Étranger

Les 50 stars de l’Euro 2012 (26) : Frank Lampard, la dernière séance

Le rideau est en train de doucement tomber. A 34 ans – 35 en juin -, « Lampsy » s’apprête à vivre sa dernière campagne avec les Three Lions. Il promet des larmes, de la sueur et du sang. En rêvant secrètement de gagner son ultime bataille d’Angleterre.

Frank Lampard a deux amours. Enfin, ce n’est pas vrai si l’on compte le premier, le foot. Il en a trois. Les deux autres ? Londres et l’équipe d’Angleterre. La capitale anglaise, il y est né, il y a grandi. Un vrai bon pur Cockney. Surtout, il y a toujours joué. Si l’on excepte un prêt d’une saison, en tout début de carrière, chez les Gallois de Swansea, « Franky » n’a jamais quitté son home sweet home. Il fit ses classes à West Ham, drivé par son tonton Harry (Redknapp, voir encadré), assisté du paternel, une icône du club, Frank Senior. Là, il commença à empiler les buts, de cette frappe sèche qui fait mal. Violente comme un obus, quelle que soit la distance. Déjà, « Lampsy » se sent l’âme d’un artilleur. Même s’il cherche sa voie. « Franchement, j’ai mis du temps à m’imaginer où j’allais. En équipe de jeunes, je jouais avec insouciance. Même quand j’ai signé mon premier contrat chez les Hammers, je ne me projetais pas vraiment sur la suite. C’est en arrivant à Chelsea que j’ai pris conscience de tout. »

Il dispute 164 matches consécutifs et gagne le surnom de Robocop
Les Blues représentent la deuxième étape de sa vie en club. C’est aujourd’hui encore sa maison. Il souhaiterait y finir sa carrière (il est sous contrat jusqu’en 2013 et une petite prolongation d’une saison le ravirait). Lampard s’y est construit un palmarès national conséquent : trois titres de champion d’Angleterre, quatre Cups, deux Coupes de la League, deux Community Shield. Il s’attira également la sympathie de José Mourinho qui n’aime rien tant que ces guerriers churchilliens qui mouillent le maillot et offrent leur corps, sans se poser de questions. Justement, lui est un modèle. L’infatigable a battu, fin 2005, le record de matches joués consécutivement en Angleterre : 164 ! L’homme aux trois poumons et à la vista perçante a gagné le surnom de « Robocop ». Que dire d’autre ? Le gaillard a obtenu tant de trophées individuels qu’on manque de place pour tous les énumérer.
Son autre chérie ? La British Army, of course. Il y est entré un peu par effraction. Mais une fois qu’il en a percé le coffre-fort, « Lampsy » s’est révélé indispensable. A l’Euro 2004, lui, le milieu de terrain, termine meilleur buteur de la sélection (3 réalisations). Idem lors des qualifs pour le Mondial suivant où il plante encore cinq pions. Et quatre autres sont à ajouter à son compteur lors des éliminatoires pour la Coupe du monde 2010. Son abnégation n’a pas d’égale. Inusable ? Non, quand même pas. Les blessures ont plombé sa saison 2010-2011.
Un coup, ce sont les adducteurs qui sifflent. Un autre, c’est la hanche qui se déhanche. Après, forcément, on se sent patraque. Mais le gentleman ne moufte pas. Jamais. Il ne dit rien non plus quand, pour la première fois après plus de quatre ans de titularisations successives, le sélectionneur Fabio Capello (remplacé par Roy Hodgson) l’invita à le rejoindre sur le banc, en septembre 2011, pour un match contre la Bulgarie comptant pour les éliminatoires de l’Euro. « Ça ne me choque pas, assurait le « vieux » du milieu. Je trouve très bien de voir des gars comme Ashley Young ou Steward Downing exploser, même s’ils ne sont plus très jeunes. C’est mieux qu’il y ait plusieurs options pour composer l’équipe. » De la classe et du tact, avec un tacle glissé, on va dire.
Sa réponse, le gredin l’a donnée juste après. Courant novembre, en inscrivant l’unique but de la rencontre de prestige (amicale) contre l’Espagne, un soir où il avait enfilé le brassard de capitaine. Durant les qualifications, déjà, « Franky » avait ouvert la voie du succès chez les voisins du Pays de Galles (0-2) et remis les Anglais dans le sens de la marche face à la Suisse (revenus de 0-2 à 2-2).
Alors, OK, ses guiboles sont certainement un peu usées, son souffle est peut-être un brin plus court (ça, on n’en est pas sûr). Mais son envie et son amour du maillot (ça, on en est complètement sûr) sont intacts. « On a tous le désir de réussir, que ce soit de manière individuelle ou collective, ce que l’on n’est pas encore parvenu à faire en équipe nationale », conclut le warrior. Dans l’immédiat, il y a une finale de Ligue des champions à disputer à Munich, face au Bayern.

Le saviez-vous ?
Dans la famille Lampard, on est fou de foot. Le père de Frank, Frank Sr, a porté pendant 18 ans les couleurs de West Ham et remporté deux Coupes d’Angleterre avec son club de cœur. Son cousin, Jamie Redknapp, ancien milieu de terrain international, vient de terminer, à Southampton, une carrière qui l’a notamment mené à Liverpool et Tottenham. Son oncle, Harry Redknapp, est entraîneur des Spurs.

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