finaliste de la Coupe du monde 2006, il avait martyrisé Willy Sagnol et Lilian Thuram à Munich mais les Bleus avaient réussi à maintenir assez de barbelés pour se hisser en finale à Berlin. Cristiano n’était encore qu’un ado.
Il n’a jamais rien gagné avec le Portugal, où il porte le brassard, les espoirs de tout un peuple et un peu trop le ballon. Mais, même vierge de trophée avec sa sélection, il est aujourd’hui tellement au-dessus de tous les autres… Sur son île natale de Madère, le « CR7 Museum » se classe au 3e rang parmi les 28 répertoriés à Funchal, la capitale. En à peine quelques mois d’existence. A l’image du bonhomme, la marque « CR7 » balaie un peu tout sur son passage. Plus qu’un joueur.

Tendance mercato
Au rayon des potentiels acquéreurs, il faut regarder en Angleterre (Manchester United, Manchester City, Chelsea mais on l’imagine difficilement ailleurs qu’à United) ou vers le Paris SG. Mais ça paraît compliqué quand même. Voire impossible. À court terme, il n’y a quasiment aucune chance de le voir troquer son maillot du Real contre un autre. Si les choses se passent très mal avec Benitez, on en reparlera…

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