Étranger

Les 50 stars de l’Euro 2012 (24) : Zlatan Ibrahimovic, le grand escogriffe

C’est un Zlatan beaucoup plus concerné, brassard au bras, qui avance vers l’Euro. Mais toujours aussi insaisissable. Le Zlatan du Milan, quoi. Si arrogant mais tellement fort…

Volcanique, le stade Maksimir de Zagreb n’est pas vraiment la destination rêvée des footballeurs globetrotters. Il ne fait pas partie des premiers choix quand on leur demande où ils rêvent de jouer. Pourtant, il est bien imposant, impressionnant même, avec ses 50 000 places et ses 50 000 poitrines qui hurlent en chœur. Maksimir en jette, comme on dit, et peut déstabiliser le camp des visiteurs, a fortiori lorsque c’est la Croatie qui reçoit et pas le Dynamo Zagreb. Le 29 février, la Croatie s’est pourtant inclinée. Et pas qu’à moitié puisque les hommes de Slaven Bilic ont mangé chaud (1-3) pour leur première représentation de l’année.
Une sortie de route inattendue, embarrassante. Mais la soirée restera dans les mémoires et notamment dans celle d’un homme. Zlatan Ibrahimovic a ouvert le score pour la Suède. Sur penalty. Pas le plus difficile. Ensuite, le Stade Maksimir a scandé son nom ! Pour qui l’ignore encore, le grand Zlatan, né dans la banlieue de Malmö (Suède), est bosniaque par son père et croate par sa mère. C’est donc un peu les siens qu’il a refroidis. Ce soir-là, l’attaquant du Milan AC a aussi offert le dernier but à Sebastian Larsson. Brassard autour du bras, fier, il semblait vraiment prendre les choses à cœur en sélection. C’est une mauvaise nouvelle pour l’équipe de France qui croisera sa route dès le 1er tour. Le 19 juin, sur la pelouse de Kiev, pour le troisième et dernier match de poule. Avec un peu de chance et deux victoires au compteur, Bleus et Jaunes seront qualifiés et se disputeront la 1ère place. Mais arrêtons là le foot fiction.

« Dans ma tête, je sais que je suis le plus fort »
Croiser ce grand escogriffe sur un terrain est tout sauf une partie de plaisir. Surtout s’il atteint son niveau de performance chez les Rossoneri. La parenthèse (désenchantée) du Barça refermée, Zlatan se sent plus fort que jamais. Et l’élimination au Camp Nou en quarts de finale de la Ligue des champions (1-3) n’y change rien. « Le Barça ? C’était le rêve de ma vie. J’y suis allé en signant un contrat de 5 ans. Je suis reparti au bout de la première. Dans le foot, tout peut changer en 24 heures. On ne sait jamais. » Tout mais pas sa relation avec Pep Guardiola, qu’il juge seul responsable de son échec en Catalogne. Et encore, « échec », c’est un mot qu’il ne connaît pas. « Je conserve un très bon souvenir de cette saison en Espagne. J’ai beaucoup appris. Ce qui s’est passé, c’est qu’une personne ne me voulait plus. Je n’ai créé aucun problème. Moi, quand j’ai un souci avec quelqu’un, je vais lui parler face-à-face. Là, ce n’était pas possible. Alors, je suis parti. Comme un grand garçon. »
Et tant pis pour la Ligue des champions qui lui est passée sous le nez. C’est le seul grand trophée de club qui manque à sa collec’ personnelle, lui qui a raflé 4 titres de champion d’Italie (trois avec l’Inter, un avec le Milan AC), trois Supercoupes d’Italie, un titre de champion d’Espagne, une Supercoupe d’Espagne, une Supercoupe d’Europe et un titre mondial. Il a aussi terminé deux fois meilleur buteur du Calcio, la dernière cette année. De quoi flatter son ego, que tout le monde sait bien développé. « Si demain, j’arrête le foot, je ne dirai pas qu’il me manque une Ligue des champions. Je ne regrette rien. Je suis un joueur très complet et je suis très content de ce que j’ai fait. Dans ma tête, je sais que je suis le plus fort. Je n’ai pas besoin d’un Ballon d’or ou de ces sortes de récompenses. Il y a des capitaines qui portent le brassard mais qui n’en sont pas, qui n’ont rien d’un leader. Moi, je n’ai pas besoin de trophées pour savoir ce que je vaux. »
« Ibra » n’a jamais fait dans la discrétion ou la retenue. Mais depuis qu’il est devenu capitaine de la Suède, c’est un autre homme, un autre joueur. Il brille de mille feux sous le maillot du Milan AC comme il faisait des étincelles sous celui de l’Inter. C’est aujourd’hui l’un des trois meilleurs attaquants du monde avec Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. Oui, petits Bleus de France, y’a de quoi avoir peur. Tout le monde tremble, de toute façon. A Zagreb, la veille du match, en toute fin d’entraînement, il en voulait encore. A la lutte avec Anders Svensson, Zlatan monta plus haut. Et Svensson valsa… sur le genou de Daniel Majstorovic « qui arrivait en renfort », selon le coach, Eric Hamren. Résultat : rupture des croisés pour le défenseur du Celtic, taulier de la défense suédoise. Contraint de déclarer forfait pour l’Euro…

Le saviez-vous ?
Zlatan est le seul joueur de l’histoire à avoir été transféré quatre fois pour une somme supérieure à 20 millions d’euros (de l’Ajax à la Juve, de la Juve à l’Inter, de l’Inter au Barça et du Barça au Milan). Son transfert à Barcelone, qui s’élevait à 80 millions d’euros (50 millions plus la cession de Samuel Eto’o, estimée à 30 millions), est le plus élevé de l’histoire du club catalan.

Populaires

To Top