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Les 50 stars de l’Euro 2012 (27) : Nani, dans l’ombre de Cristiano Ronaldo

L’ailier cap-verdien de Manchester United marche dans les pas de Cristiano Ronaldo en même temps qu’il en subit l’ombrage. Pas toujours évident…

Formé au Sporting Lisbonne, repéré et signé par Sir Alex Ferguson. Rapide, supersonique, doté d’une terrible frappe de balle. Ailier. Cela ne vous rappelle personne ? S’il s’agit d’une enquête criminelle, le portrait-robot ne laisse aucune chance à Cristiano Ronaldo. Mais « CR7 » la grande bouche pourrait crier à l’injustice, à l’erreur judiciaire. Il aurait raison. Un autre énergumène officie sur les pelouses d’Europe et répond à tous les critères pré-cités. International portugais lui aussi, qui plus est. On pourrait pousser encore un peu le parallèle puisque les deux ont des attaches au milieu de l’Atlantique (Ronaldo est originaire de Madère). Mais notre véritable suspect, lui, est d’origine cap-verdienne.
Né à Amadora (banlieue de Lisbonne), Nani – puisque c’est de lui qu’il s’agit – a grandi chez une tante, loin de son père (resté au Cap-Vert) et de ses racines mais toujours aux basques de son grand frère qui le traînait sur les terrains de foot et qui l’inscrivit au club du quartier. Très vite repéré par le Sporting et le Benfica, les deux géants de la ville, il choisit les Verts du Sporting, pépinière réputée depuis plus de 20 ans, fière de ses disciples : Paulo Futre, Luis Figo, Simao, Ricardo Quaresma et bien entendu Cristiano Ronaldo. C’est le début de la grande aventure. Après à peine 60 matches de Liga Sagres et six petites rencontres de Ligue des champions, il débarque à Manchester United. Nous sommes en 2007. Nani est accueilli et materné par Cristiano Ronaldo. Barré aussi…

Ferguson : « A chaque fois qu’il touche le ballon, quelque chose de spécial se passe »
Patient, Nani attent le départ de « CR7 » au Real Madrid (en 2009) pour trouver sa véritable place au sein de l’équipe mancunienne. C’est la saison 2010-11 qui l’installe définitivement parmi les tout meilleurs joueurs du monde. Battu en finale de la Ligue des champions par le Barça de Leo Messi (3-1), il atteint, pour la première fois de sa carrière, un rang plus élevé que celui de son frère de jeu, éliminé en demi-finales par les Catalans. Même s’il écarte toute comparaison. Evidemment. « C’est vrai, la saison dernière a été ma meilleure à MU. Maintenant, je refuse de me comparer à Ronaldo ou à qui que ce soit d’autre. Je veux juste penser à ce qui est meilleur pour moi et pour l’équipe. A ce que je peux et à ce que je dois faire pour cela. Je dois toujours prouver un peu plus, à chaque rencontre. C’est un peu ma devise. En tout cas, c’est la culture et l’éducation que nous inculque Alex Ferguson. »
Au jeu des petites comparaisons, Nani préfère les grands principes. « Je dois inscrire davantage de buts, estime-t-il, lui qui en totalise 24 en 124 rencontres de Premier League (5 saisons en tout à Manchester). De toute façon, je sais dans quels secteurs je dois progresser. C’est pour ça que je bosse dur chaque jour. Chaque entraînement est une séance de travail spécifique pour moi. » Ne lui demandez pas s’il préfère jouer à gauche ou à droite en sélection. Le couloir gauche est dévolu à qui vous savez. « Franchement, ça m’importe peu. Je dois être capable d’avoir la même efficacité des deux côtés. A gauche ou à droite, le plus important pour moi est d’aider l’équipe à gagner. » Mais cohabiter avec « CR7 » est quand même délicat, non ? « Nous sommes deux bons potes. Je sais que les gens aiment nous comparer, voire nous opposer mais je veux juste être Nani. Un joueur que le public apprécie de voir en action. »
A l’origine de l’éclosion des deux phénomènes, Sir Alex Ferguson dit de Nani : « C’est un « match winner ». A chaque fois qu’il touche le ballon, quelque chose de spécial se passe. » Blessé à l’épaule gauche juste avant le début de la compétition, le n°17 de MU avait dû déclarer forfait pour la Coupe du monde en Afrique du Sud. On le devine surmotivé pour l’Euro.

Le saviez-vous ?
Nani a inscrit son premier but pour le Portugal lors de son tout premier match en sélection. C’était au Danemark (victoire 4-2 des Danois) le 1er septembre 2006. Son exploit ne s’arrête pas là puisqu’il avait marqué sur un corner direct ! Droit au but, le garçon.

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