Étranger

Les 50 stars de l’Euro 2012 (38) : Cristiano Ronaldo, la dernière marche

Blindé de titres avec Manchester, il est devenu l’homme des records impossibles au Real Madrid et collectionne les récompenses individuelles. L’enfant de Madère est vraiment gâté. Sauf avec la Selecçao où son palmarès reste vierge. Il y a sûrement quelque chose à faire…

A 27 ans – il les a fêtés le 5 février -, Cristiano Ronaldo s’apprête à disputer, déjà son troisième Euro. On se souvient de ses débuts dans un grand tournoi avec le Portugal. C’était pour le championnat d’Europe 2004, sur les terres de son enfance, moins d’un an après avoir signé à Manchester United et alors qu’il était tout frais international. On revoit les images du match d’ouverture contre la Grèce (1-2) et de ce gamin à l’allure vraiment juvénile, entré en cours de partie et qui s’en était allé planter une tête rageuse et victorieuse qui avait redonné l’espoir à tout un peuple.
« Sur un terrain, affirmait-t-il à l’époque, déjà avec aplomb, je n’ai peur de rien ni de personne. Dans la vie, oui, des choses peuvent m’effrayer mais en match, jamais. » On se rappelle également de son but marqué en demi-finales contre les Pays-Bas (2-1). Surtout, on n’oublie pas les larmes qu’il n’avait pu retenir, môme égaré au soir de la finale perdue (0-1) contre ces décidément satanés Grecs.
En 2008, malgré une blessure au pied, il ne lâche rien, se démène, avec les moyens qu’il a. Inscrit un but, offre une passe décisive mais ne peut empêcher une sortie de route (3-2) en quarts de finale face à l’Allemagne. Les Coupes du monde 2006 (élimination contre la bête noire française en demi-finales, 1-0) et 2010 (défaite 1-0 en 8es de finale face à l’Espagne) ne changent pas la donne. En équipe nationale, Cristiano, devenu capitaine à seulement 21 ans après la retraite de Luis Figo, n’y arrive pas. Il rêve tout haut pourtant, lui, l’arrogant, la grande bouche. « Oui, je veux remporter quelque chose d’important, comme un Euro, avec le Portugal. Il ne s’agit pas de mon rêve mais de celui de tout un pays. On a les joueurs et l’esprit qu’il faut pour y parvenir. Nous devons juste saisir l’opportunité. C’est une tache difficile mais pas impossible. Je ne cherche pas à être comparé à Eusebio, Figo ou qui vous voulez, ce serait fou d’oser cela avec de si grands joueurs. Mon seul souhait est de représenter ma nation du mieux que je peux. Et un jour appartenir à l’histoire du football mondial. » Quand même…

Dans son viseur, le Ballon d’Or
Il faut dire que, côté clubs, le bonhomme a été plutôt (et même très bien) servi. Avec Manchester United, de 2003 à 2009, il a raflé tous les trophées qu’il est possible de rafler. Rien qu’en une année – 2008 -, il réalisa le triptyque magique : Mondial des clubs, Ligue des champions, championnat (d’Angleterre). Plus tous les autres titres empilés à côté. Avec le Real Madrid, il tient, depuis son arrivée, la moyenne faramineuse d’un but par match (146 en 144 rencontres sur 3 ans, 112 en 110 de Liga). Il a fait valser le record du Pichichi (40 buts) la saison dernière et il a remis ça cette année (46), finalement battu par les 50 de Lionel Messi (1,21 but par match contre 1,35, on évolue sur une planète !).
Il est aussi devenu le premier joueur à marquer à six reprises trois buts ou plus dans le championnat espagnol. Il déchire définitivement. On ne se fatiguera pas à énumérer les multiples récompenses individuelles que le garnement a reçues. Même si, depuis l’avènement de Leo Messi, de trois ans son cadet, son champ d’action s’est un peu réduit. Il court après le Ballon d’Or, l’Argentin vient d’en aligner trois. Pour 2012, l’horizon se dégage : tous deux ont calé en demi-finales de la Ligue des champions mais le Portugais a été sacré champion d’Espagne et l’Euro peut encore lui permettre de marquer des points.
Oui, le seul point sensible reste la sélection. Alors, « CR7 » s’est bougé le popotin en qualifs (7 buts en 8 matches). Il en a fait encore davantage quand, penaud, le Portugal a dû passer par l’épreuve du barrage. La victoire au retour contre le Monténégro (6-2) portait son sceau. Un coup franc inspiré d’entrée (« Normal, a-t-il tranquillement expliqué, il s’agit de ma spécialité »), un autre but, une participation bouillonnante à toutes les actions chaudes et l’affaire était dans le sac. « Maintenant, on a la tête libérée. Nous devons mettre cette victoire en valeur. » L’ambition, toujours.
Dorénavant papa d’un garçon dont il a seul la garde – moyennant une coquette somme déboursée à la mère, restée anonyme -, l’attaquant du Real explique que cette responsabilité a « changé (sa) vie ». Cela ne l’a pas empêché, quand même, de déclarer, avec l’infinie modestie qui le caractérise, quand on le chatouillait un peu trop : « On me jalouse parce que je suis beau, riche et fort ». Cela ne l’a pas empêché non plus, le jour de son 27e anniversaire, de s’offrir – on n’est jamais mieux servi que par soi-même – une Lamborghini Aventador d’une valeur de 350 000 euros. Puis, dans la foulée, de larguer sa dernière copine en date, la poupée russe Irina Shayk. Mais ça, c’était peut-être pour mieux préparer son Euro.

Le saviez-vous ?
En octobre dernier, le magazine « AskMen », avec un lectorat essentiellement masculin, a demandé à ses lecteurs de désigner les 49 hommes les plus influents du monde. Cristiano Ronaldo arrivait en 3e position, derrière le Prince William et le DJ David Guetta ! Parmi les autres footeux, Sir Alex Ferguson terminait 7e, Lionel Messi 18e et David Beckham 20e. Quant aux acteurs stars, chéris de ces dames, Brad Pitt et George Clooney, ils pointent respectivement aux 14e et 19e places. On devine que la modestie du Portugais en a encore pris un coup…

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