Étranger

Les 50 stars de l’Euro 2012 (34) : Mesut Ozil, un petit air de Zizou

Le n°10 du Real Madrid est le véritable chef d’orchestre de la Mannschaft. A l’instar de Zinédine Zidane, son modèle, il fait partie de ces joueurs qui font mieux jouer les autres.

Le chef d’orchestre. C’est son surnom et c’est la moindre des choses quand on avait pour idole un certain Zinédine Zidane. « Il était mon modèle, confie Mesut Ozil. Je le regardais faire ses trucs à la télé et j’essayais de les reproduire après. Il m’a toujours fait rêver. » Aujourd’hui, Ozil touche son rêve du doigt, régulièrement, dans l’intimité du vestiaire des Merengue ou lors des déplacements de Ligue des champions que « Zizou » effectue avec la Maison Blanche. Car Mesut n’est pas le chef de n’importe quel orchestre.
Ozil s’était révélé aux yeux du monde entier en Afrique du Sud, durant le Mondial 2010. L’Allemagne s’était hissée sur le podium, seulement battue (1-0) par l’Espagne, future lauréate, en demi-finales. Dans la foulée, Ozil quitta l’hiver froid du Nord de l’Allemagne après deux saisons au Werder Brême. Direction l’Espagne. La braise électrique de Madrid. Le Real recrute du lourd pour tenter de contrer la suprématie du Barça. Mesut ne regrette pas son choix, osé. José Mourinho, qui le souhaitait en priorité, non plus. Le milieu de terrain allemand d’origine turque n’a pas tardé à séduire coéquipiers, public et médias.
Dès son premier match dans la peau d’un titulaire, avec le n°23 jadis porté par David Beckham, il fait chavirer Santiago Bernabeu. C’était contre Osasuna Pampelune. Pour sa première, le public madrilène avait agité les mouchoirs blancs à sa sortie. « Marca », le quotidien 100% madrilène, releva que seul Ronaldo (le Brésilien) avait conquis les cœurs de la capitale aussi rapidement.

En qualifications, il a réalisé une passe toutes les 112 minutes
Vous ne vous en souvenez sans doute pas, « El Fenomeno » avait inscrit un doublé contre Alavès lors de sa première sortie dans l’enceinte castillane. Avec sa recrue venue d’outre-Rhin, Mourinho se pourlécha les babines. « Mesut est magique. Disposer d’un tel élément derrière Cristiano Ronaldo et Karim Benzema, c’est fantastique pour moi », expliquait-il. Le jeune Allemand participe à 27 des 29 victoires du Real en championnat. Et devient tout bonnement le joueur au plus grand nombre de victoires lors de sa première saison dans la Liga. Devant Ronaldo, Clarence Seedorf, Vitor Baia, Wesley Sneijder, Michael Owen et Cristiano Ronaldo !
Avec sa patte gauche, sa touche technique et sa vista, il s’impose comme l’indiscutable maître à jouer et à penser. L’équivalent du Sneijder que Mourinho avait sous la main à l’Inter Milan. « Mourinho est comme un père pour moi, confie l’artiste. Il a un fort caractère mais parle toujours bien avec ses joueurs. » On comprend rapidement qu’il y a un « Zidane-like » au Real. Car oui, il y a du « Zizou » chez Ozil. Dans sa faculté à mettre les autres en lumière. Sa capacité à rendre le jeu plus fluide. Sa science pour rendre des ballons plus propres.
A 23 ans, le natif de Gelsenkirchen donne, en plus, la sensation de monter en puissance. L’Allemagne fut la première équipe qualifiée pour la phase finale de l’Euro (10 victoires en 10 matches). Son stratège a terminé la phase éliminatoire avec 5 buts et 7 passes décisives en 9 matches. Toutes les 112 minutes, l’une de ses passes s’est transformée en but ! C’était lui le meilleur dans ce domaine, tous groupes confondus. Il n’est pas en reste avec le Real : il distilla par exemple 6 passes décisives en Ligue des champions, terminant l’édition 2010-11 en tête de la catégorie. Du Zidane dans le texte, vraiment. Il aura adressé, en tout, 26 caviars en 2010-2011. Meilleur de la zone Euro.
Champion d’Europe Espoirs 2009, Mesut est désormais en quête du Graal chez les grands. On ne peut plus parler de plus grand espoir du foot allemand, c’est un crack, couronné du titre de champion d’Espagne 2012. Il a déjà disputé une demi-finale de Coupe du monde (perdue contre l’Espagne) et une demi-finale de Ligue des champions (battu aux tirs au but par ses compatriotes du Bayern Munich). L’Euro en Pologne et en Ukraine doit confirmer son ascension vers les cimes. La saison dernière, une clause a été intégrée dans son contrat. En cas d’attribution du Ballon d’or, ses émoluments annuels gonfleront d’un million d’euros. On ne serait plus très loin d’un salaire galactique. Pour cela, Osil sait ce qu’il lui reste à faire. Du Zidane an 2000, par exemple. Ou du Michel Platini 1984. Clin d’œil du destin ? C’est sur les terres platiniennes qu’il avait découvert la Coupe d’Europe, avec Schalke 04. L’événement eut lieu à Marcel-Picot le 28 septembre 2006. Une vraie filiation de 10.

Le saviez-vous ?
Au Real, le n°6 a été libéré par Emmanuel Adebayor, parti en Angleterre en début de saison. C’est Sami Khedira qui l’a choisi. Du coup, Lassana Diarra a récupéré le n°24, précédemment porté par le relayeur allemand, et laissé son n°10. Repris par Ozil. Ça lui va mieux que le 23 !

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