Étranger

Les 50 stars de l’Euro 2012 (36) : Mario Gomez, pleins gaz

Le Bomber du Bayern Munich arrache tout sur son passage. Il veut être, enfin, à la hauteur en phase finale d’une compétition internationale avec la Mannschaft. Avec l’Euro 2012, l’occasion est belle.

Il n’a pas hésité. Né d’un père espagnol, originaire de la région de Grenade, et d’une mère allemande, le pays où il a poussé ses premiers cris et effectué ses premiers pas, donc classé dans la catégorie des binationaux, Mario Gomez n’a pas hésité. En février 2007, lorsque Joachim Löw lui a envoyé un bristol pour rejoindre la Mannschaft, il n’a pas songé un seul instant à lui préférer la Roja. Le buteur du Bayern Munich (26 ans) s’en expliquait aisément. « En tant que footballeur, il n’existe aucune équivoque pour moi. Je me sens allemand. J’ai toujours joué ici, que ce soit en club ou dans les équipes nationales de jeunes. Donc, à partir du moment où je suis appelé chez les A allemands, je réponds, avec une grande fierté, à cette convocation. Comme homme, c’est un peu différent. Je suis partagé entre les deux pays. C’est un peu moitié-moitié. J’apprécie de passer du temps avec la partie de ma famille qui vit en Espagne. J’aime leur chaleur et la manière d’exprimer leurs émotions. Mais je le répète, en tant que joueur, je me sens définitivement allemand. »
« Super Mario » n’a pas hésité et dès sa première cape face à la Suisse (3-1), en février 2007 à Düsselforf, il a marqué les esprits en inscrivant un but. La suite de la partition se joua sur un tempo plutôt correct. Aujourd’hui, le Bomber du Bayern totalise 21 buts en 51 sélections. C’est moins ébouriffant que ses stats en club – là, il culmine à des hauteurs vertigineuses (127 pions en 215 rencontres de Bundesliga, avec le VFB Stuttgart puis Munich) – mais cela reste plutôt haut de gamme. Le seul hic, à son sujet, concerne les grands tournois. Là, de manière relativement incompréhensible, Gomez a tendance à se retrouver aux abonnés absents.
Pour l’Euro 2008, il débuta titulaire, aux côtés de Miroslav Klose, mais rejoignit le banc de touche à l’issue du 1er tour, sans avoir inscrit le moindre but. En Afrique du Sud, pour la Coupe du monde qui suivit, la situation empira. Gomez n’est apparu que pour quelques bouts de match, pour un total d’à peine une heure de jeu sur la compétition. Réduit au rôle de faire-valoir. Allô, docteur ? Il faut nous expliquer les origines du mal.

« Nous ne pouvons pas nous contenter de la 2e place »
Bon, depuis, c’est vrai, Mario a suivi une thérapie efficace. Le Bavarois s’est révélé un moteur important de la sélection durant les éliminatoires de l’Euro qui se profile (6 buts en 6 matches qui correspondent davantage à ses cadences infernales). Et cet été ? L’intéressé ne se défile pas. « On a clairement les moyens de viser très haut. Nous ne pouvons pas nous contenter de la 2e place. »
Même dans cette phase de poules un peu compliquée. Ce n’est pas pour rien qu’on parle de « groupe de la mort ». Au menu, plutôt indigeste, les Pays-Bas, le Portugal et le Danemark. Gomez garde le buste droit, bien planté sur ses crampons. « Il s’agit définitivement du groupe le plus relevé de cet Euro avec trois grosses formations plus le Danemark qui n’aura rien à perdre et qui peut brouiller les cartes. Mais au moins, tout est clair. On sait à quoi s’attendre. Dès l’entame de la compétition, il faudra être prêt. Pas question de calculer. On devra être à 100% et tout donner d’entrée. Il n’existe pas de plan B. La tache s’annonce difficile mais si on passe, cela peut se transformer en grand avantage pour la suite du tournoi. Nous allons très vite nous étalonner. Je trouve cela particulièrement excitant. »
Le Bomber a l’irrésistible envie de montrer à la planète foot qu’il peut être, sous ce maillot qu’il a choisi, l’homme de la situation. Celui qui fait la différence. Comme au Bayern Munich, même si l’issue de l’exercice 2011-12 indique le contraire (2e place en championnat, finale perdue en Ligue des champions, finale perdue en Coupe d’Allemagne). Alors, Gomez, pleins gaz ?

Le saviez-vous ?
Lors du match amical disputé en Ukraine en novembre dernier (3-3), Mario Gomez se retrouvait pour la première fois capitaine de la Mannschaft. Il était aussi le joueur allemand le plus âgé sur la pelouse… à seulement 26 ans ! « J’ai découvert ça en signant la feuille de match. Excepté moi, aucun de nos joueurs n’était né avant 1987. C’est impressionnant, cela prouve qu’on dispose d’un réservoir de jeunes talentueux. » Un baby boom inspiré – les Allemands ne l’ont jamais caché – de la formation à la française…

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