Étranger

Les 50 stars de l’Euro 2012 (44) : Robin Van Persie, la diagonale du fou

Le buteur et capitaine des Gunners évolue sur une autre planète depuis 2011. Et Robin Van Persie attise les convoitises les plus folles, évidemment…

Avec sa silhouette de grand jeune homme dégingandé, sa dégaine en « I » majuscule et son regard noir, profond, on l’a souvent catalogué parmi ceux qui se la racontaient un peu. Cette saison, Robin Van Persie se la racontait beaucoup mais tout le monde était unanime. A ce niveau-là, il avait tous les droits. A Arsenal, Arsène Wenger lui a confié le brassard de capitaine tout en lui accordant un crédit illimité. Le boss des Gunners a eu raison. Le monde n’était pas seulement unanime, le monde lui enviait son joyau de 28 ans, auteur de 37 buts en 47 matches (plus 15 passes décisives). Et on promettait à Maître Arsène, un an après les départs de Cesc Fabregas (FC Barcelone) et Samir Nasri (Manchester City), un nouvel été très agité sur le front des transferts. Meilleur buteur de Premier League (30 réalisations), le buteur néerlandais est devenu une cible de choix.
Tout le monde en Europe veut « RVP » (63 sélections, 26 buts). Le Real Madrid, d’abord. José Mourinho ne cesse de lui envoyer des petits billets doux. La presse espagnole évoque avec gourmandise un duo Benzema-Van Persie. La patte gauche du natif de Rotterdam avec le talent de Karim, voilà de quoi noircir des pages et des pages. Ce qui fait sourire Arsène Wenger. « Le quotidien « Marca » est aussi inventif que certains journaux anglais. Il ne faut pas croire tout ce qui s’écrit. La vérité, c’est qu’ils s’en fichent complètement, ils ne font que monter leur petite sauce. Je pense même qu’ils sont encore plus loin de la vérité que n’importe quel journal anglais. Ils inventent des histoires. »
C’est dit… Mais bon, n’en déplaise à l’Alsacien, son diadème, en fin de contrat en juin 2013, a lui-même évoqué la possibilité d’un départ prochain. « Je suis heureux d’apprendre qu’un club aussi prestigieux que le Real manifeste de l’intérêt pour moi. Bien sûr que j’aimerais y jouer ! Qui n’aimerait pas ? » Mais il tenait aussi à préciser, via son Tweeter perso, histoire d’éteindre l’incendie : « Je n’ai jamais parlé à « Marca » ni accordé aucune interview à quelque média espagnol que ce soit. » Trop tard, le feu a pris. Et de toute façon, il y a longtemps qu’il a allumé la mèche.

Szczesny : « Je suis convaincu qu’il va rester à Arsenal »
En cette année 2011-12, l’ancien attaquant du Feyenoord Rotterdam, vainqueur de la Coupe de l’UEFA 2002, a marché sur l’eau. Il a marqué en moyenne un but toutes les 111 minutes en championnat. Il a mené Arsenal en 8es de finale de la Ligue des champions (0-4 et 3-0 face au Milan AC). Ajoutez-y la 3e place en Premier League derrière les deux épouvantails de Manchester. Van Persie marchait dans les pas de Lionel Messi et Cristiano Ronaldo et il était le seul.
Alors oui, le Néerlandais est l’homme le plus convoité de la planète foot. A l’Euro, il pourrait faire monter la température de quelques degrés encore. S’il évoluait seul en pointe lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud avec Arjen Robben à droite, Dirk Kuyt à gauche et Wesley Sneijder en soutien, Van Persie partage le front de l’attaque, depuis le début des éliminatoires, avec Klaas-Jan Huntelaar. Ce qui ne l’a pas empêché de maintenir la cadence infernale imposée à Londres. En six matches et 474 minutes de jeu, il a planté 6 fois et offert 2 buts. Du grand art. Comme tout ce qu’il touche et tout ce qu’il aime. Entre peinture et sculpture, l’éducation reçue de ses parents artistes déteint aujourd’hui sur son jeu. Et l’artiste est au sommet de son art.
On pourrait parler de son enroulé du pied gauche contre Tottenham, lors du 150e derby de l’histoire. Menés 0-2 à la 40e minute, les Gunners firent chavirer l’Emirates Stadium (5-2). Et Robin y est allé de son tableau. Un but égalisateur comme lui seul ou presque sait les dessiner. Une frappe du gauche en ogive, une trajectoire d’orfèvre et une arabesque, sa 23e réalisation de la saison en championnat, magique.
Seul, tout seul en tête des buteurs d’Angleterre, le capitaine se fait désirer. Wojciech Szczesny, le gardien international polonais d’Arsenal qui subit ses frappes chaque jour à l’entraînement, se montre optimiste sur les chances des Gunners de conserver leur canonnier. « C’est un grand capitaine, un très bon leader. Je suis convaincu qu’il va rester à Arsenal. Il y évolue à son meilleur niveau et dans les meilleures conditions. » Certaines sources proches de l’intéressé assurent que Robin et sa famille se plaisent à Londres. Pour le conserver, Arsenal serait prêt à en faire le joueur le mieux payé de l’histoire du club. Mais voilà, Van Persie aurait indiqué à sa direction qu’il ne prolongerait pas… Entre l’argent et les titres, son choix est fait.

Le saviez-vous ?
« RVP » a marqué 35 buts en 36 matches de Premier League sur l’année 2011. Il échoue à une unité du record historique d’Alan Shearer mais dépasse Thierry Henry qui détenait le record chez les Gunners avec 34 buts marqués en 2004. Le 16 octobre 2011, Van Persie est aussi devenu le buteur le plus rapide de l’histoire d’Arsenal en Premier League : il a ouvert le score dès la 29e seconde lors de la 8e journée, dans une victoire 2-1 face à Sunderland. Il a d’ailleurs réussi un doublé.

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