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Les 50 stars de l’Euro 2012 (19) : Mario Balotelli, l’attaquant chamboule tout

Avec lui, il faut s’attendre à tout. Quand on adopte Mario Balotelli, c’est pour le meilleur, parfois, et pour le pire, souvent. Catalogue non exhaustif de ses frasques…

A Manchester City, l’Apache Carlos Tevez occupe une pleine page dans la rubrique des insupportables « bad boys ». Un rapide tour des pubs, chez les fans des Citizens, suffit à prendre la température. A l’évocation de son nom, c’est le même refrain qui retentit : « On n’en veut plus ! Qu’il retourne en Argentine jouer au golf. » Pourtant, Tevez possède un rival de taille à l’intérieur même de l’effectif mancunien. Avec l’Italien Mario Balotelli, on touche au sublime, on approche le Graal.
L’ex-Intériste n’aura pas 22 ans à l’Euro mais il fait depuis longtemps valeur d’étalon au panthéon des enfants terribles. Une expression qui, au propre comme au figuré, lui va comme un gant. « Je ne suis pas fou, assure-t-il. Pas du tout. Même si parfois, je fais des choses qui peuvent paraître bizarres. » Comme arrêter sa Bentley devant un collège de Manchester et s’y introduire en compagnie de quelques amis pour satisfaire une envie pressante. « En sortant des toilettes, il a déambulé plusieurs minutes sur le campus, témoignait un lycéen. Sachant pourquoi il était entré là, le voir marcher ainsi était un peu ridicule. »
Ce jour-là, Mario avait su arrêter son bolide. Ce ne fut pas le cas quelques jours après son arrivée à Manchester, quand il plia littéralement son Audi A8 après avoir perdu le contrôle du véhicule. Ses émotions en revanche, il les contrôle parfaitement. Entendu par le parquet de Naples l’été dernier pour des liens supposés avec la Camorra, le natif de Palerme conserva son sang-froid. Même chose devant le but. Il claque assez régulièrement. En témoignent ses 13 buts en 1 307 minutes de Premier League cette saison, soit 1 réalisation toutes les 100 minutes.

Mancini : « S’il était mon fils, je lui mettrais une raclée ! »
Un best of à lui seul. Arrogant, provocateur, ingérable, Balotelli collectionne les sorties de route. En mars 2010, alors qu’il évoluait à l’Inter, il avait arboré le maillot du Milan AC lors d’une émission télé très suivie, expliquant qu’il s’agissait de son « club de cœur ». En décembre suivant, il déclara à la presse : « Il n’y a qu’un joueur un peu plus fort que moi, Messi ». Un transfert en Angleterre en 2010 (pour 5 ans et 28 millions d’euros) ne l’a pas assagi. En mars 2011 à Carrington, au centre d’entraînement de City, il fut surpris en train de lancer des fléchettes sur les jeunes du centre de formation… Un cador, on vous dit.
On ne sait pas ce qui est le plus ridicule : ses 27 contraventions récoltées au volant ou cette vidéo qui le montre incapable d’enfiler une chasuble. Mario appelle un assistant à son secours… Début 2012, au cours d’une petite sauterie chez lui, le n°45 de City (1,89 m, 87 kg) a tout simplement mis le feu à sa villa en tirant des feux d’artifice. La veille du derby mancunien ! Le lendemain, il inscrivit deux pions à United et montra, tout fier, un T-shirt sur lequel était écrit « Why always me ? » (Pourquoi toujours moi ?) Parce qu’il n’y en a pas deux comme lui. Récemment, on l’a vu transformer un aérosol en lance-flammes dans sa piaule d’hôtel, au risque de foutre le feu aux draps… Tout aussi inénarrables, sa talonnade seul face au but du Los Angeles Galaxy lors d’une tournée estivale (un geste foiré lamentablement) ou la lecture de son iPad sur le banc des remplaçants au cours d’une rencontre internationale Italie-Iles Féroé…
A l’Euro, Balotelli (7 sélections) devrait être aligné à la pointe de l’attaque de la Squadra. C’est la fin du mois d’octobre qui l’a dicté, quand Antonio Cassano a été victime d’un accident vasculaire cérébral tandis que Giuseppe Rossi se rompait les croisés avec Villarreal. Cassano-Rossi, le tandem d’attaquants de Cesare Prandelli, out en trois jours, c’est toute une attaque qu’il a fallu reconstruire. Le sélectionneur transalpin peut toujours compter sur le soutien de son compatriote Roberto Mancini qui coacha Balotelli en Lombardie. Jour après jour à City, l’ancien attaquant de la Sampdoria serre la vis. Enfin, il essaie… « Je fume cinq à six cigarettes par jour », avoue Mario. Ce à quoi son coach répond : « Je n’aime pas ça mais je ne suis pas son père. S’il était mon fils, je lui mettrais une raclée pour ça ! Mais bon, de nombreux joueurs fument en Italie, c’est ainsi. »
Ce n’est pas une clope qui changera le bonhomme. « Super Mario », né de parents ghanéens, abandonné et adopté à l’âge de 3 ans dans la banlieue de Brescia, ne ressemblera jamais à personne. On dit qu’il est sérieusement perturbé. Mario souffre plus sûrement d’une crise d’identité. Il obtint la nationalité italienne le jour de ses 18 ans et repoussa toujours les avances des « Black Stars » du Ghana. Déclarant notamment : « Sono italiano, mi sento italiano, giocherò sempre con la Nazionale italiana » (Je suis Italien, je me sens Italien, je jouerai toujours avec l’équipe nationale italienne). Bon, il y a toujours un peu de flottement. En novembre dernier contre l’Uruguay, il revint après la mi-temps avec l’ancien maillot de la Squadra alors que cette rencontre servait à présenter le nouveau… Tête à claques ou simplement sur la Lune, l’ami Mario ?

Le saviez-vous ?
La saison dernière, Mario Balotelli a payé 11 000 euros d’amende. A son club ? Non, à la collectivité publique de la ville de Manchester. C’est le total, coquet, de ses contraventions. Au moins, l’artiste tête en l’air sait parfois se garer !

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