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Les 50 stars de l’Euro 2012 (9) : Wesley Sneijder, la thérapie de groupe

Agonisante dans les rangs de l’Inter, l’ancienne pépite de l’Ajax Amsterdam retrouve le sourire dès qu’elle réintègre la sélection. Wesley Sneijder a éclaboussé la dernière Coupe du monde de toute sa classe. Et s’il remettait ça à l’Euro ?

« Je n’ai aucune inquiétude. De toute façon, ce sera au club de décider. » En marge de la victoire des Pays-Bas à Wembley contre l’Angleterre le 29 février dernier (3-2), Wesley Sneijder a fait le point sur son avenir devant la presse de son pays. Il faut dire que tout le monde, côté hollandais, est en ébullition à l’évocation de son nom. Cela ne fait plus guère de doute, le meneur de jeu néerlandais quittera, durant l’été, Milan et cet Inter où il se sera superbement relancé après son départ du Real Madrid en 2009. La question de sa prochaine destination alimente toutes les conversations. Elle dépasse allègrement le cadre des coffee shops d’Amsterdam. Ce sont surtout les pubs du Royaume-Uni qui moussent d’impatience…
L’impétueux devait signer à Manchester United l’été dernier. C’était quasiment fait, le communiqué était prêt, rédigé. Et puis tout tomba à l’eau. Wesley Sneijder est resté Intériste. Mais pas tout à fait le même. Le milieu de terrain batave ne s’est jamais remis du départ de José Mourinho avec lequel il avait signé un incroyable triplé en 2010 (Scudetto, Ligue des champions, Coupe d’Italie). Dans la foulée (mais sans le « Mou »), il s’était adjugé la Supercoupe d’Italie, la Supercoupe d’Europe et le Mondial des clubs (il se blessa au tout début de la finale). C’était il y a une éternité. Depuis, Sneijder traîne son blues chez les Nerazzurri. Il a été régulièrement blessé au cours de la saison 2011-12, signe que ça n’allait pas très fort dans la tête.
Les successeurs de Mourinho ont valsé les uns après les autres (Rafael Benitez, Leonardo, Gian Piero Gasperini, Claudio Ranieri). Ranieri, remplacé par Andrea Stramaccioni, l’entraîneur de la Primavera, courant mars, ne portait pas franchement le Néerlandais dans son cœur. Il lui reprochait son manque d’investissement défensif. Wesley feignait de ne pas entendre. Le problème n°1, c’est cette spirale infernale qui a plongé l’Inter dans un véritable trou noir en février. Apôtre de l’enchaînement, du changement de rythme et surtout de la passe juste, Sneijder pouvait difficilement exister dans ce qu’il convient d’appeler un vrai désert collectif.

Il veut une revanche contre ses bourreaux espagnols
Bonne nouvelle : une phase finale se profile. Ces quatre dernières années, le Néerlandais a enchaîné un Euro et une Coupe du monde de très bonne facture. Bon, d’accord, en 2008, les Pays-Bas de Marco Van Basten furent éjectés manu militari, dès les quarts de finale, par la Russie (3-1 après prolongations). Notez quand même que Wesley avait été élu « Homme du match » lors de la première rencontre. Une victoire probante, impressionnante, contre l’Italie (3-0), alors championne du monde en titre, avec un but pour Sneijder. Le second acte ? « Man of the game » encore une fois contre des Bleus totalement dépassés (victoire 4-1). Nouveau but du garnement.
Successeur de Marco Van Basten à la tête du onze batave, Bert Van Marwijk a fait confiance au même groupe. Aussi, il a fallu un but en or – ou presque – d’Andres Iniesta durant la prolongation de la finale de la Coupe du monde 2010 pour mettre fin à la belle épopée des Oranje (élimination 2-1 du Brésil en quarts de finale, notamment). A titre personnel, Sneijder a livré un Mondial hors du commun. Il a terminé co-meilleur buteur de la compétition avec 5 réalisations et chaque match des Pays-Bas portait son empreinte.
Revoilà le bon air de l’Euro, riche de vertus thérapeutiques pour des joueurs de sa trempe. Wesley, en pleine force de l’âge (27 ans), a besoin de la pression. Il fait partie des sportifs qu’elle rend plus forts. Dans un coin de sa tête, bien au chaud, il garde le rendez-vous avec les bourreaux espagnols de 2010. Le grand chelem réalisé lors des éliminatoires du championnat d’Europe (9 victoires, 37 buts marqués) prouve que les Pays-Bas ne sont pas sur la pente descendante. Il ne leur reste plus qu’un col hors catégorie à franchir. La victoire ultime dans une phase finale.
Injustement absent de la finale à trois pour le Ballon d’or 2010 qui avait consacré Lionel Messi devant Andres Iniesta et Xavi, Sneijder a l’occasion de prouver qu’il demeure un joueur d’exception en dépit de ses difficultés en club. Avant de signer à MU ou ailleurs. Avant de retrouver le sourire. Voilà les Oranje. Il sourit déjà…

Le saviez-vous ?
Quelque peu marginalisé à l’Inter, Wesley n’a rien fait pour arranger les choses. A l’intérieur du groupe, certains lui reprochaient de ne penser qu’à lui. Ils n’ont pas forcément tort. Contre Novara le 12 janvier, l’Inter a sombré (défaite 0-1). Sneijder a tiré 13 fois au but. Sur l’un des tirs, Giampaolo Pazzini était en position idéale, seul à quelques mètres de la cage. Il a failli attraper le Néerlandais pour lui en coller deux…

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