Étranger

Les 50 stars de l’Euro 2012 (25) : Gerard Piqué, l’art de bien défendre

Le défenseur central de l’Espagne et du FC Barcelone fait partie, depuis trois ans, des meilleurs du monde à son poste. La touche technique et l’esthétique en plus.

A Barcelone, on se rend au Camp Nou comme on va au spectacle. Et là-bas, même lorsqu’on joue défenseur, l’esthétique entre en ligne de compte. Avec Gerard Piqué, pur produit de la Masia, les socios n’ont pas à se plaindre. Depuis deux saisons, Piqué figure dans le onze de l’année de la FIFA. « Etre élu par les joueurs, c’est encore plus gratifiant, se réjouit-il, car ce sont ceux qui connaissent le mieux le foot. » Les joueurs, le jeu : il n’a que ça à la bouche. Et le nom de Pep Guardiola aussi. Forcément, quand un coach vous emmène année après année sur le toit du monde (le Barça a triomphé au Mondial des clubs en 2009 et 2011), les liens se resserrent, comme il l’expliquait au site Internet fifa.com. « Guardiola n’a rien de plus mais il est différent. Pour moi, il ne voit pas le football comme les autres entraîneurs. Donc, il ne l’explique pas de la même façon. A l’entraînement, il ne demande jamais de faire quelque chose sans en donner clairement les raisons. Sans s’en rendre compte, on apprend des choses nouvelles tous les jours à son contact. »
L’effet Pep allait au-delà. Au Barça, Piqué a aussi appris à gagner. « Les équipes qui gagnent beaucoup atteignent toujours un stade où l’appétit de victoires diminue. Avec Pep, c’était l’inverse. Nous avions toujours cette même envie de nous retrouver et cette sensation d’être les meilleurs. Il ne nous a jamais lâchés. Il était toujours derrière nous, toujours là à tenter de tirer le maximum de chaque joueur. »

« Mes perfs n’ont rien à voir avec ma relation avec Shakira »
On croit réentendre les mots de Thierry Henry au soir du sacre à Rome, en finale de la Ligue des champions 2009 (2-0 contre Manchester United). « Le Barça, c’est une féroce faim de jeu, confiait l’attaquant français, mais aussi une envie de s’arracher comme des fous pour récupérer le ballon dès que nous ne l’avons plus. Quand je vois le match de Piqué, comment il s’est sacrifié pour sauver un but sur notre ligne en début de rencontre, je me dis qu’il peut difficilement arriver quelque chose à cette équipe. »
Trois ans plus tard, les mots de « Titi » sonnent sacrément juste. Entre-temps, l’Espagne a continué de tout rafler. Avec la paire Carles Puyol-Gerard Piqué, celle du Barça, en guise de charnière centrale. « Nous sommes des winners, clame l’amoureux de Shakira. On veut aller au bout de cet Euro 2012 parce qu’on tient à conserver notre bien. Nous avons remporté tous les tournois que nous avons disputés depuis quatre ans. Et en sélection, c’est comme au Barça. On n’est pas rassasié, bien au contraire. »
La réalité a quelque peu rattrapé Piqué au cœur de l’hiver. Des performances légèrement moins bonnes, une campagne de promotion très fashion pour les fringues Mango, Shakira qui mangeait un peu le micro et Gerard découvrait les revers de la « people-isation » à la sauce espagnole. Mais il assume. « Mes performances n’ont rien à voir avec ma relation avec Shakira, se défend-il. Il y a toujours des passages plus délicats. Face à nous, toutes les équipes sont à 200%. Mais c’est normal. Cela ne va pas changer notre philosophie ni nos objectifs. » Avec la Seleccion non plus.

Le saviez-vous ?
Après avoir battu l’Allemagne en demi-finales de la Coupe du monde 2010 (1-0), Piqué a envoyé un message à plusieurs amis en leur certifiant que l’Espagne allait remporter la finale. « J’avais ce feeling. Je ne sais pas pourquoi mais je le sentais. Il n’y avait ni le Brésil, ni l’Argentine en face mais les Pays-Bas, une équipe que nous connaissions vraiment bien. On ne pouvait pas passer à côté. Heureusement que ça n’a pas été le cas… Si on avait perdu, je ne sais pas ce que je leur aurais dit. »

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